« Il y a encore beaucoup à faire »

Raphaël Brun
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Elu à la mairie de Monaco où il est responsable du pôle jeunesse et du service communication depuis 2007, Nicolas Croési sera candidat pour les élections communales du 17  mars 2019.

Quel bilan tirez-vous du mandat qui se termine ?

Je crois que notre équipe peut légitimement se targuer d’un mandat réussi, riche en réalisations utiles et pratiques pour les Monégasques et les résidents. La mairie a poursuivi sa modernisation et des nouveautés appréciées ont été proposées au public. Il faut bien entendu associer à ce bon bilan l’ensemble du personnel communal, que je tiens à remercier chaleureusement pour son travail.

Quelles sont vos principales réalisations dans le cadre de vos délégations ?

En tant qu’élu en charge de la communication, j’ai à cœur de promouvoir l’action des 18 autres services communaux et de valoriser notre institution. Le service communication, que j’ai créé lors de mon premier mandat, œuvre dans l’ombre. Mais c’est un service très dynamique. Il est en constante évolution et il est très productif, que ce soit en termes de supports de communication ou de communiqués de presse.

Quels dossiers ont été bouclés par le service communication de la mairie sur le mandat écoulé ?

Sans vouloir faire un inventaire à la Prévert, je peux citer la refonte et la modernisation de nos sites internet, auxquels ont été intégrés de nouvelles démarches en ligne visant à faciliter la vie des usagers, et le renforcement de notre présence sur les réseaux sociaux.

Vous êtes aussi responsable du pôle jeunesse ?

Pour la jeunesse, ma seconde délégation, nous avons pérennisé le projet communal Junior, voué à donner la parole aux jeunes et à les impliquer dans la réalisation de projets pensés par eux et pour eux. C’est ainsi qu’a été instaurée la désormais fameuse « Splash Party » qui marque depuis 2016 la fin de l’année scolaire de façon festive au stade nautique Rainier III. Il faut proposer de nouvelles animations pour nos adolescents en Principauté, et en voilà une belle illustration.

Quels sont les projets qui n’ont pas pu être menés à terme ?

Nous voulons voir aboutir la création de terrains de calcetto et de padel sur le territoire monégasque, notamment pour les jeunes. Il y a une forte attente et un véritable besoin. Ce projet a fait l’objet de longues négociations entre la mairie et le gouvernement ces dernières années, car nous ne pouvons malheureusement pas réaliser une telle structure seuls.

Pourquoi ça coince ?

Nous avions trouvé une solution pour intégrer ces terrains au stade des Moneghetti, mais une étude portant sur une restructuration profonde des lieux a été lancée par le gouvernement, rallongeant considérablement les délais envisagés.

Ce projet est donc enterré ?

Non. Aujourd’hui, nous demandons la programmation ferme et définitive de ces terrains dans le futur stade des Moneghetti, et leur réalisation dans le meilleur délai possible. Nous sommes persévérants et nous ne lâcherons pas.

Quels sont vos autres projets, si vous êtes élu le 17 mars ?

Nous souhaitons notamment poursuivre la dématérialisation des formalités administratives et développer une application mobile qui les regroupera, avec l’ensemble des informations utiles relatives aux services municipaux. Ces projets s’inscrivent, de façon plus générale, dans la démarche de modernisation de la mairie, visant à améliorer ses prestations et à faciliter le quotidien des usagers.

Vous avez été élu pour la première fois en 2007 à l’âge de 26 ans : qu’est-ce qui vous motive encore pour briguer un quatrième mandat ?

Comme vous le soulignez, je me suis engagé très jeune. Je voulais servir mon pays et agir de façon concrète. C’est encore le cas aujourd’hui. Cet investissement est tout naturel, étant issu d’une vieille famille monégasque, où l’engagement politique est inscrit dans les gènes depuis quatre générations, dans la lignée de mon arrière-grand-père, Louis Notari. Vous savez, l’objectif n’est pas d’être invité à des cocktails ou d’avoir sa photo dans le journal. Ce qui est gratifiant, c’est de pouvoir contribuer à améliorer, autant que faire se peut, le quotidien de nos compatriotes, et de travailler sur des dossiers utiles à notre ville, avec des résultats concrets. Notre pays nous apporte beaucoup. Je cherche, modestement, à lui rendre un peu, en tant qu’élu.

Mais il y a aussi une motivation liée à certains dossiers ?

Comme mes colistiers, si j’ai souhaité me représenter, c’est qu’il y a encore beaucoup à faire. Notre bon bilan n’est pas synonyme d’autosatisfaction dans le mauvais sens du terme. Nous avons encore de nombreux projets et la mairie est plus que jamais engagée sur la voie de la modernisation. Et puis, je dois bien reconnaître un certain attachement à cette noble institution qu’est la mairie.

Vous intervenez régulièrement en séance publique pour défendre la mairie, comme récemment sur le projet de télécabine au Jardin Exotique : pour quelles raisons ?

La mairie est la plus ancienne institution de la principauté et le conseil communal est l’une des deux assemblées élues. Nous représentons donc les Monégasques. A ce titre, nous ne pouvons accepter d’être considérés comme un sous service de l’Etat et mis de côté dans certains dossiers d’importance, ce qui est malheureusement trop souvent le cas. Le cas du Jardin Exotique est tout à fait éloquent et la mairie doit d’autant plus être estimée à sa juste valeur qu’elle est propriétaire des lieux. Des lieux qui sont, ne l’oublions pas, un élément majeur de notre patrimoine et qu’on ne peut défigurer.

La mairie doit donc se faire entendre et respecter ?

De façon générale, pour tout ce qui touche à la qualité de vie et aux grands projets, nous devons être associés suffisamment tôt, pouvoir donner notre avis et relayer ainsi celui de nos compatriotes et des résidents. Cela est tout à fait conforme à nos prérogatives, puisque nous sommes appelés à nous prononcer, à titre consultatif certes, sur l’urbanisme et la circulation.

Mais c’est le gouvernement qui a le dernier mot ?

J’ai le plus grand respect pour le gouvernement, mais il n’est sans doute pas inutile que le bon sens populaire que nous pouvons incarner pondère parfois une vision plus technocratique des choses. Il ne s’agit pas de faire de la démagogie, mais l’opinion des Monégasques doit être entendue et nous devons être leurs messagers.

Vous avez vraiment le sentiment que le gouvernement néglige la mairie ?

Nous avons de bons rapports, mais, en effet, à plusieurs reprises, nous avons été mis devant le fait accompli. Nous avons découvert trop tardivement des projets ou des décisions qui nous concernaient, pourtant. Nous avons du mal à comprendre ce manque de considération et de concertation. Il faut en outre beaucoup insister pour obtenir certains équipements publics dont nous avons besoin, comme par exemple des crèches ou les terrains que j’évoquais précédemment. Mais nous sommes volontaires et notre persévérance nous donne souvent raison.

En l’absence de liste concurrente, quel est le véritable enjeu de cette élection du 17 mars 2019 ?

C’est avant tout un rendez-vous institutionnel à ne pas manquer et un devoir civique à accomplir. Je crois profondément que venir voter, c’est démontrer son attachement à notre pays et à ses institutions, c’est faire vivre notre modèle et ses particularismes, et ce, quelle que soit l’offre en présence. Une participation conséquente serait aussi un signal à envoyer aux observateurs extérieurs, notamment européens, pour attester de la vitalité et de la pertinence de notre système. Je suis convaincu que se rendre aux urnes est quelque chose qui tient à cœur nos compatriotes et qu’ils sauront se mobiliser. Chacun de nous est concerné par les prestations de la mairie au quotidien : venir voter, c’est permettre de défendre ses propres intérêts.

 

journalistRaphaël Brun