« La maturité et le calme
que dégage Charles Leclerc
sont impressionnants »

Pascallel Piacka
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Le 15 février, la Scuderia Ferrari a dévoilé à Maranello sa nouvelle voiture. Baptisée SF90, en hommage au 90ème anniversaire de la création de la firme, elle sera confiée à Sebastian Vettel et au pilote monégasque, Charles Leclerc.

Ferrari a choisi de se séparer à la fin de l’année dernière de Kimi Räikkönen. La Scuderia a recruté le Monégasque Charles Leclerc à la place en provenance de l’écurie Sauber F1 Team. Une lourde succession à assumer pour le pilote monégasque. Car le quinzième et dernier titre pilotes à ce jour a été remporté par le Finlandais, surnommé « Iceman », en 2007. Comme son aîné champion du monde, Leclerc devra faire preuve de sang-froid face aux défis à venir. « Le Monégasque est l’attraction dans les paddocks en F1. Son arrivée chez Ferrari fait le charme du début de saison », confie Thomas Sénécal, rédacteur en chef des sports mécaniques sur Canal+. Le jeune pilote monégasque, révélation de la saison 2018, a signé un contrat de quatre ans avec l’écurie au cheval cabré. À Maranello, il a pu apprécier sa nouvelle Ferrari SF90. Louis Camilleri, le PDG de Ferrari, était le maître des cérémonies. « La Scuderia a opéré une révolution en engageant un jeune pilote. Cela démontre la volonté chez Ferrari d’entrer dans une nouvelle ère. C’est un souffle inattendu, mais novateur, du côté de Maranello. Le pilote monégasque doit considérer que l’audace de Ferrari à son endroit est une marque de confiance », souligne ce journaliste de Canal+.

Ambitions

« Je ne suis pas non plus devenu une star internationale à tel point qu’il m’est désormais impossible de faire un mètre dans les rues de Monaco. » C’est ce que disait Charles Leclerc à Monaco Hebdo (lire Monaco Hebdo n° 1062) en mai 2018. Aucun doute, Charles Leclerc aborde ses premiers pas chez Ferrari avec humilité et respect. À 21 ans, le Monégasque connaît bien la Scuderia, puisqu’il a été pilote dans la Ferrari Driver Academy. « Je veux vraiment marquer les esprits », déclarait-il à Monaco Hebdo. Le jeune pilote monégasque ne cache pas ses ambitions. Né le 16 octobre 1997 à Monaco, il a débuté le karting à l’âge de cinq ans. Ses débuts de pilote, il les a orchestrés sur le circuit de Brignoles, dans le Var, géré par le père de Jules Bianchi. « La seule vraie idole que j’ai eue, c’est Ayrton Senna (1960-1994) », nous disait-il. Une confession qui fait écho, car le mythique pilote brésilien est mort en course le 1er mai 1994. L’accident a eu lieu sur le circuit Enzo et Dino Ferrari, à Imola. En 2017, Charles Leclerc est devenu champion du monde de Formule 2 (F2). Première édition du championnat qui succéda aux GP2 Series. Le pilote monégasque a ensuite participé à quatre séances d’essais libres avec l’équipe Sauber en F1. Frédéric Vasseur, team principal de Sauber, le confirme comme n° 1 permanent le 2 décembre 2017. « À chaque fois que je mets le casque, je deviens un tueur », confiait-il à Monaco Hebdo. « La maturité et le calme que dégage Charles Leclerc sont impressionnants. C’est pourtant un jeune pilote, inexpérimenté en F1 », souligne Thomas Sénécal. Charles Leclerc est le troisième Monégasque à courir en Formule 1 (F1), après Louis Chiron (1899-1979) et Olivier Beretta. En 2018, au volant de la Sauber C37, Charles Leclerc a disputé 21 Grand Prix. Le Monégasque a terminé à la 13ème place du classement des pilotes (39 points). Le 28 novembre 2018, Leclerc a signé de meilleurs chronos que son néo-coéquipier Sebastian Vettel. Il a réalisé cette performance lors de ses premiers essais au volant de la Ferrari SF71H.

SF90

La SF90 est la dernière-née chez Ferrari F1, mais elle ne marque pas de réelle rupture avec la précédente SF71H. La Scuderia a mis l’accent sur le développement et le perfectionnement. Les ailerons avant et arrière de la SF90 sont bien évidemment en conformité avec la nouvelle réglementation technique de la Fédération Internationale de l’automobile (FIA). Le groupe de travail de la FIA dirigé par Ross Brawn a adopté diverses solutions aérodynamiques pour la saison 2019. Elles sont censées réduire les appuis, et ainsi favoriser les dépassements. A noter que le Britannique est le directeur sportif de la F1. Il fut le directeur technique de la Scuderia Ferrari (1997 à 2006). « Les premiers tests collectifs réalisés à Barcelone attestent de la fiabilité de la SF90. Vettel et Leclerc peuvent être rassurés, car ils auront une bonne F1 entre leurs mains », analyse le journaliste de Canal+. Le capot moteur de la SF90 a également fait l’objet de modifications. Avec un capot plus étroit, l’objectif est d’accentuer l’efficacité aérodynamique de la SF90. Quatre pilotes (Davide Rigon, Pascal Wehrlein, Antonio Fuoco, Brendon Hartley) vont travailler en coulisses, à l’usine de Maranello. Pendant toute la saison, ils vont œuvrer dans le simulateur, pour améliorer les performances de la SF90. La firme italienne s’était adjugée la deuxième place au championnat des constructeurs l’an dernier, avec 571 points. Elle a réalisé sa meilleure performance depuis 10 ans. À son actif, 6 victoires, 6 pole positions et 24 podiums. « Ferrari nourrit des ambitions légitimes. Les changements d’organisation et de gestion qui ont été opérés, en attestent. La firme italienne ne peut demeurer à l’avenir sans un nouveau titre constructeur, tant les efforts entrepris sont importants », estime Thomas Sénécal.

17

Depuis 2008, la Scuderia est en quête d’un 17ème titre constructeur. Cette année-là, Felipe Massa avait été devancé d’un point au classement final des pilotes par Lewis Hamilton. Un scénario rocambolesque au Brésil, où le Britannique avait terminé 5ème sur le circuit d’Interlagos à Sao Paulo. A 23 ans, Hamilton était devenu le plus jeune champion du monde de l’histoire de la F1. Un succès d’antan qui laissa la Scuderia Ferrari hébétée. Depuis, Mattia Binotto a pris la succession de Maurizio Arrivabene à la tête de l’équipe F1 le 7 janvier 2019. Les premiers tests réalisés sur le circuit de Barcelone, en février 2019, sont prometteurs. Les chronos affichés par Charles Leclerc et Sebastian Vettel laissent entrevoir une belle concurrence à venir. « La saison s’annonce passionnante. Je ne me fais pas d’inquiétude concernant Leclerc. Le pilote monégasque est prêt physiquement et mentalement, juge le journaliste spécialiste auto de Canal+. Le 26 mai, lors du Grand Prix de Monaco, il passera par beaucoup d’émotions. Il va prendre le départ d’un Grand Prix de F1, à 100 mètres de chez lui ! S’il l’emporte, l’histoire sera belle », admet Thomas Sénécal. La SF90 donnera du fil à retordre aux Mercedes W10 de Lewis Hamilton et de Valtteri Bottas, ainsi qu’aux Red Bull RB15 de Pierre Gasly et Max Verstappen. « Lorsque je suis dans mon baquet, les palmarès et les noms sur les voitures s’effacent. Ils deviennent tous des pilotes comme les autres. Mon seul objectif est alors d’essayer d’être plus rapide qu’eux », confiait le pilote monégasque à Monaco Hebdo. Le rendez-vous est donc pris pour le début officiel de la saison. Il aura lieu à Melbourne, lors du Grand Prix d’Australie du 15 au 17 mars. La compétition, née en 1950, fêtera son millième Grand Prix le 14 avril 2019 sur le circuit de Shanghai, en Chine.

 

journalistPascallel Piacka