Acheter en vrac pour
consommer la juste dose

Anne-Sophie Fontanet
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Céline et Maurice Parisier ont ouvert il y a deux ans une épicerie bio, sans emballages, 100 % vrac, à Carnolès. C’est la troisième du genre dans le département des Alpes-Maritimes. Monaco Hebdo vous explique comment ça marche.

Au Gramme Près. Le nom du commerce résume bien la philosophie prônée par ce nouveau type d’épicerie. En plein centre de Carnolès, Céline et Maurice Parisier se sont lancés dans une aventure très prenante. Si leur projet a mis deux ans pour se concrétiser, il est avant tout né d’une prise de conscience : celui de l’état de la planète. Après 20 ans de restauration sur Monaco, Maurice Parisier adhère à l’impulsion insufflée par sa femme. C’est lui qui gère la boutique, Céline conservant son emploi de comptable pour assurer les arrières du couple. Car, si le lancement de n’importe quel commerce suppose une prise de risque, celui d’un magasin vrac en région Paca en comporte d’avantages. En effet, à l’heure actuelle, il n’y a que quatre magasins vrac à s’être lancés dans le zéro déchet dans la région : un à Marseille, un à Mouans-Sartoux, un à Nice et donc, un à Carnolès. « Il n’y a pas de concurrence dans le vrac. Plus il y en aura, mieux ce sera », assure Céline Parisier.

Au Gramme Près, épicerie bio, sans emballages, 100 % vrac
Au Gramme Près, épicerie bio, sans emballages, 100 % vrac
Au Gramme Près, épicerie bio, sans emballages, 100 % vrac
Apporter vos contenants

Le principe est extrêmement simple, et en même temps révolutionnaire, en ces temps de suremballage. Il se développe à une grande vitesse dans plusieurs grandes villes de France, mais avec plus de lenteur dans notre région. Tous les contenants de produit sont recyclables. Vous pouvez les apporter avec vous (bocaux en verre, sachet en tissu) ou utiliser des sacs en kraft, mis à disposition pour certains produits. Il vous faudra les peser en amont, puisque vous ne paierez que le contenu. Chez Au Gramme Près, les produits disponibles vont de l’épicerie sèche (légumineuses, oléagineux, farine, café, thé, huile, vinaigre, polenta, riz, couscous, sucre, etc.), aux cosmétiques solides et liquides « naturels et non testés sur les animaux », précise Céline (gel douche, dentifrice, shampooing, maquillage, huiles essentielles, bicarbonate), en passant par les matières premières pour faire ses produits ménagers. Il y a aussi des produits de droguerie, des biscuits, des bonbons vegan, des épices, des fruits secs, du miel, des œufs ou du vin. « Les produits que nous présentons ici, vous ne pourrez pas les retrouver dans les petites, moyennes ou grandes surfaces », assure Maurice Parisier.

Au Gramme Près, épicerie bio, sans emballages, 100 % vrac
Au Gramme Près, épicerie bio, sans emballages, 100 % vrac
Au Gramme Près, épicerie bio, sans emballages, 100 % vrac
« Je n’achète que ce dont j’ai besoin »

« Nous souhaitons vraiment nous positionner dans une bio-cohérence. Ce qui nous manque encore, ce sont des producteurs locaux pour les fruits et légumes, par exemple », insiste Céline Parisier. L’idée de son mari, c’est de « co-construire » la boutique avec ses usagers. « Le client est au centre de la boutique. Il participe à sa vie et la fait avancer. Le but du vrac, ce n’est pas de consommer trop, c’est une démarche juste. Le principe, c’est qu’ici on prend son temps. Ici, c’est comme à la maison », assure-t-il. Deux ans après, le concept attire des clients au-delà de Carnolès. Ils viennent de Sospel, d’Italie, de Monaco et de la Turbie. Et dans leur extrême majorité, ce sont des femmes qui franchissent le palier de la porte. « Le vrac, c’est consommer la juste dose. Je n’achète que ce dont j’ai besoin. Si nous sommes des millions à le faire, c’est énorme, car cela limitera la production d’emballage », rappelle Céline Parisier.

Vélo électrique

Leur boutique s’est affiliée au réseau vrac « qui fait beaucoup bouger les choses ». Parce que, vous l’aurez compris, pour les Parisier, ce projet professionnel, c’est avant tout un projet de vie et de famille. Ces nouvelles habitudes de consommation, le couple les inculque à leurs trois enfants. « C’est un super beau projet, et nous n’en sommes qu’au début. Nous sommes pas mal sollicités, mais on fourmille encore d’idées », assure Maurice Parisier. Parmi ses projets possibles, des livraisons à domicile, en vélo électrique bien sûr, un triporteur pour faire le tour des marchés, sans oublier le tissage de liens solides avec des producteurs locaux, qui travaillent en bio. En vrac, mais finalement très organisés.


journalistAnne-Sophie Fontanet