Décès de Jeanne Augier :
la succession de la propriétaire du Negresco en question

Raphaël Brun
-

Jeanne Augier, la propriétaire du Negresco, s’est éteinte à l’âge de 95 ans, dans la nuit du 7 au 8 janvier 2019. Elle était affaiblie depuis plusieurs années par la maladie d’Alzheimer. Elle vivait au 5ème étage de l’établissement cinq étoiles. Elle avait hérité de son père de ce palace niçois en 1957, dont elle a contribué à faire la renommée. Le 27 mars 2013, en présence de tout son personnel, elle a fêté ses 90 ans et un buste représentant Salvador Dali (1904-1989), hôte fidèle de l’hôtel, lui a été offert. Mais la même année, elle a été placée sous tutelle. Faute de descendants, Jeanne Augier avait créé en 2009 un fond de dotation, appelé Mesnage-Augier-Negresco, qui devrait gérer son patrimoine après sa mort. Les bénéfices doivent permettre de faire fonctionner ce palace niçois. Ils doivent aussi aller au soutien des personnes handicapées, au « rayonnement de l’art français » et à des associations de défense des animaux. Mais la succession de Jeanne Augier promet d’être difficile. En effet, en 2017, le procureur de la République de Nice, Jean-Michel Prêtre, a saisi le tribunal de commerce pour préparer le futur de ce palace. Ce qui a poussé les salariés à se mobiliser pour éviter ce qu’ils estimaient être les prémisses d’une vente. Ils ont obtenu que ce dossier soit finalement traité à Marseille. Une enquête du parquet national financier a été ouverte, pendant laquelle le domicile de Jean-Michel Prêtre, ainsi que son bureau au palais de justice de Nice ont été perquisitionnés le 19 décembre 2018. D’après Le Parisien, les enquêteurs chercheraient à vérifier si, en saisissant le tribunal de commerce, Jean-Michel Prêtre a dépassé ses prérogatives et cherché à favoriser le dossier d’un repreneur pour ce palace. Depuis 2013, le Negresco est géré par une administratrice judiciaire, Me Nathalie Thomas. Ce palace de 124 chambres était estimé à 400 millions d’euros en 2016, sans compter les 6 000 œuvres d’arts que Jeanne Augier collectionnait. R.B.

journalistRaphaël Brun