Rana, la tortue caouanne,
remise à la mer

Sophie Noachovitch
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C’était une toute petite tortue qui a parcouru beaucoup de chemin. Car après avoir été retrouvée quasiment morte le 9 avril 2014 flottant dans le port de Monaco, la tortue caouanne, baptisée Rana du nom de sa marraine, une jeune élève passionnée de biologie marine, a pu être remise dans son élément naturel le 19 juin 2018. Lorsqu’elle a été découverte il y a quatre ans, l’animal était très affaibli et ne mesurait qu’une dizaine de centimètres de long. Confiée aux équipes du musée océanographique, elle a été soignée et suivie de près. Le 19 juin, le navire du musée a quitté le port de Fontvieille emportant à son bord une Rana qui fait aujourd’hui 53 cm de long et plus de 20 kg. Elle a été remise en mer à cinq milles des côtes. Equipée d’une caméra et d’une balise GPS du CNRS, la tortue a alors entamé sa migration… le long des côtes de la French Riviera, au lieu de s’éloigner vers le large, comme le font habituellement ses congénères. C’est d’ailleurs à cette trajectoire inhabituelle que l’on doit la perte — temporaire — de la caméra du CNRS qui s’est automatiquement détachée de son dos, 24 heures après son départ. L’engin a été retrouvé, le 26 juin dernier, par un habitant de Beaulieu-sur-Mer, dans le port de la commune. Rana a poursuivi sa route et se trouve, à l’heure où nous bouclons ce numéro, le 3 juillet 2018, près de l’île de Port-Cros. Il est possible de suivre sa migration sur le site internet du musée océanographique : http://www.institut-ocean.org/suivi/. Cette aventure est l’occasion pour le musée océanographique de souligner combien les tortues marines, espèce protégée, sont menacées par l’activité humaine. Braconnage, urbanisation, collisions avec les navires mais aussi pollution, en particulier plastique, les menacent. L’institut océanographique consacre ainsi un programme complet à ces tortues, avec la création d’un centre de soins pour recueillir et soigner les tortues blessées, avant de les relâcher en milieu naturel. La clinique et le bassin de réhabilitation, dont les travaux ont débuté en octobre 2017, devraient être terminés au premier trimestre 2019.

journalistSophie Noachovitch