Fabrice Barneoud-Fague
lance son Principautour

Pascallel Piacka
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Le 18 mai à 10h, Fabrice Barneoud-Fague s’élancera de Monaco à l’aventure. Un périple en vélo électrique qui passera par la France, l’Espagne, la principauté d’Andorre, la Suisse, la principauté du Liechtenstein et l’Italie. Soit 2 750 kilomètres, 29 étapes et une arrivée en principauté attendue fin juin, pour cet ancien membre de la sûreté publique.

«Est-ce un pari fou ? » se demande Fabrice Barneoud-Fague. Pas si sûr. Car ce cycliste amateur n’est pas un néophyte des exploits sportifs. Le 17 novembre 2012, le prince Albert II lui a décerné la médaille de bronze de l’éducation physique et des sports. Instituée par le prince Louis II (1870-1949) en 1939, ce titre récompense les personnalités qui œuvrent pour le développement du sport en principauté « Je suis redevable envers la principauté, où j’ai travaillé pendant 30 ans. Pour ce tour, partir de Monaco est apparu comme une évidence. J’ai fait le choix d’un vélo électrique en cohérence avec mes convictions », raconte Fabrice Barneoud-Fague. Son “Principautour”, prévoit une boucle qui partira de de Monaco le 18 mai, pour ensuite rallier Andorre, le Liechtenstein, pour un retour en principauté estimé à fin juin. Coût de cette opération : 13 500 euros. « J’ai reçu aux alentours de 3 500 euros des sponsors, et j’ai autofinancé à hauteur de 10 000 euros. Le vélo électrique m’a coûté près de 6 500 euros », précise ce sportif. Avant d’ajouter : « Je ne rentre pas dans mes frais, mais ce n’est pas un préjudice. Je suis parti dans l’idée d’une aventure sans sponsor. Mon père, âgé de 80 ans, roulera un peu avec moi lors de l’étape à Villeneuve. »

Carrière

Né en Avignon et âgé de 52 ans, le cycliste passionné est originaire de la commune de Villeneuve-lès-Avignon. Le Villeneuvois a travaillé plus de 30 ans en principauté. À 26 ans, il a passé le concours de la sûreté publique de Monaco. Un parcours éclectique, où il a exercé les métiers de maître-nageur sauveteur, puis de garde du corps du prince Albert et des princesses Caroline et Stéphanie. « J’ai un attachement à Monaco et à la famille princière, que j’ai pu servir tout au long de ma carrière. » Sur sa demande, cet agent de police à la direction de la Sûreté publique a été admis à faire valoir ses droits à la retraite anticipée, avec effet le 5 juin 2017. Passionné d’aventures, ses sports de prédilection sont l’athlétisme et le cyclisme, qu’il pratique depuis l’âge de 14 ans. « J’ai été entraîné par Daniel Bornstein. Mon père était cycliste semi-professionnel. Il a gagné des courses régionales. Et il m’a transmis le virus du vélo. Plus jeune, avec mon père, j’ai fait la montée du Mont Ventoux, qui culmine à 1 910 mètres. En haut, je ne savais plus si je devais rire ou pleurer. Rendez vous compte : 25 kilomètres, avec une pente entre 7 à 10 %. » Cet ex-garde du corps a participé à plusieurs compétitions, comme le Paris-Nice Challenge, La Mercantour Madone, Drômoise et même une course en Afrique du Sud. « J’ai terminé 1959ème sur 3 500 participants lors de cette course sud-africaine. J’ai fait mienne la devise de Nelson Mandela (1918-2013) : « It always seems impossible, until it’s done ». C’est-à-dire que tout semble toujours impossible, jusqu’à ce que ce soit fait. »

Electrique

Son « Principautour » est aussi un défi sportif personnel et l’attention a été portée sur un moyen de déplacement éco-responsable. « Mon vélo Pinarello Nytro est un Pedelec c’est-à-dire un vélo électrique, car je crois dans les énergies alternatives. Et mettre à l’épreuve un engin de ce type sur cette distance, c’est faire la démonstration des progrès accomplis », assure Fabrice Barneoud-Fague. Les Pedelec comprennent un contrôleur électronique qui coupe le courant, lorsque la vitesse de 25 km/h voire 32 km/h est atteinte. « Mon vélo est bridé à 250 watts de puissance nominale maximale, ce qui correspond, sur le plat, à une vitesse de 25 km/h, avec 80 kilomètres d’autonomie. C’est-à-dire qu’au dessus de 25 km/h, je devrais faire confiance à mes mollets », s’amuse le cycliste. Pareillement, les Pedelec offrent divers avantages par rapport aux vélos conventionnels à savoir la mobilité, la vitesse et une grande portée. « Néanmoins, en montée dès lors que vous dépassez une certaine puissance, le moteur coupera et vous serez en effort physique pur. Avec un vélo de 19 kilogrammes équipé de porte bagage, sacoches, sacs et outils de réparation, le challenge reste relevé », a rappelé Fabrice Barneoud-Fague. Cet ancien membre de la division de police maritime et aéroportuaire, a participé à la première course à vélo aquatique. Puis, ce cyclo-aventurier s’est assez logiquement tourné vers la fondation princesse Charlène. « La fondation de la princesse Charlène met en avant le sport, le secourisme et la solidarité à travers la natation. Et j’ai fait une école d’apnée avec l’école bleue. Sport et solidarité, c’est un peu le fil conducteur de mon idée », a-t-il précisé. Afin de partager son aventure, le cycliste a noué un partenariat avec une école primaire. « Je vais traverser 10 parcs nationaux. Je communiquerai 30 minutes par semaine, avec les élèves pour répondre à leurs questions. Ça sera un bon moyen d’échanger sur la géographie, les règles de bonne conduite sur la route. Ils auront certainement des questions pragmatiques. Ce sera aussi l’occasion de les sensibiliser sur les modes de mobilités responsables », estime le cycliste. Le 18 mai à Monaco, ce jeune retraité a rendez-vous avec le public. Un retour est espéré aux alentours des 22, 23 ou 24 juin. À l’occasion de l’ultime étape, un groupe de cyclistes amateurs se joindra à cet aventurier pour rallier Imperia, en Ligurie, à Monaco. « Accomplir ce challenge sportif seul est une manière d’être ouvert aux autres et se « sociabiliser » en même temps. J’ai trop hâte », conclu Fabrice Barneoud-Fague. Un carnet de voyage sous forme de récits devrait voir le jour, à son retour. Et le titre de l’ouvrage de Fabrice Barneoud-Fague devrait s’appeler Principautour.

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