« La majorité du Conseil national
restera vigilante »

Raphaël Brun
-

Alors que la Société des Bains de Mer (SBM) vient d’annoncer de nouvelles pertes à hauteur de 27,1 millions d’euros, la relance du secteur des jeux anime toujours les débats. Du côté des élus du Conseil national et de Priorité Monaco (Primo!) on attend que ce sujet devienne davantage central dans la stratégie de cette entreprise.

La SBM va lancer une école des jeux ?

Comme annoncé suite à la demande du nouveau Conseil national, lors de la première réunion mixte tripartite gouvernement-Conseil National-Société des Bains de Mer (SBM), une école de jeux concernant une douzaine de jeunes monégasques se déroulera dès la rentrée de septembre 2018. C’est avec satisfaction que la majorité Priorité Monaco (Primo!) accueille cette mesure concrète, qui fait partie de son programme politique, validé par le vote des Monégasques.

Il y avait une véritable attente ?

Cette annonce par la SBM, dont le rôle social est un point essentiel du cahier des charges en contrepartie du monopole des jeux, correspond en effet à la mesure n° 41 du programme de Primo!.

Votre réaction ?

Les élus de la majorité se félicitent de cette avancée, qui donne un bon signal pour l’avenir de nos jeunes compatriotes. Les nouvelles générations doivent pouvoir continuer de trouver des emplois de qualité et bien rémunérés au sein d’un secteur des jeux, auquel il faut donner enfin les moyens de ses ambitions.

Quelle sera votre attitude vis-à-vis de la SBM ?

La majorité du Conseil national restera vigilante pour que la relance des jeux soit plus globalement au cœur des priorités de l’Etat actionnaire et majoritaire de la SBM.

Le président délégué de la SBM, Jean-Luc Biamonti a détaillé une partie de sa stratégie de relance pour les jeux (1) : qu’attendez-vous de la part de cette entreprise, désormais ?

Ce que nous demandons c’est que la relance des jeux soit au centre de la stratégie de l’entreprise. Cela n’a pas été le cas ces dernières années, l’immobilier ayant été privilégié, tant dans l’énergie des dirigeants, que dans les investissements de l’entreprise. Désormais, il faut que des moyens suffisants et importants soient mis en place pour le marketing des jeux, avec l’augmentation des budgets invitations et les créations de postes nécessaires.

Quelles autres mesures vous semblent nécessaires ?

Il faut aussi que des mesures spécifiques soient établies, en lien avec les nouveaux profils de joueurs et avec les nouvelles pratiques concurrentielles en ce domaine. Il s’agit là d’un investissement stratégique, que nous estimons nécessaire, urgent et rentable dans la durée pour la pérennité de ce cœur de métier historique de la SBM.

Un exemple d’action à mener ?

Par exemple, mais pour cela il faut changer de logique stratégique, nous soutenons la demande des dirigeants de la SBM de ne plus tenir compte des remises clients dans le calcul de la redevance, qui, pour le moment, a été refusé par le gouvernement. Il s’agit là aussi d’un investissement rentable à terme pour le budget, une fois la relance des jeux confirmée par des volumes de chiffres d’affaires à nouveau dignes de la SBM.

Pourquoi ?

Parce que cette mesure renforcera l’attractivité de nos casinos par rapport à la concurrence internationale, en permettant à la SBM de pratiquer des taux de remises plus intéressants pour les clients. Nous devons tendre à nouveau vers des niveaux d’activité conformes à la qualité unique de nos établissements et au savoir-faire de nos employés de jeux.

 

1) Lire notre article sur la relance des jeux, avec le point de vue du président-délégué de la SBM, Jean-Luc Biamonti, dans ce numéro de Monaco Hebdo.

journalistRaphaël Brun