« Restons outsiders
et jouons le coup à fond »

Maxime Dewilder
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Le 26  février 2019, l’ASM Basket engageait un nouvel entraineur, le serbe Sasa Obradovic. Celui qui dit être prêt à « mourir pour ses idées » et qui jouit d’une renommée internationale, commente son intégration dans le club et évoque les objectifs de l’ASM, un mois après son arrivée.

Comment vous sentez-vous, un mois après votre arrivée dans le club ?

Je pense qu’il y a des endroits plus difficiles que Monaco pour se sentir bien ! Mais en réalité, depuis le premier jour je me sens à l’aise à l’ASM. Je peux m’appuyer sur mes assistants, j’ai d’excellents rapports avec les personnes qui font marcher le club, et je sens le soutien de tous mes joueurs. Ce qui pour moi, en tant que coach, est très important.

Pourquoi avoir choisi Monaco ?

Les dirigeants m’ont donné une chance de bâtir quelque chose sur la durée. J’aurais pu choisir d’autres options en Euroleague [la compétition internationale qui réunit les meilleurs clubs de basket en Europe — N.D.L.R.], mais je souhaitais vraiment un projet constructif. Le discours et la motivation des dirigeants de la Roca Team m’ont séduit, j’ai ressenti que c’était le bon choix.

Quels sont les points forts de votre équipe ?

Je pense que nous avons de fortes personnalités dans le groupe… Je suis totalement investi dans mon travail pour donner le meilleur de mon groupe. Il y a une bonne impulsion dans cette équipe. Je pense que l’on va bien travailler ensemble. Nous essayons de construire un bon équilibre, une bonne alchimie, entre le “scoring” et les autres aspects du jeu. Le plus important est de voir que les joueurs ont envie de jouer ensemble. Il faut s’appuyer là-dessus pour devenir encore meilleurs.

Et ses points faibles ?

Toutes les équipes en ont, mais il est préférable de trouver les moyens de combler ses lacunes, plutôt que de les dévoiler à nos adversaires.

Dans quels domaines pensez-vous que votre équipe peut progresser ?

Il faut toujours du temps pour progresser, et nous n’en n’avons pas beaucoup. Alors, nous allons nous concentrer sur nos points forts, qui sont importants, et masquer nos points faibles, le plus possible.

Vos objectifs pour la fin de saison ?

Je ne suis pas du genre à faire de grandes déclarations. Le seul but est de réaliser un bon entraînement et d’avoir des gens heureux autour de vous.

Depuis trois saisons, Monaco termine à la première place de la saison régulière, mais ne parvient pas à remporter le titre lors des play-offs : quel est votre sentiment à ce sujet ?

L’ambition est toujours de faire rayonner votre club. Je n’ai pas l’habitude de faire des déclarations fracassantes sur les ambitions. Après chaque victoire, il faut redescendre sur terre et travailler dur. Si vous parlez des favoris, il y a des équipes très compétitives. L’Association Sportive Villeurbanne et Éveil Lyonnais Basket (ASVEL) a le plus gros budget, la première place, et une certaine avance sur les autres équipes. Mais je pense aussi à Strasbourg, à Nanterre ou à la surprise, Dijon. Les play-offs sont une autre compétition, les favoris ne sont pas vraiment les favoris, particulièrement en France. Il y aura peut-être des surprises.

Votre équipe est capable d’aller chercher le titre cette année ?

Vous savez, avant que j’arrive ici, personne ne parlait du titre, loin de là. On disait que l’équipe n’était pas assez bonne… Maintenant, on voudrait presque nous coller l’étiquette de favori, de numéro 1. Ce n’est pas la bonne méthode.

Quelle est la bonne méthode, alors ?

Restons outsiders et jouons le coup à fond. Parfois, vous jouez un très bon basket et le titre n’est pas au bout. Il arrive que les gens ne mesurent le succès qu’à travers les titres, mais ce n’est pas toujours la vérité. Aujourd’hui, nous partons d’un certain point. La grande idée, c’est de battre les favoris, pour tenter de mettre une option sur le titre.

Que pensez-vous de l’ambiance de la salle Gaston-Médecin ?

Honnêtement, j’ai été surpris ! L’engouement et l’enthousiasme des fans sont bien supérieurs à ce que je pensais. C’est important pour l’équipe. Nous travaillons tous les jours pour le plaisir et la confiance des gens qui se déplacent à la salle.

Vous avez reçu une ovation du public lors de votre présentation, à l’occasion du match à domicile contre Cholet : cela a dû vous toucher ?

Oui, bien sûr. En plus du professionnalisme et de mon implication dans le travail, il est important pour moi de toujours laisser une belle marque en tant que personne. D’ailleurs, partout où je suis passé, je ne trouve pas une porte close. Les gens sont contents lorsqu’on se revoit.

Sur la touche, vous faites le show, vous dégagez beaucoup d’énergie !

Tous les entraineurs ont leur style. Pour moi, rester assis, ce n’est pas possible ! J’ai besoin d’être actif, de me sentir partie prenante, d’apporter tout mon soutien aux garçons qui se donnent sur le parquet.

Face au Mans, le 23 mars dernier, il y avait ce sentiment que votre équipe disputait chaque possession avec la plus grande importance, comme si le but était de ne rien gaspiller…

Oui, c’est notre philosophie. Nous sommes déjà dans le “money-time”, il faut performer. Pour nous, les play-offs ont déjà débuté. Dans notre situation, on doit jouer notre meilleur basket. Il n’y a pas de place pour l’erreur.


journalistMaxime Dewilder