Affaire Rybolovlev-Bouvier
Le prince Albert répond
au JDD et à France 3

Raphaël Brun
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Après la diffusion de l’émission de France 3, Pièces à conviction, et de plusieurs articles du Journal du Dimanche (JDD) début juillet, le prince Albert II a réaffirmé sa confiance en la justice monégasque.

L’émission Pièces à conviction, présentée par Virna Sacchi, et diffusée le 4 juillet 2018 sur France 3, intitulée Monaco : qui fait la loi sur le Rocher ?, a suivi de quelques jours seulement la « une » du Journal du Dimanche (JDD), consacrée au même sujet : la justice en principauté, notamment à travers le prisme de l’affaire Rybolovlev-Bouvier. Cette enquête de 52 minutes, réalisée par les journalistes Pascal Henry et Stéphane Girard, a au moins autant alimenté les discussions en principauté que les articles du JDD (lire Monaco Hebdo n° 1068) rédigés par le journaliste Hervé Gattegno et publiés, quelques jours plus tôt, le 1er juillet.

« Décrédibiliser »

Le 8 juillet, soit très exactement une semaine après la publication du JDD, le prince Albert a décidé de s’exprimer à travers un communiqué officiel : « Au terme d’une semaine marquée par la mise en cause de la principauté par certains articles de presse et émissions de télévision de médias français, le palais princier déplore des présentations de Monaco visant à décrédibiliser ses institutions. » Les deux enquêtes du JDD et de France 3 prennent pour caisse de résonance l’affaire qui oppose, entre autres devant la justice monégasque, le milliardaire russe et patron de l’AS Monaco, Dmitry Rybolovlev, et le marchand d’art suisse, Yves Bouvier. Le JDD et France 3 mettent en avant une supposée collusion, qui aurait conduit à une série d’arrangements en faveur du propriétaire de l’ASM, qui accuse Bouvier de lui avoir surfacturé une série de d’œuvres d’art à hauteur d’un milliard d’euros.

Notes confidentielles

Le JDD a révélé des notes confidentielles rédigées par le ministre d’Etat, Serge Telle à l’attention du prince Albert II, mais aussi des propos de l’ex-procureur général Jacques Dorémieux concernant l’ancien directeur des services judiciaires, Philippe Narmino. Sans oublier d’autres propos qui auraient été tenus par des membres du gouvernement, ou encore des SMS récupérés par les enquêteurs et le juge Edouard Levrault sur le portable de l’avocate de Rybolovlev, Tetiana Bersheda. Autant d’éléments divulgués qui ont amené Albert II à « regretter la divulgation et l’exploitation partiale d’éléments relevant du secret de l’instruction, seul à même de garantir à tous les justiciables un traitement juste et égal. »

« Loyauté »

La tension est palpable, désormais. Dans ce contexte, le prince Albert a donc renouvelé son « attachement à l’indépendance de la justice monégasque, constitutionnellement garantie, ainsi que sa confiance en son bon fonctionnement. Il réaffirme sa volonté que celle-ci exerce toujours ses missions de manière sereine et impartiale. » Albert II a également tenu à réexprimer sa « confiance en la police de la principauté et en ses personnels, ainsi qu’en la loyauté de l’administration monégasque. » Une confiance renouvelée, pour tenter de trouver un peu de sérénité dans une période plus que troublée par une affaire Rybolovlev-Bouvier qui n’en finit pas d’éclabousser l’image de la principauté. Ce qui a fait réagir Albert II de façon énergique : « Le prince tient à rappeler avec force que la principauté est un Etat de droit dont les actions sont conformes aux standards internationaux et reconnues par les organismes compétents. »

 

journalistRaphaël Brun