« Ce qui se passe chez nous
doit être décidé avec nous »

Anne-Sophie Fontanet
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En pleine campagne pour sa réélection, le maire de Monaco, Georges Marsan, tape du poing sur la table concernant le projet de télécabine reliant le Jardin Exotique à Fontvieille, en passant par le Rocher. Il explique à Monaco Hebdo les raisons de sa fermeté.

Quel rôle la mairie peut jouer concernant les questions de mobilité à Monaco ?

Même si la mobilité à Monaco n’est pas une compétence propre à la mairie, je tiens à rappeler que le maire préside la commission de circulation, dont le rôle est de se prononcer, entre autres, sur toutes les questions relatives au trafic en ville, les flux, le stationnement, etc. Ces sujets sont des enjeux de la mobilité en principauté. Et la mobilité est une question de proximité au quotidien.

Votre position ?

Nous sommes bien dans les préoccupations du conseil communal qui ne peut rester les bras croisés sur des sujets aussi proches du quotidien des Monégasques et des résidents. Nous nous devons de soutenir le gouvernement princier dans sa stratégie globale de mobilité, mais nous nous devons aussi de rappeler que la réflexion ne doit pas se faire sans l’avis des élus communaux.

Sur cet éventuel projet de télécabine, on sent votre colère : pourquoi cet énervement ?

Ce n’est pas de la colère, mais de la fermeté. Je vous rappelle que le Jardin Exotique est une propriété communale. De ce fait, nous devons absolument être associés à la réflexion autour de ce projet. C’est une évolution nécessaire, mais elle ne doit pas se faire au détriment de la qualité de vie des Monégasques.

Quelles sont les réelles prérogatives de la mairie et jusqu’où comptez-vous les faire valoir ?

L’esthétisme, les nuisances sonores et la sécurité sont autant de facteurs à prendre en compte. Ces questions me sont régulièrement posées par la population, et aujourd’hui je n’ai malheureusement aucun élément pour y répondre, ne connaissant pas le nouveau projet sur lequel le gouvernement travaille.

Ce projet a été porté par le ministre d’État, Serge Telle : avez-vous pu dialoguer avec lui, ou ses services, sur ce sujet ?

Au début du projet, j’ai eu le sentiment d’être écarté de la réflexion. Ce qui a valu mon intervention en séance publique, avec l’unanimité de mon conseil communal. Suite à cela, le gouvernement nous a présenté une première étude qui ne nous satisfaisait pas, notamment par la dimension démesurée de la gare sur le site du Jardin Exotique.

Sur quoi avez-vous insisté ?

Je suis en contact avec le conseiller de gouvernement pour l’équipement, l’environnement et l’urbanisme, de façon informelle. J’attends la présentation officielle d’un nouveau projet avec une emprise plus limitée sur le Jardin Exotique. Pour que ce projet soit soutenu par la population, il doit s’intégrer au mieux dans la ville, sans produire de nuisances pour les résidents. Voilà une de mes préoccupations !

Quelles seraient vos lignes rouges ?

Soyons très clairs. Bien qu’il s’intègre dans un projet global de mobilité douce, ce projet ne doit pas se faire dans n’importe quelles conditions. Sa taille, son esthétisme et sa bonne intégration dans le paysage urbain sont pour moi des critères prioritaires. Enfin, je rappelle que ce projet concerne un élément majeur du patrimoine de la commune. Il est de notre devoir de le préserver, en assumant pleinement notre statut de propriétaire. Ce qui se passe chez nous doit être décidé avec nous.

 

journalistAnne-Sophie Fontanet