« L’optimisme est un muscle
qui se travaille »

Anne-Sophie Fontanet
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Présente au salon du livre de Monaco, l’auteure Christelle Crosnier est venue présenter Le pouvoir de l’optimisme(1). Un ouvrage en forme de trousse à outils, rempli d’expériences pratiques pour devenir la meilleure version de soi-même.

 

L’optimisme au pays des râleurs ? Il fallait oser. Christelle Crosnier est Française. Elle a grandi à Nice, bien qu’elle soit depuis quelques années installée à Paris. Sa famille vit toujours dans la région, notamment sa mère qu’elle vient souvent voir à Monaco. Samedi 2 et dimanche 3 mars, elle faisait partie des nombreux auteurs présents au salon du livre de Monaco, proposé depuis 2012 par l’association des Rencontres Littéraires Fabian Boisson. Elle venait y présenter Le pouvoir de l’optimisme, le septième livre de cette journaliste, « le plus personnel » aussi. « Au départ, j’ai écrit tout ça pour mes enfants. Car plus j’avançais dans la vie, malgré les défis et épreuves à résoudre, plus il me semblait que je n’étais pas partie avec les bonnes armes. Je voulais leur fournir une trousse à outils de tout ce que j’avais lu, vu, entendu, vécu. » Comment faire pour avoir une vie plus lumineuse ? Comment devenir la meilleure version de soi-même en devenant son meilleur ami ? Comment, par le biais de l’optimisme, avancer de façon plus sereine ?

Croyances, pensées, émotions…

Ces éléments glanés au fil de ses lectures, — « j’ai lu entre 200 et 300 livres de développement personnel » — associés aux rencontres inspirantes que la vie a mis sur son chemin, ont permis à Christelle Crosnier de constituer un ouvrage qui se veut pratique. « L’optimisme est un muscle qui se travaille. Moi, ça m’a pris 10 ans pour passer d’un esprit mécanique à automatique. J’ai beaucoup travaillé sur moi-même. Cela implique de travailler à la fois sur ses croyances, ses peurs, faire un tri dans ses pensées et dans ses émotions. Mais aussi apprendre à oser ne plus être dépendant vis-à-vis du regard des autres », confesse l’auteure. Cette mise en forme émotionnelle n’est évidemment pas un long fleuve tranquille. « L’optimisme, ce n’est pas non plus être béat par rapport à la vie. Il s’agit plutôt de porter un regard dynamisant, grâce à ses propres ressources. Ça demande un effort contre ses pensées naturelles », ajoute Christelle Crosnier. Dans le dictionnaire Larousse, la définition de l’optimisme parle d’une doctrine philosophique d’après laquelle le monde est bon et le bien y tient plus de place que le mal. Mais aussi d’une disposition d’esprit qui incline à prendre les choses du bon côté et d’une confiance dans l’issue favorable d’une situation.

« Grands leaders »

Sa méthode repose sur les enseignements de « grands leaders », du guide spirituel Gandhi (1869-1948), à la présentatrice de télévision américaine Oprah Winfrey. Elle a observé comment chacun d’eux s’était construit, et comment se servir de leur expérience pour vivre plus pleinement. « Je me suis rendu compte que la plupart des grands personnages étaient passés par des choses très difficiles dans leur vie. Oprah Winfrey venait d’une famille pauvre. Elle a été violée lorsqu’elle était très jeune. Mais elle a pour habitude de dire qu’un échec n’est jamais un échec. C’est juste la vie qui nous redirige vers autre chose. Aujourd’hui, elle est devenue l’une des femmes les plus riches et influentes du monde. » Des exemples de la sorte, la journaliste et auteure peut en donner des dizaines. « Très souvent, les personnes les plus optimistes sont celles qui ont traversé les choses les plus dures. » Cette philosophie de pensée semble très bien fonctionner auprès du lectorat. Sorti en septembre 2018, le livre s’est classé deuxième meilleure vente Amazon. « Ce thème est dans l’ère du temps alors qu’il a toujours fait partie de ma vie », sourit Christelle Crosnier.

« Lâcher prise »

Mais alors, que change l’optimisme dans une vie ? « Je crois beaucoup à la visualisation créative. Depuis que j’ai changé ma façon de penser, quand il m’arrive quelque chose de difficile — car être optimiste n’empêche pas les coups durs — j’arrive beaucoup plus facilement à les vivre. Et quand je veux faire avancer quelque chose, de façon magique les choses se mettent en place. Alors qu’avant, j’avais le sentiment de ramer beaucoup plus. Avec l’optimisme, on devient plus à même de reconnaître les opportunités et de les saisir. Aujourd’hui, je suis très attentive aux signes. Pourtant je suis une personne très cartésienne, à la base. » Dans les mots de Christelle Crosnier, cela semble bien simple. L’auteure reconnait pourtant aisément que le chemin personnel est long et sinueux jusqu’à cette libération mentale. « Le lâcher-prise est très difficile à mettre en place. Mais c’est un outil que j’ai beaucoup utilisé pour éviter les situations inconfortables où l’on se retrouve dans l’incertitude. » Une seule solution : s’entraîner, se reprendre à chaque fois pour que cela devienne automatique. « Je suis devenue une paranoïaque inversée, nous explique-t-elle. Je crois toujours que le monde ne me fait rencontrer que les bonnes personnes. »

Changer de bord

De la théorie à la pratique, il n’y a qu’un pas que Christelle Crosnier conseille à tous de franchir. « C’est hyper compliqué car il y a des obstacles que nous devons dépasser mais ce n’est pas que de la théorie. Tout le monde peut le faire. Rediriger son esprit vers la bienveillance, le positif et combattre son esprit. » Pour la précision, Christelle Crosnier ne se revendique d’aucune religion. « Il faut comprendre que nous sommes tous connectés et entraîner son esprit à réagir différemment. Il y a un tel mal-être que les gens ont besoin de réapprendre les bases. Je veux juste aider à retrouver un sentiment d’humanité. » Cette vision de la vie est partagée par l’écrivaine Raphaëlle Giordano, auteure notamment de Ta deuxième vie commence quand tu as compris que tu n’en avais qu’une, qui signe la préface de son livre. Elle aussi incite les lecteurs à changer de bord pour rejoindre celui des personnes qui croient en la philosophie de l’optimisme. « La promesse d’une vie plus belle, capable de laisser toute sa place à la joie, à l’abondance et à la liberté », écrit Raphaëlle Giordano. Alors, tenterez-vous le coup ?

 

(1) Le pouvoir de l’optimisme, de Christelle Crosnier (éditions Ideo), 288 pages, 15,90 euros.

 

Trois conseils pour retrouver le chemin de l’optimisme

« Ce sont des vérités toutes simples, mais dont on a perdu l’habitude. » Christelle Crosnier livre aux lecteurs de Monaco Hebdo trois conseils basiques pour profiter de tous les « pouvoirs » de l’optimisme dans sa vie quotidienne.

Réapprendre à dire merci : « Il faut se positionner un peu plus dans la gratitude. On peut, par exemple, chaque soir répertorier trois choses qui nous sont arrivées dans la journée que nous pouvons remercier. Et même dans les journées les plus pourries, il nous arrive des choses toutes bêtes, mais positives. »

Être dans le présent : « On ne doit pas regretter le passé, et en même temps, ne pas se projeter dans le futur. Dans le présent, on se sent en sécurité. Rien ne peut nous arriver. »

Lâcher prise : « Le principe, c’est de faire de son mieux, et après on accepte de laisser la vie décider. »

journalistAnne-Sophie Fontanet