Redynamiser le boulevard des Moulins, oui mais comment ?

Anne-Sophie Fontanet
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Cet axe commerçant est en nette perte de vitesse. Elus et gouvernement veulent relancer cette rue, de l’office de tourisme à la place des Moulins. Pour l’heure, rien n’est tranché.

« Le boulevard des Moulins, cet axe commerçant, manque cruellement de vie. » Le constat de l’élue Priorité Monaco (Primo!), Corinne Bertani, ne peut être contesté : le nombre de commerces vides sur cette artère, autrefois bouillonnante de vie, inquiète cette élue. Elle demande donc au gouvernement de tout faire pour restructurer l’intégralité du boulevard, de la place des Moulins à l’office de tourisme. Le sujet est depuis longtemps sur les bureaux de Jean Castellini, conseiller-ministre à l’économie et aux finances, et de Marie-Pierre Gramaglia, conseiller-ministre à l’urbanisme. Le premier l’assume : « Il n’y a pas de réponse immédiate ». Le conseiller Castellini se réjouit quand même de l’implantation d’un nouveau supermarché sur la zone, « un premier exemple de dynamisation », qui doit inciter l’Etat « à poursuivre ».

Office de tourisme

Le gouvernement considère aussi que l’office de tourisme peut se révéler « un emplacement unique, servant l’animation commerciale ». Mais Jean Castellini ne veut pas se précipiter pour plusieurs raisons. D’abord ne pas ajouter un chantier au chantier pour le moment. De plus, le moment n’est pas le bon pour faire disparaître le bâtiment. Les touristes sont toujours accueillis dans ces locaux. Et ce, même si la majorité du personnel administratif et technique a rejoint depuis plusieurs semaines le quartier de Fontvieille, à l’Athos Palace. « Pour l’office de tourisme, la décision n’est pas tranchée. Nous devons réfléchir avant pour savoir si on va le détruire ou le remplacer par un édifice plus conséquent, qui pourrait boucher la vue », considère Castellini. Le Carré d’Or semble déjà bien encombré avec les projets immobiliers en cours de construction qui occasionnent déjà de forts ralentissements sur la route, aux heures de pointe.

Arrêt minute

Pour le vide laissé par plusieurs vitrines de boutiques fantôme, là encore, le gouvernement ne s’est pas décidé. Il hésite entre « des mesures coercitives » et le « respect de la propriété privée ». « Cela fait partie de la réflexion menée par le Welcome Office et l’administration des domaines pour d’avantage de rayonnement de certains emplacements », avance Jean Castellini. Marie-Pierre Gramaglia, conseiller-ministre pour l’équipement, l’environnement et l’urbanisme, a évoqué une étude en cours pour « le développement d’arrêts minute, afin de permettre aux gens de s’arrêter ». Le conseiller de gouvernement en charge de l’urbanisme n’a pas caché son envie de voir la place des Moulins subir « une redynamisation profonde ». Mais, là encore, ce ne semble pas à l’ordre du jour. En cause ? Une servitude de passage qui complique la tâche des services de l’Etat dans sa réflexion.

 

journalistAnne-Sophie Fontanet