Dépenses de campagne :
le compte est bon

Sophie Noachovitch
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Dans le journal officiel du 3 août 2018, les rapports de la commission de vérification de compte de campagne valident les dépenses des trois listes participantes à l’élection nationale du 11 février 2018. Décryptage.

Les trois listes Union monégasque (UM), Horizon Monaco (HM) et Priorité Monaco (Primo !) sont restés dans les clous. La commission de vérification des comptes de campagne, réunie le 18 juillet, a validé les comptes de la campagne nationale 2018 qui a vu le renouvellement, le 11 février 2018 du Conseil national (1). Le plafond de dépenses autorisé a été fixé à 320 000 euros par l’arrêté ministériel n° 2017-765 du 19 octobre 2017.

Priorité Monaco

Pour Priorité Monaco (Primo !), la commission de vérification des comptes de campagne a vu sa tache compliquée par l’existence de deux comptes différents qui ont servi à la gestion des finances du groupe élu majoritairement au Conseil national. En effet, un premier concernait les dépenses de la liste des candidats et un second l’association Primo !. « Le rapport du mandataire financier aurait dû expliquer avec plus de précision le rôle de l’association au cours de la campagne », précise le rapport de la commission. En effet, l’association a avancé les premiers frais de campagne, mais a aussi payé des dépenses de campagne, ensuite remboursées par le mandataire financier de la liste, est-il détaillé. Après vérification, la commission indique que l’ensemble des dépenses et des justificatifs apportés sont « conformes aux dispositions de l’article 8 de la loi ». Ainsi, le compte de campagne de Primo ! fait apparaître 320 000 euros de recettes et 309 693,24 euros. Cette dernière somme a été ramenée à 310 000 euros, en raison des frais bancaires qui n’y avaient pas été inclus. La liste Primo ! a financé sa campagne par le biais de 120 000 euros issus des versements des 24 candidats de la liste (5 000 euros chacun) et par un emprunt bancaire de 200 000 euros contracté auprès de la Compagnie monégasque de banque (CMB). Entre outre, les 1 113 adhésions des sympathisants Primo ! ont permis de réunir 54 200 euros : les adhésions vont de 10 à 10 000 euros. Une association a également offert un don de 10 000 euros à cette liste. Les dépenses de campagne se divisent en huit postes différents : 4 421,61 euros pour l’achat de matériels, fournitures et marchandises, 964,29 euros pour de la location immobilière, 47 580 euros pour l’emploi de personnel salarié, intérimaire ou recruté spécifiquement pour la campagne, 12 735,42 euros pour les honoraires et conseils en communication, 198 856,58 euros pour les réunions publiques, 688,56 euros pour les frais de réception, 41 261,01 euros pour les frais postaux et de distribution et 3 185,77 euros pour des dépenses diverses. A noter que la commission a ajouté à ces dépenses déclarées la somme de 1 470 euros pour un buffet « entrées et désserts » non inclus par le mandataire financier dans la somme totale des dépenses, parce qu’il s’était déroulé sans électeur. La commission de vérification des comptes de campagne a également ajouté aux dépenses de campagne les honoraires de l’expert-comptable de 960 euros, amenant ainsi le total à 312 123,24 euros.

Horizon Monaco

Horizon Monaco (HM), dont deux élus, Béatrice Fresko-Rolfo et Jacques Rit, ont obtenu un siège au Conseil national, a dépensé 313 014,86 euros sur son compte de campagne. La commission de vérification des comptes de campagne précise que dans sa déclaration HM avait indiqué des dépenses de l’ordre de 307 020,86 euros, omettant celles acquittées par la formation politique HM de 5 994 euros, qui ont été ajoutées au total par la commission. Cette somme a été financée par un don de 17 000 euros émanant de la formation politique HM et par les versements personnels des candidats pour 290 000 euros, auxquels s’ajoutent 5 994 euros de dépenses payées directement par la formation politique HM. Dans son rapport publié au Journal de Monaco, la commission n’a cependant pas précisé le détail des postes de dépenses de la liste présidée par Béatrice Fresko-Rolfo. La commission indique avoir pu « constater que le rapport fait apparaître que les trois postes les plus importants en matière de dépenses ont été constitués par les “réunions publiques”, les “honoraires et conseils en communication” et les frais “d’achats de matériels, fournitures et marchandises” et de “réception” ». Les frais liés aux trois réunions publiques HM constitueraient ainsi 80 % des dépenses de campagne de cette liste.

Union Monégasque

Union monégasque (UM), dont seul la tête de liste, Jean-Louis Grinda, a été élu conseiller national, a vu valider les dépenses de sa campagne à hauteur de 212 626,76 euros. Ce montant a été financé par les versements personnels de candidats au mandataire financier (2) pour 172 702,50 euros, par des dons d’un montant total de 40 000 euros (dont 8 000 euros issus de donateurs privés et 32 000 euros de l’association « groupe politique Union monégasque »). Le total de ces financements s’élève à 212 702,50 euros. Les dépenses de campagne d’UM se divisent en sept postes : 1 761,48 euros pour l’emploi de personnel salarié, intérimaire ou recruté spécifiquement pour la campagne, 147 614,27 euros pour des honoraires et conseils en communication, 2 204,86 euros pour les transports et déplacements pendant la campagne, 29 800 euros pour des réunions publiques, 4 066,60 euros pour les frais de réception, 26 968,30 euros pour les frais postaux et de distribution et enfin 211,25 euros destinés à des dépenses diverses. La commission ayant validé l’ensemble des comptes des trois listes, elles se verront donc rembourser leurs dépenses de campagne.

 

(1) Les trois rapports ont été publiés en annexes du Journal de Monaco n° 8393 du 3 août 2018.
(2) Chaque liste a obligation, selon la loi n° 1389 du 2 juillet 2012, de nommer un mandataire financier chargé de gérer son compte de campagne.

journalistSophie Noachovitch