L’Agora, une maison
diocésaine high-tech

Pascallel Piacka
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Le chantier de l’Agora, la future maison diocésaine de Monaco, touche à sa fin. Le gros œuvre s’est achevé, fin 2017. Et, les travaux d’aménagement seront prêts pour l’inauguration, le 16 novembre 2018, en présence du prince Albert II. Etat des lieux.

Entre la rue Bel Respiro et la rue Bellevue, au numéro 18, se dresse maintenant l’Agora. Cette maison diocésaine a été bâtie en lieu et place de la villa des sœurs du Rosaire. L’édifice de 1 800 m2 a été pensé par Emmanuel Deverini. Cet architecte a voulu réaliser un nouveau lieu culturel, sur les fondations de l’ancienne bâtisse. L’inauguration de l’Agora intervient dans un contexte particulier pour Monseigneur Bernard Barsi, archevêque de Monaco : « La réalisation de la maison diocésaine est un beau cadeau pour ce 18ème anniversaire d’ordination épiscopale ». Parce qu’elle se veut un lieu de rencontre, de dialogue et de débat, cette maison a été baptisée Agora, du nom grec des places publiques.

Pont-de-Beauvoisin

La fin des travaux de l’Agora sonne comme la fin d’un long processus. Ce projet a débuté en novembre 2011, lors d’une assemblée diocésaine au musée océanographique. À l’époque, le constat dressé par monseigneur Barsi était simple : « Notre archidiocèse de Monaco manque d’une maison diocésaine, c’est-à-dire d’un lieu privilégié d’accueil, d’écoute et de prière ». En mars 2012, une rencontre avec la supérieure générale des sœurs du Rosaire a lieu pour boucler l’achat de la villa Roma. La décision de bâtir une maison diocésaine est alors prise. En 2013, les pourparlers s’engagent avec les sœurs du Rosaire. La villa Roma est estimée à 9,5 millions d’euros. En 2014, monseigneur Barsi, accompagné de monseigneur Giuliano, se rendent à Pont-de-Beauvoisin, dans l’Isère, où se trouve le couvent du Saint Rosaire. Un accord de vente à un prix dit « d’Eglise » est conclu pour le rachat de la villa Roma. En mai 2014, le collège des Consulteurs donne son consentement à monseigneur Barsi pour valider cette opération. Enfin, en décembre 2014, le diocèse de Monaco devient propriétaire de la villa Roma.

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Financement

En avril 2015, une campagne est lancée. Pour financer sa nouvelle maison diocésaine, l’archevêché monégasque a recours au financement participatif. Pour cela, le diocèse fait appel à Monaco Crowdfunding. Une première pour l’Eglise Monégasque, couronnée de succès, puisqu’à ce jour, 8 millions d’euros ont pu être récoltés. Juin 2015 marque un tournant : le projet est soumis au conseiller-ministre pour les finances, Jean Castellini et pour l’intérieur, Patrice Cellario. Le soutien de l’Etat est fixé à 2 millions d’euros, pour la gestion future du bâtiment. « Le budget global de la construction s’élève à 12,35 millions d’euros. Nous avons reçu 2 millions de subventions gouvernementales et 8 millions de 300 donateurs. Il nous manquait donc 2,35 millions d’euros. Nous avons donc fait un emprunt de 2 millions d’euros », a précisé Monseigneur Barsi. Le diocèse a donc encore besoin de la générosité pour boucler son budget. « Il nous manque encore quelques centaines de milliers d’euros. En 2019, à la fin de la souscription, nous ferons un parchemin avec l’ensemble des donateurs. Les frais seront couverts par l’Etat. Je garde confiance. Et, pour voir l’œuvre réussir, il ne faut pas avoir les sous en tête », a ajouté l’archevêque de Monaco. En mai 2017, la pose de la première pierre a lieu. Le chantier de gros œuvre prend fin en décembre 2017. Et en juillet 2018, le diocèse réceptionne le bâtiment, ce qui constitue l’épilogue d’un long processus débuté en 2011. En septembre 2018, la première réunion diocésaine a pu avoir lieu avec les prêtres. « Pendant le chantier, il y a eu une belle atmosphère et une envie de travailler. Tous les corps de métiers étaient réunis pour faire de l’Agora, un pôle d’échange et de vivre ensemble. C’est une maison construite avec le cœur », a souligné Julien Gollino, responsable de l’Agora.

« Electronique »

« Les gens se sont donnés à fond pour faire réussir ce projet. Cette maison sera un lieu de rencontre et d’échange, quelle que soit notre foi », a expliqué monseigneur Barsi. « C’est la maison de tous. Il faut montrer à tous que l’Eglise est ouverte. Ce n’est pas une citadelle assiégée », a ajouté l’archevêque. L’Agora sera donc un lieu de rencontre de la foi chrétienne, mais aussi de la culture contemporaine. Bref, ce devrait être une maison ouverte sur le monde, selon les vœux de l’archevêque. Avec l’Agora, le diocèse de Monaco se dote d’un outil moderne de 1 800 m2. Sept étages, deux ascenseurs publics, au départ du boulevard princesse Charlotte, une chapelle de 30 places, cinq salles — pouvant accueillir jusqu’à 130 personnes — dont une salle polyvalente équipée de matériel technique. « Nous avons construit un auditorium doté d’un équipement dernier cri. Nous avons la possibilité de filmer en direct l’ensemble des activités, et des conférences pour une retransmission en “live”. Et, nous avons une gestion électronique des documents depuis 3 ans », a énuméré Ferxel Fourgon, responsable protocole et communication de l’archevêché de Monaco. L’Agora regroupera tous les services du diocèse, mais ne sera pas un lieu de culte. L’équipement numérique internet et téléphonie sera protégé par un firewall, c’est-à-dire un pare-feu et il répondra aux normes sécuritaires de l’Agence Monégasque de Sécurité Numérique (AMSN). Une nouvelle ère pour le diocèse et un nouvel espace de vie à découvrir pour le grand public, le 17 novembre, à l’occasion d’une journée portes ouvertes.

 

journalistPascallel Piacka