« Je ne vois pas l’ASM
être reléguée en Ligue 2 »

Pascallel Piacka
-

Figure emblématique de l’AS Monaco, Jean Petit, 69 ans, reste un observateur éclairé et respecté sur le Rocher. Entretien.

Comment s’est déroulée votre fin de carrière ?

J’ai été professionnel à l’AS Monaco de 1969 à 1982. Autant dire que je n’ai connu qu’un unique club durant toute ma carrière. Je suis arrivé à l’âge de 20 ans à l’ASM. Par la suite, grâce à mes diplômes d’entraîneur, j’ai rejoint l’encadrement du club, souvent comme entraîneur-adjoint [avec Jean Tigana, Claude Puel, Didier Deschamps, Ricardo, Marco Simone et Claudio Ranieri — N.D.L.R]. C’est en juin 2015 que j’ai terminé ma collaboration avec l’ASM. J’ai consacré 46 ans de ma vie au club. Par ailleurs, les dirigeants actuels m’ont proposé un rôle d’ambassadeur, à travers des opérations spéciales.

Quelles ont été vos relations avec la nouvelle direction, depuis décembre 2011 ?

En mai 2011, l’ASM a été reléguée en Ligue 2 (L2). Les débuts ont été difficiles [élimination dès le premier tour de la Coupe de la Ligue, face à Sedan (1-4) — N.D.L.R]. En décembre, on était lanterne rouge. C’est à ce moment-là que la nouvelle direction a repris le club [Dmitry Rybolovlev devient alors actionnaire majoritaire, avec 66,67 % du capital — N.D.L.R]. J’ai été entraîneur-adjoint de Marco Simone [de septembre 2011 à mai 2012 — N.D.L.R], puis de Claudio Ranieri [de mai 2012 à mai 2014 — N.D.L.R]. J’ai entretenu des relations professionnelles avec mes dirigeants, axées exclusivement sur le terrain. Lorsque Leonardo Jardim est arrivé en mai 2014, j’ai aidé à son intégration au sein du club. J’ai eu des échanges techniques avec lui, grâce à mes compétences d’entraîneur.

Comment jugez-vous le bilan de l’AS Monaco, depuis le début de la saison (1) ?

Du point de vue comptable, il n’est pas satisfaisant [Monaco était alors 18ème, avec 18 points — N.D.L.R]. Jusque-là, l’ASM était habituée à jouer les premiers rôles en Ligue 1 (L1). L’élimination en demi-finales, face à Guingamp [2-2 (5 tirs aux buts à 4) — N.D.L.R] n’a pas arrangé les choses. Le vice-président, Vadim Vasilyev, a fait son mea-culpa. Il a reconnu que des erreurs ont été commises, avec, notamment, le limogeage de Leonardo Jardim en octobre 2018. Un limogeage survenu trop rapidement.

Comment avez-vous interprété le chassé-croisé Henry-Jardim ?

L’arrivée de Thierry Henry s’est faite dans la précipitation. Quant à son éviction, la méthode et la manière m’ont surpris. Maintenant, je comprends l’envie d’Henry d’être venu au chevet de son club de cœur et club formateur. Cela relève d’une certaine logique sentimentale. Il est arrivé à l’ASM à 17 ans. Henry n’a pas commis d’erreur en venant à Monaco. Néanmoins, c’est une première expérience d’entraîneur qui a été menée dans un contexte difficile. On ne lui a pas laissé du temps, tout comme à Jardim (1), de continuer l’aventure.

Monaco peut éviter une descente en Ligue 2 ?

Leonardo Jardim est un grand professionnel. C’est un technicien très intelligent. Il a des atouts, grâce aux joueurs arrivés à l’intersaison. Je pense notamment à Cesc Fabregas. Le maintien n’est donc pas un objectif impossible à atteindre. Et je ne vois pas l’ASM être reléguée en L2 à l’issue de cette saison. Cependant, il y a toujours des aléas. Surtout dans le football.

 

1) Cette interview a été réalisée le 30 janvier, quelques jours avant la victoire de Monaco à domicile contre Toulouse (2-1), le 2 février.

 

Suite du dossier :

« La Diagonale ne sera pas un Wikileaks »

journalistPascallel Piacka