Fédération monégasque de ski
Construire, pour
atteindre les sommets

La Rédaction
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La fédération monégasque de ski n’est pas la plus connue des fédérations sportives de la principauté. Mais cela ne l’empêche pas d’être structurée et ambitieuse.

Par Grégory Moris

Monaco, son club de football huit fois champion de France, son équipe de basket-ball finaliste de Pro A en 2018, son circuit de Formule 1 (F1)… et sa fédération nationale de ski, qui met depuis 27 ans un point d’honneur à développer au sein de la principauté ce sport de glisse, discipline olympique depuis 1924. Si l’idée d’une fédération monégasque de ski (FMS) peut surprendre de prime abord, elle est loin d’être saugrenue : le Rocher ne se trouve qu’à quelques dizaines de kilomètres des sommets alpins français et italiens. Et nombre de ses habitants s’y rendent chaque hiver, en attendant que le soleil ne caresse de nouveau les rues de Monte-Carlo. « Les montagnes se trouvent juste derrière Monaco, témoigne Jacques Pastor, directeur technique national (DTN) de la FMS, par ailleurs 4ème adjoint au maire de Monaco et délégué aux sports et aux loisirs. Notre région est dans une situation géographique idéale. »

« Une vraie fédération nationale, structurée »

La naissance de la FMS remonte à 1981 et au congrès de la fédération internationale de ski (FIS). Monaco propose alors sa candidature, qui est acceptée à l’unanimité des votants. La FMS est ainsi admise au sein de la communauté internationale du ski, en même temps que la Chine. « Une création en 1981, c’est assez récent, même si le ski-club de Monaco a, lui, 80 ans, explique Jacques Pastor. Aujourd’hui, la FMS, c’est une véritable fédération nationale, structurée, capable d’inscrire ses athlètes aux plus importantes compétitions, qu’il s’agisse d’une coupe d’Europe, du Monde, ou des Jeux olympiques (JO) d’hiver. » David Lajoux sera ainsi le premier skieur à représenter la principauté de Monaco aux JO, ceux de Sarajevo, en 1984. À seulement 17 ans, il se classera 47ème sur 71 lors de l’épreuve de descente. Pour grandir et faire progresser ses athlètes, la FMS a noué des partenariats avec les fédérations nationales voisines, françaises et italiennes principalement. Les athlètes monégasques peuvent, par exemple, s’entraîner avec leurs homologues français, intégrer les mêmes filières de sport-étude, suivre les mêmes préparations pour les mêmes événements… sans toutefois devoir s’effacer derrière le drapeau tricolore pendant les compétitions : en tant que fédération indépendante, la FMS fait concourir ses athlètes sous sa propre bannière. « Je m’entraîne avec l’équipe de France, je suis attaché au groupe Coupe d’Europe, témoigne Arnaud Alessandria, l’un des athlètes de haut-niveau de la fédération. Régulièrement, je rejoins également le groupe Coupe du monde. Je suis intégré à tout ce que fait l’équipe, tout en étant toujours licencié au ski-club de Monaco. Pour cela, un accord tripartite est signé tous les ans entre les fédérations françaises, monégasques et moi. La FMS prend en charge le salaire d’un coach français, ainsi que le coût du “leasing” d’un bus. Restent les frais de déplacement et d’hébergement, dont une partie est prise en charge par la mairie et les sponsors. Le solde est à ma charge. »

L’ambition, construire dans la durée

Les skieurs monégasques partagent avec leur fédération la même ambition : grandir, construire dans la durée, se forger un palmarès et une réputation par la régularité des performances. « Une carrière sportive, c’est certes des coups d’éclats, des titres majeurs remportés, des exploits, explique le DTN. Mais ça se construit aussi par une progression constante. » Arnaud Alessandria ne dit pas le contraire : « En descente, j’ai pour objectif de rentrer dans les 30 premiers du classement en Coupe d’Europe, et de faire des Top 15 dans certaines épreuves. En Super G, j’ai un peu plus de mal, mais un Top 30 serait très bien. En Coupe du Monde, marquer de premiers points serait un très bon résultat. Les Jeux olympiques ? C’est dans un coin de ma tête, forcément, mais les prochains sont encore loin. Je prends les courses les unes après les autres, une saison après l’autre. Après, on verra ! » Les résultats d’Alexandra Coletti, autre athlète de haut-niveau monégasque, plaident également en la faveur de la politique « ski » de la principauté. Elle s’est par exemple glissée dans le Top 20 au Super Combiné aux JO de Vancouver en 2010, a terminé troisième aux championnats de France de descente de Tignes en 2017, a terminé 27ème en descente et 30ème au Super G aux JO de PyeongChang. Des Jeux auxquels a également participé Olivier Jenot, 38ème au slalom géant et au Super G et 28ème au combiné. Soutenue par le prince Albert II, qui se déplace régulièrement aux compétitions auxquelles ses athlètes participent, la FMS a ainsi su, en quelques années, se structurer pour permettre à ses athlètes de mener une carrière digne de ce nom. Avant d’aller plus loin, et d’atteindre les sommets ?

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