« Mon message est un cri d’alarme »

Anne-Sophie Fontanet
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Pendant deux ans et demi, le photographe Jean-Charles Vinaj a sillonné la planète pour témoigner de la cohabitation — souvent ratée — entre l’homme et les animaux en voie de disparition. Avec son association Live Together et la fondation Prince Albert   II, il espère parvenir à mobiliser l’opinion publique. Pour Monaco Hebdo, il évoque aussi son projet de tournage d’un documentaire animalier. Rencontre.

« Ma prise de conscience, c’était il y a 15 ans, en Inde. J’y ai vu des dizaines et des dizaines de Jeep qui poursuivaient un tigre. Dès qu’ils voyaient l’animal, les gens l’encerclaient. Je ne m’y attendais pas, et ça m’a fait peur. » Jean-Charles Vinaj est un photographe bien connu à Monaco. Ses clichés saisissent la spontanéité des événements de la principauté. Mais depuis plusieurs années, son regard s’est focalisé sur le monde animalier qui nous entoure. « L’Inde, c’est mon point de départ. Mais j’ai toujours adoré la photographie animalière », résume-t-il. Asie, Afrique, Europe, Amérique du Sud : pendant deux ans et demi, il a parcouru la planète pour photographier des situations locales entre homme et animal. « J’ai vu des gens qui ont des réels besoins. Mon message est un cri d’alarme. La cohabitation est très compliquée mais nous pouvons agir. »

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120 photos

De cet état des lieux, Jean-Charles Vinaj en a tiré 120 clichés qui ont été exposés pendant cinq jours au Grimaldi Forum, fin novembre. Treize pays visités et 17 espèces mises en lumière. La suite logique, c’est un documentaire qui retranscrirait en images la réalité du terrain. « Un documentaire peut-être plus facilement véhiculé qu’une exposition photographique. Son message peut-être plus lisible », assure le photographe. En recherche de financement, l’homme peut déjà compter sur la fondation prince Albert II qui s’est montrée enthousiaste à l’évocation du projet. « Ça a été validé. Maintenant, je voudrais répartir les voyages sur 2019 et 2020 dans une douzaine de pays, avec de nouvelles espèces. Ce documentaire pourrait être diffusé sur plusieurs chaînes et il pourrait donner lieu à des remises de prix », imagine déjà Vinaj.

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L’urgence d’agir

Pour réussir son pari, le photographe souhaite se faire épauler d’un chef de projet et d’une équipe de post-production. L’urgence reste d’agir à ses yeux. « J’ai bien vu que ça avait mal évolué. Dans ma tête, ça a travaillé, il n’est pas possible qu’on en soit là. Ça ne peut plus durer ! De par mon métier, j’ai la chance de pouvoir passer un message à travers l’image. Actuellement, ce sont les jeunes qui peuvent changer le cours des choses. Il faut donc les sensibiliser », insiste Jean-Charles Vinaj. La réaction des visiteurs de l’exposition et la vente d’un livre catalogue de celle-ci sont autant de facteurs encourageants pour lui.

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Namibie et Costa Rica

Pour les mobiliser, il a créé une association, Live Together, qui vient en aide financièrement à plusieurs projets de cohabitation harmonieuse entre l’homme et l’animal. A ce jour, il s’agit déjà d’une aide concrète à la préservation des lions du désert Namib en Namibie. « On va envoyer de l’argent pour la création de grands enclos nouvelle génération pour permettre aux bergers de protéger leurs troupeaux et ainsi de ne plus attaquer les lions. » Il y a aussi ce projet au Costa Rica, où Live Together soutient une association locale en faveur de tortues qui se reproduisent chaque année sur une plage et qui sont menacées par divers ennemis. Notamment les touristes qui viennent les perturber en plein cycle naturel. « L’association se développe grâce à des donateurs et à des bénévoles », souligne enfin ce photographe.

 

+ d’infos sur www.live-together.asso.mc.

journalistAnne-Sophie Fontanet