Visite à Monaco du député européen
Fernando López Aguilar

Raphaël Brun
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Le 7  janvier 2019, le gouvernement monégasque a reçu le député européen Juan Fernando López Aguilar, dans le cadre d’un voyage de 48 heures en principauté. Désigné le 3  septembre 2018, par la commission des affaires étrangères du Parlement européen, rapporteur pour l’accord d’association entre Monaco et l’Union européenne (UE), Juan Fernando López Aguilar est chargé d’écrire un rapport intermédiaire avec des recommandations concernant la direction de ces négociations. Ce rapport devrait être adopté par le Parlement européen en mars 2019. Juan Fernando López Aguilar a rencontré le ministre d’Etat, Serge Telle, des membres du gouvernement et le directeur des services judiciaires, Laurent Anselmi. L’occasion d’expliquer à ce député européen les « particularités géographiques et démographiques » de Monaco, ainsi que ses « spécificités institutionnelles, économiques et sociales », indique un communiqué du gouvernement. Une délégation du Conseil national menée par le président Stéphane Valeri a également pu rencontrer Juan Fernando López Aguilar. L’occasion pour Valeri de présenter le rôle du Conseil national au sein des institutions monégasques, notamment « sa prérogative constitutionnelle lui attribuant, depuis 2002, le pouvoir de ratification de traités internationaux, lequel s’applique à cet éventuel accord d’association », souligne un communiqué officiel du Conseil national. Après avoir rappelé l’existence de la priorité nationale pour les Monégasques, notamment pour le logement et l’emploi, Stéphane Valeri a cédé la parole à l’élu Thomas Brezzo, qui a jugé « essentiel » la préservation de ce critère de nationalité, qui permet aux Monégasques de « bénéficier d’un accès exclusif à certaines professions réglementées ». Autant de spécificités qui ont été présentées comme étant « non négociables » car elles garantissent la « survie » du modèle monégasque, indique ce même communiqué. « Aujourd’hui, sans traité, notre modèle est une réussite à nulle autre pareille. Il n’y donc aucune urgence. Cette réussite doit être examinée à la lumière de nos spécificités. Les nationaux représentent moins d’un quart de la population. Sans priorité nationale, la majorité des Monégasques ne pourraient plus vivre, ni travailler dans leur propre pays », a insisté Valeri. « Monaco est un pays extrêmement ouvert sur le monde. N’oublions pas que 140 nationalités y vivent et les ressortissants européens représentent plus de 60 % des résidents. De même, les échanges commerciaux s’effectuent principalement avec les pays de l’UE », a souligné l’élu Guillaume Rose. « A l’issue des négociations, nous examinerons avec pragmatisme les avantages pour la principauté et les concessions demandées à Monaco. Notre décision ne sera dictée que par le seul intérêt supérieur du pays et des Monégasques », a promis Stéphane Valeri. R.B.

journalistRaphaël Brun