Les grandes ambitions du Monaco Basket Association

Anne-Sophie Fontanet
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Doucement mais sûrement, le club — presque exclusivement féminin — du Monaco Basket Association (MBA) se fait une place dans le paysage associatif de la principauté. La saison dernière, son équipe fanion a terminé sixième en National Féminine 1. Désormais, elle vise les play-off d’accession pour la Ligue 2.

La valeur n’attend pas le nombre des années au MBA. Le club présidé par Eric Elena fêtera ses neuf ans le 25 novembre prochain. « On est un jeune club, on monte petit à petit. L’an dernier, en Nationale féminine 1 (NF1), on ne savait pas où on mettait les pieds. Nous avons atteint les huitièmes de finale. On est fiers d’avoir fini 6ème du championnat avec des moyens peu importants », réalise Éric Elena. Mais pour améliorer les performances avec un budget en baisse de 10 % aux alentours de 250 000 euros pour l’année, ainsi qu’un lieu d’entrainement loin des standards des équipes concurrentes à l’Annonciade, l’équipe 1 « doit composer avec la situation ». En cause, selon Eric Elena, le souhait du gouvernement de voir le MBA fusionner avec l’AS Monaco basket. Opération inaboutie qui aurait eu des conséquences sur les subventions accordées au club.

Recrutement

Olga Tarasenko, coach depuis 2014, sera épaulée d’une assistante, Christelle Jouandon. « J’ai commencé en national 3. On monte les marches tout doucement. Il ne faut pas brûler les étapes », insiste-t-elle. Le club a procédé à quatre recrutements : Maïmouna Ba (1,90 m – 22 ans), Noémie Lemaire (1m80 – 31 ans), Léa Guillot (1m66 – 21 ans) et Axelle Rousseau (1m78 – 20 ans). Elles devront permettront aux cinq joueuses en place d’atteindre l’objectif ultime des play-offs, synonyme de possible accession à la Ligue 2. « On espère aussi que les joueuses de l’équipe 2 puissent remonter en équipe première. On souhaite ressouder les joueuses sur le terrain comme dans la vie du club », poursuit Olga Tarasenko. Le coach sait d’avance que la saison ne sera pas simple. « Les autres équipes ont beaucoup de moyens et s’entraînent plus que nous. Toutes nos joueuses travaillent. Nous ne pouvons nous entraîner que le soir et nous n’avons pas de salle à nous. » A raison de quatre entraînements d’une heure trente chacun, les filles se doivent d’être sérieuses et performantes.

« Esprit convivial »

« J’adore cette ambiance de famille. On bosse comme des pros mais on garde vraiment cet esprit. Un club qui a de l’ambition, c’est super important. Financièrement, on ne sait pas où on peut aller. Mais le souhait d’Eric, c’est d’aller toujours plus haut », commente Olga. A ses côtés, Christelle Jouandon, ancien entraineur de Saint-Laurent du Var, semble sur la même longueur d’onde. « Je suis très contente de venir dans ce club. Le MBA cherche à aboutir à quelque chose, en montant en professionnel. Mais il faut garder cet esprit convivial. » Les deux femmes comptent pour cela sur les anciennes, vraies piliers de l’équipe qui accueillent les nouvelles. A commencer par Alexandra Tchangoué (1m80 – 34 ans) qui cumulera les postes de joueuse et de manager général. « Je viens aider à la structuration du club », explique-t-elle. Coralie Magnoni (1m60 – 28 ans), Leslie Fournier (1m84 – 28 ans), Morgane Plestan (1m71 – 30 ans) et Guiday Mendi (1m85 – 32 ans) restent aussi aux couleurs monégasques pour viser le plus haut possible. « On peut trouver une place pour un club d’élite monégasque féminin, car on donne une belle image de Monaco », estime Olga.

140 licenciés

Mais le MBA, ce n’est pas que le haut niveau. C’est aussi une école de basket qui fonctionne depuis 6 ans. Près de 140 licenciées en provenance de Monaco, Beausoleil, Roquebrune-Cap-Martin et même Beaulieu-sur-Mer s’entraînent chaque semaine. Exception faite pour une équipe de garçons, le club n’est constitué que de filles. « L’an dernier, deux de nos joueuses de 13 ans ont été sélectionnées en équipe régional Côte d’Azur. Ce qui prouve bien qu’on travaille dans la bonne direction », se réjouit Eric Elena. « Ce n’est pas forcément facile de faire venir des jeunes filles car elles connaissent surtout l’ASM Basket. Mais ça se voit qu’on avance. Pour un petit club, nous avons tout de même quatre entraîneurs, avec les plus hauts diplômes français », ajoute Olga Tarasenko.

Titiller les sommets

L’équipe de NF1 n’a pas démérité lors de son premier match de la saison contre le FC Lyon Asvel Féminin, samedi 15 septembre. Sur leur parquet, les Lyonnaises remportent le match 56 à 52. Les Monégasques se retrouvent 7ème sur 12 du classement. A côté du championnat, le MBA rêve toujours d’un beau parcours en Coupe de France et de participer pourquoi pas une deuxième fois, à la finale du trophée à l’Accor Hotel Arena de Paris. Et puis, dans la section amateur, le club compte tout particulièrement sur la pré-nationale féminine bien renforcée à l’intersaison et emmenée par Christelle Jouandon pour atteindre la Nationale 3. L’équipe Seniors 3 évoluant actuellement en département, visera la montée en région. Enfin les jeunes filles de la MBA School réparties dans quatre équipes (des U7 jusqu’aux U17), continueront leur apprentissage au sein de leur championnat respectif, lors des concentrations de joueuses et des stages de perfectionnement. Les ambitions légitimes du MBA semblent à portée de main. La neuvième saison du MBA titillera-t-elle les sommets ? Le club arrivera-t-il à installer durablement son équipe dans le paysage du basket féminin français ? Joueuses, coachs et dirigeants en sont convaincus.

 

journalistAnne-Sophie Fontanet