L’éco-citoyenneté, ça s’apprend

Anne-Sophie Fontanet
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Du 11 au 14  juin, l’éco-village de Monacology ouvre ses portes aux élèves de la principauté. Pour sa 15ème édition sur le quai Antoine 1er, cet événement se propose de stimuler encore et toujours la curiosité et la fantaisie des enfants, en leur offrant des ateliers et des alternatives en faveur de la planète.

Ils y ont toujours cru et ils poursuivent leur chemin de croix pour dispenser — doucement, mais sûrement — aux élèves de Monaco une sensibilisation aux gestes qui aident la planète. Pour sa 15ème édition, les organisateurs bénévoles de Monacology s’appuient sur toutes les bonnes volontés pour distiller les différentes initiatives présentes en principauté autour de l’écologie et du développement durable. Thème retenu cette année : Monaco, ville durable. « Nous sommes là pour montrer que les enfants peuvent avoir de nouvelles attitudes sur ce sujet. Nous, adultes, nous sommes coupables. On se charge d’informer, en espérant qu’ils ne fassent pas ce que nous avons fait », résume Didier Rubiolo, cofondateur de l’événement avec Kate Powers et Olivier Arnoult. « Ce qui est beau, c’est de voir des enfants venus très jeunes, qui, maintenant, animent des ateliers », s’émeut Kate Powers.

Consommer « responsable »

Du 11 au 14 juin, l’éco-village sera installé devant son établissement, le Stars’n’Bars. Au programme, des ateliers pédagogiques et variés pour près de 1 200 élèves. Comme une sensibilisation au “zéro déchet”, une présentation de l’aire marine éducative monégasque chapeautée par une classe de 7ème de l’école des Révoires, mais aussi un atelier pédagogique sur les conséquences des lâchers de ballons sur la biodiversité par le musée océanographique. En marge de cette manifestation, la fondation prince Albert II organise le jeudi 13 juin à 21h30, au cinéma en plein air, la projection du documentaire Blue (Disneynature). Ce film met l’accent sur la pression qu’exerce l’activité humaine sur les océans. « Nous devons tous travailler ensemble dans le but de protéger notre environnement, tout en améliorant notre qualité de vie et notre santé. Cela implique de modifier nos habitudes, en contrôlant nos déchets, et notre manière de consommer. Nous espérons inspirer les étudiants et leurs parents à se projeter vers une consommation plus responsable », espèrent les organisateurs.

« Effet boule de neige »

Cette semaine doit permettre d’accompagner les élèves de façon optimiste, et pas culpabilisante, avec des alternatives réalisables au quotidien. « Il ne s’agit donc pas uniquement de transmettre du savoir, mais aussi de susciter une réflexion qui permettra aux élèves de remettre en cause les modes de vie qui menacent la durabilité. L’éducation pour le développement durable, c’est apprendre à dessiner de nouvelles solutions pour faire face aux défis de demain », insistent les fondateurs de Monacology. Cette année encore, plusieurs partenaires institutionnels se mobilisent. A l’image du gouvernement princier, on retrouve ainsi la direction de l’Éducation nationale, les associations et le secteur privé. « Monaco, ville durable, pourrait être un thème utilisable pendant 10 ans, sans épuiser la liste des initiatives. On sent un effet boule de neige pour la construction à Monaco d’une éco-communauté », sourit Kate Powers.

« Prise de conscience »

Et comme un symbole, c’est à Lily, Luigi et Gaspard, tous trois élèves à l’école Saint-Charles, qu’il a été délivré la mission d’ouvrir la conférence de presse de présentation. « On essaie juste de former les générations futures. Ce n’est pas impossible. Aujourd’hui, on voit bien que ce sont les jeunes qui ont basculé dans une prise de conscience autour de ces sujets d’écologie et de développement durable », souligne Olivier Arnoult. Avec le temps, la liste des “eco-angels”, comme les surnomme Kate Powers, ne cesse de s’allonger. Dans un coin de sa tête, elle ne cache pas espérer pouvoir proposer Monacology à tous les publics, et pas uniquement aux enfants. « Nous sommes très motivés pour protéger la planète. J’aurais bien aimé que cela devienne aussi gros que le Yacht Show… Mais sait-on jamais. Tout le monde va de plus en plus avancer. Forcément, on va donc être de plus en plus motivés. »

journalistAnne-Sophie Fontanet