« Pourquoi changer
une équipe qui gagne ? »

Raphaël Brun
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Maire de Monaco depuis 2003, Georges Marsan vient de présenter sa liste, l’Evolution communale, pour les élections qui se dérouleront le 17 mars.

Cela faisait 16 ans que cela n’était pas arrivé. Mais, comme en 2003, les élections communales devraient se dérouler avec une seule liste, celle conduite par celui qui s’est imposé à chaque élection depuis 16 ans : Georges Marsan. « Je brigue un nouveau mandat, non pas un mandat de plus, mais un mandat pour continuer le travail qui a été engagé sur de nombreux fronts, de nombreux dossiers qui me tiennent à cœur », a assuré le maire en exercice, lors d’une conférence de presse organisée le 28 janvier. L’occasion pour Marsan de présenter ses 14 co-listiers, pour une course qui n’en sera donc pas vraiment une, contrairement aux précédentes élections. Elu en 2015 face à une liste conduite par Franck Nicolas avec 74 % des suffrages et une participation en hausse de 6 points, à 60,6 %, Georges Marsan est donc plus que jamais intouchable (voir notre tableau par ailleurs).

Liste

Sur 15 candidats, une seule nouvelle candidate, Mélanie Flachaire. A 37 ans, cette directrice de réseaux de magasins Banana Moon assume aussi la présidence du Monte-Carlo Squash Racket Club. Une absence de renouvellement que défend Georges Marsan : « Le temps de l’action publique va de plus en plus vite, dans un monde où l’on veut tout, tout de suite, sans oublier la pression bien-pensante qu’il faudrait régulièrement renouveler la classe politique. Devrais-je alors, pour satisfaire cette lubie, me séparer de conseillers communaux compétents et impliqués, pleinement engagés dans la vie publique ? » Pour le maire en exercice, la réponse est donc non. « J’estime que de retrouver la quasi-totalité de mes formidables collègues sur la liste que je conduis aujourd’hui, c’est justement un gage de modernité. J’assume avec eux notre bilan. J’assume aussi avec eux tous les projets que nous devrons finir de réaliser durant les 4 années à venir. » Du coup, « pourquoi changer une équipe qui gagne ? » a demandé le maire sortant. C’est entouré de ses cinq adjoints, trois femmes (Camille Svara, Marjorie Crovetto-Harroch, Françoise Gamerdinger) et deux hommes (Jacques Pastor et Nicolas Croesi) que Georges Marsan a présenté sa liste.

Alternative

« Pour la première fois dans un scrutin à Monaco, notre liste peut se prévaloir de tendre vers la parité femmes-hommes. Je m’en réjouis et je sais qu’ensemble nous allons faire du bon travail pour affirmer encore le rôle social de la Mairie, sa contribution pour la transition énergétique, son évolution vers la smart city, son adaptation optimale pour le bien-être de nos aînés, tout comme son attachement à animer la cité et à s’occuper des plus jeunes avec nos crèches », a lancé Marsan. Alors que Monaco Hebdo bouclait ce numéro, le 29 janvier 2019, la liste du maire sortant, L’évolution communale, était donc seule en lice. Faut-il s’en inquiéter au nom de l’intérêt du débat démocratique ? « C’est vrai qu’on pourrait regretter de ne pas voir de liste adverse, a reconnu Marsan. Mais ne doit-on pas y voir aussi la confirmation d’un travail bien fait au service de l’intérêt général ? » Ce qui est sûr, c’est que la loi impose aux candidats de se déclarer « 16 jours au moins et 20 jours au plus » avant le jour du scrutin, prévu le 17 mars. Sachant que pour constituer une liste, il faut au minimum afficher 13 noms, il semble aujourd’hui assez peu probable de voir une proposition alternative à l’évolution communale voir le jour. Si la liste de Georges Marsan est seule devant les électeurs monégasques le 17 mars, il faudra surveiller de près le taux de participation, seul indicateur permettant de mesurer l’intérêt des Monégasques pour ce scrutin. Cela, Georges Marsan l’a bien compris. « Dans ce contexte, un niveau de participation exemplaire nous donnera toute la légitimité pour agir et pour se montrer forts lorsqu’il le faudra devant nos partenaires du gouvernement princier. Je vous citerais un exemple : le Jardin Exotique et le projet de téléphérique, où nous avons le sentiment d’être contournés, estime la tête de liste de l’Evolution communale. La mairie n’est pas et n’a jamais été quantité négligeable dans nos institutions. Elle remplit un rôle social, un rôle de proximité, un rôle d’avant-garde parfois comme avec ce projet de smart city où nous avons été les premiers à déployer des applications concrètes. »

« Pionniers »

Pour justifier sa candidature, le maire a insisté sur le bilan de son équipe. Notamment sur le volet social. « Nous avons su faire face à tous les problèmes qui ont pu se présenter pour les crèches, au stade, à Hélios, au Larvotto… Tous les enfants ont une place, a souligné Marsan. Pour les seniors, afin de favoriser leur maintien à domicile, nous avons créé SOS administratif et SOS courses. Nous avons aussi étendu les prestations des auxiliaires de vie le soir. » Le maire a aussi abordé la thématique des transitions numériques et énergétiques, « deux enjeux majeurs pour la principauté ». Rappelant que la mairie a été le second signataire du pacte national sur la transition énergétique après le palais princier, le leader de l’Evolution communale a dressé la liste des avancées réalisées par la mairie en ce qui concerne le passage au numérique : « Nous avons été les pionniers et cela devient très concret pour les usagers. Il y a eu la mise en place du “pay by phone” pour le paiement des horodateurs, les demandes en ligne d’actes civils, et d’ici quelques jours le portail familles et la dématérialisation des appels d’offres pour les entreprises qui seront disponibles sur notre site internet. » Au niveau culturel, Georges Marsan a souligné le rôle joué par l’académie Rainier III et par l’école supérieure d’arts plastiques, qui « prodiguent un enseignement de grande qualité et notre future médiathèque deviendra bientôt un haut lieu de la culture pour tous. » Reste maintenant à dévoiler le contenu du programme de la liste Marsan. Ce devrait être chose faite « début mars » a assuré le maire sortant.

 

journalistRaphaël Brun