Coupe du monde 2018 en Russie
« La Russie pourrait laisser s’exprimer certains opposants »

Raphaël Brun
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Une Coupe du monde de football, ça n’est pas que du sport. Instrument de “soft power”, la Coupe du monde 2018 doit aussi être une vitrine pour la Russie de Poutine. Les explications de Jean-Baptiste Guégan, spécialiste de la géopolitique du sport et auteur de Géopolitique du sport, une autre explication du monde(1).

À part du football, qu’est-ce qui va se jouer en Russie du 14 juin au 15 juillet ?

La première chose qui va se jouer, c’est l’attribution de la Coupe du monde 2026. Les candidatures marocaines et nord-américaines sont au coude à coude. Autre enjeu : le sort du président de la FIFA, Gianni Infantino. Il dirige cette institution depuis février 2016, mais si le Maroc obtient la Coupe du monde 2026, il sera en grand danger. Car il lui sera très difficile de faire face à une nouvelle défaite américaine. En décembre 2010, les Etats-Unis ont été très fâchés d’avoir perdu face au Qatar, pour l’obtention de la Coupe du monde 2022. Depuis, les Etats-Unis ont mis une telle pression que Gianni Infantino joue plus encore qu’une simple attribution de Coupe du monde. Enfin, il y a aussi la question des revenus de la FIFA. Car la FIFA fait tout pour gagner plus.

Une Coupe du monde de football, ça représente quoi pour le pays qui l’organise en termes d’images, de “soft power” et de symbolique ?

Il y a bien sûr l’image internationale de la Russie qui est en jeu, ce que l’on appelle le “nation branding”. Ce pays est confronté à une image internationale qui est dévalorisante. Aujourd’hui encore, quand on pense à la Russie, on pense à l’effondrement post-URSS, à un régime autoritaire et aux interventions en Crimée, au Donbass ou en Syrie, sans parler de l’affaire Skripal (2). Les sanctions internationales se multiplient pour une Russie qui se retrouve aujourd’hui relativement isolée, alors qu’elle aimerait le contraire. Du coup, cette Coupe du monde est l’occasion de présenter une autre image de la Russie, en proposant un autre “storytelling” [narration — N.D.L.R.]. C’est-à-dire donner au monde une autre manière de raconter l’histoire russe.

Il y a aussi des enjeux économiques pour la Russie ?

Oui, et ils ne sont pas nécessairement reliés directement à la Coupe du monde, en elle-même. Ils seront plutôt liés aux conséquences de cette manifestation. En effet, la Russie veut profiter de ce Mondial pour développer son tourisme. Alors que ce pays possède un patrimoine phénoménal, il n’attire pas plus de touristes que l’Autriche. De plus, comme on ne peut pas bloquer les mouvements de personnes, le touriste présente l’avantage de pouvoir passer à travers les sanctions internationales. Enfin, il y a aussi la question de l’aménagement du territoire.

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C’est-à-dire ?

Les villes choisies pour accueillir cette Coupe du monde n’avaient pas obtenu de grands projets d’aménagements depuis l’effondrement de l’URSS. Vladimir Poutine a fait la même chose avec les Jeux Olympiques (JO) de Sotchi en février 2014 : l’idée, c’était alors de développer l’ouest de la Russie, notamment des villes comme Saransk, Samara ou Ekaterinbourg. Ce qui permet de les inscrire sur la carte du monde. Si la Russie est capable d’attirer des touristes, elle sera aussi capable d’attirer des investisseurs et de grandes entreprises qui réaliseront ce que l’on appelle des investissements direct à l’étranger (IDE). Bref, de quoi redynamiser une économie russe qui a souffert ces deux dernières années, même si elle est sortie de la récession et qu’elle profite de l’envolée des prix du pétrole. Mais cette situation n’est pas forcément pérenne.

La Russie en a aussi profité pour développer ses infrastructures ?

Le pays a construit ou amélioré ses infrastructures de transport, ce qui va améliorer la vie des Russes. Ils ont mis en place des lignes à grande vitesse qui divisent par deux, voire par trois, les temps de trajet entre les grandes villes.

 

« Cette Coupe du monde est l’occasion de présenter une autre image de la Russie, en proposant un autre “storytelling” [narration — N.D.L.R.]. C’est-à-dire donner au monde une autre manière de raconter l’histoire russe »

 

À travers cette Coupe du monde, que va chercher à montrer la Russie au reste de la planète ?

La Russie veut montrer au reste du monde qu’elle compte vraiment parmi les grandes puissances mondiales. Or, aujourd’hui, pour jouer dans la cour des grands, il est absolument indispensable d’être une puissance sportive. Ce qui signifie, organiser, participer et gagner. La Russie a rempli ce triptyque. Elle a développé un concept de puissance sportive. Le sport est une vitrine qui permet aussi d’exacerber la fierté nationale. De plus, cela favorise le discours du président Vladimir Poutine sur le multilatéralisme. Aujourd’hui, nous sommes dans un monde fortement dominé par les Etats-Unis, où la Chine concurrence fortement le pays de Donald Trump. Mais la Russie veut aussi sa part.

Quel est l’impact politico-médiatique d’une Coupe du monde de football par rapport aux Jeux Olympiques ?

Par rapport aux JO d’hiver de Sotchi en 2014, c’est très différent. Les JO d’hiver, c’est une soixantaine de fédérations du monde entier qui se déplacent et le monde entier qui regarde. Le 100 mètres et la cérémonie d’ouverture des JO sont les événements les plus regardés au monde. Les JO, c’est l’équivalent d’une quarantaine de championnats du monde. Mais cela reste des championnats du monde de second rang par rapport à la première manifestation sportive mondiale qu’est la Coupe du monde de football. Car le football, c’est le premier sport mondial, tout continent confondu.

Depuis l’affaire Skripal (2), les relations entre le Royaume Uni et la Russie sont tendues : à quoi faut-il s’attendre ?

L’affaire Skripal a provoqué un refroidissement et un durcissement des relations entre les Occidentaux et la Russie. Mais il n’y a pas eu de rupture de ces relations. En revanche, il y a eu beaucoup d’effets de communication. Par exemple, les Anglais ont décidé de ne pas envoyer le prince Charles et les officiels de premier rang en Russie. Pendant que la Russie a annoncé l’expulsion de 23 diplomates britanniques et l’arrêt des activités du British Council en Russie.

Il faut s’attendre à d’autres réactions du même genre ?

Pour les premiers tours, pour ne pas cautionner le régime de Vladimir Poutine, il faut s’attendre à ce que ni Emmanuel Macron, ni Angela Merkel ne soient présents. Macron a d’ailleurs dit aux joueurs de l’équipe de France, qu’une Coupe du monde réussie, c’était une Coupe du monde gagnée. Et qu’il se déplacerait en Russie pour les voir jouer à partir des quarts de finale. Mais, en cas de bon parcours d’un pays, il faut s’attendre à voir tous les hauts dignitaires étrangers arriver en Russie, car ils incarnent la nation. Et donc, ils en profitent aussi politiquement.

Pourquoi les Anglais n’ont pas boycotté cette Coupe du monde ?

Parce qu’en Angleterre, le football est une religion. Il était donc impossible d’empêcher la sélection de Gareth Southgate d’aller jouer en Russie. De plus, politiquement, si Theresa May n’envoie pas l’équipe d’Angleterre en Russie, la presse risque de s’acharner sur elle. Or, sa position politique est instable, et ce serait offrir une belle occasion à ses adversaires de marquer des points. Enfin, d’un point de vue économique cette fois, les médias anglais, le groupe Murdoch et les autres, ont besoin de cet événement pour doper leurs chiffres d’affaires.

Il y a déjà eu des boycotts dans une Coupe du monde de football ?

C’est arrivé une seule fois. L’URSS a refusé d’aller jouer contre le Chili, le 21 novembre 1973, à cause du coup d’Etat de Pinochet et de sa prise de pouvoir. Il s’agissait d’un match de qualification pour la Coupe du monde 1974. Depuis, il n’y a pas eu d’autres boycotts.

Quel est l’impact de l’annulation du match de préparation pour la Coupe du monde Israël-Argentine, qui devait se dérouler à Jérusalem ?

Au départ, ce match devait se dérouler à Haïfa, une ville du nord d’Israël. La ministre des sports d’Israël a voulu récupérer politiquement la venue de l’Argentine, notamment pour cautionner la reconnaissance par les Etats-Unis du statut de Jerusalem comme capitale israélienne. Du coup, le match a été déplacé à Jerusalem. Les Argentins ont accepté, ce qui a provoqué de fortes réactions de l’Etat palestinien. On a ensuite assisté, que ce soit du côté israélien ou du côté palestinien, à une instrumentalisation politique. Du coup, l’équipe d’Argentine s’est retrouvée bien embarrassée.

Comment s’est soldé cet épisode ?

Au regard du droit international, Jerusalem est une capitale internationale depuis 1948 et elle ne peut donc pas être reconnue comme la capitale d’Israël. Les Palestiniens, et notamment les plus radicaux d’entre eux, ont menacé l’équipe d’Argentine, tous les Argentins et leurs familles. Aucune solution n’a pu être trouvée, donc le match a été annulé. La fédération palestinienne s’est réjoui de cette situation. La fédération israélienne a déposé plainte devant la FIFA.

La réaction de la FIFA ?

La FIFA ne s’est pas exprimée, alors qu’elle aurait au moins pu rappeler que le sport doit être et rester apolitique. Car le sport est devenu un moyen de reconnaissance internationale. L’ONU ne reconnaît pas à la Palestine le statut d’Etat et de membre permanent. Du coup, depuis quelques années, les Palestiniens ont décidé d’investir le champ du sport. Ce qui leur permet de faire valoir leur indépendance. Et dans ce cas, de faire échec à Israël.

On n’a pas entendu le joueur argentin, Lionel Messi dans cette affaire ?

Non, et cela s’explique très bien. Lionel Messi est l’un des plus grands joueurs de l’histoire. Et c’est aussi le porte drapeaux de beaucoup de marques globales. Depuis décembre 2017, Lionel Messi est sponsorisé par une start-up israélienne (3). Il ne peut donc pas se permettre d’être accusé d’antisémitisme ou d’être complice de l’Etat palestinien. Il est donc resté dans une réserve totale. Car les intérêts de Messi ne sont pas les intérêts des deux protagonistes, qui ont essayé de jouer avec l’équipe d’Argentine.

Que craint le plus Vladimir Poutine pendant ce Mondial ?

Le premier enjeu pour Poutine, c’est la sécurité. Car on a un peu trop tendance à oublier que la Russie a été au moins autant touchée que la France par le terrorisme. Cependant, la Russie pourrait laisser s’exprimer certains opposants.

 

« Juste avant les JO de Sotchi, des Femen ont été libérées. Tout le monde est un peu resté là-dessus, en oubliant que, trois mois auparavant, les autorités russes avaient emprisonnés des centaines d’opposants »

 

Pourquoi ?

Juste avant les JO de Sotchi, des Femen ont été libérées. Tout le monde est un peu resté là-dessus, en oubliant que, trois mois auparavant, les autorités russes avaient emprisonné des centaines d’opposants. Du coup, on peut penser qu’un espace d’expression sera laissé aux opposants. Notamment chez les Occidentaux, proches des milieux gays, ou ceux qui veulent faire entendre la liberté de la presse. Parce que c’est un moyen de montrer au monde que la Russie a changé et qu’elle est plus ouverte, désormais.

Il y a aussi la question du racisme dans les stades ?

Le racisme existe en Russie. On a posé la question à l’ancien joueur de l’AS Monaco, Sébastien Puygrenier qui a joué au Zénith Saint-Pétersbourg de 2008 à 2011, à l’entraîneur Rolland Courbis ou à Djibril Cissé qui a joué en 2013 au Kouban Krasnodar. Tous nous l’ont confirmé. Mais quand on en parle avec des spécialistes du « supportérisme » en Russie, ou avec les membres de lucarne-opposee.fr ou de footballski.fr, ils estiment que cette réalité n’est pas vraie partout. Tous indiquent que le régime a clairement demandé à ce que ces débordements s’arrêtent. D’abord parce que la Russie est sous la menace de la FIFA, mais aussi des annonceurs. Ensuite, il y a aussi les retombées en termes d’images. Une campagne de communication a déjà été lancée sur place. Pendant les matches, en cas de dérapages, comme des cris de singe ou autres, il se peut que les fautifs soient expulsés du stade. Autre solution qui pourrait être mise en œuvre : que la télévision mette ses micros d’ambiance à l’extérieur du stade. En cas de problème, l’objectif sera de le minimiser.

Après les bagarres à Marseille pendant l’Euro 2016 entre des supporters russes et anglais, faut-il craindre que les Anglais viennent régler leurs comptes en Russie ?

Pour éviter ça, il y a Interpol et des accords bilatéraux entre les polices. Les supporters anglais risquent d’abord d’être empêchés de sortie du territoire. S’ils parviennent à sortir, ils seront ensuite pris en charge par les services de sécurité russe. Ensuite, les Russes ont lancé le “fan ID”, une sorte de “pass” destiné aux supporters titulaires de billets pour la Coupe du monde et qui donne accès aux transports en commun et permet d’entrer en Russie sans visa. Ce “fan ID” permet de savoir qui sont les supporters, de gérer les flux et surtout, de les contrôler.

La Russie a agi face à ses fans les plus violents ?

Les supporters russes les plus radicaux ont été prévenus qu’aucun débordement se sera toléré. Et qu’il y aurait, si besoin, une répression féroce, parce que c’est l’image internationale de la Russie qui est en jeu. Pour le moment, ça marche. Il n’y a pas eu de violences pendant la Coupe des confédérations qui s’est déroulée en Russie, en juin et juillet 2017. Enfin, les stades seront transformés en bunker, avec une zone de sécurité d’un kilomètre autour du stade et une forte présence policière et militaire dans les villes. Tout a été mis en œuvre pour qu’il ne se passe rien. S’il y a des bagarres, elles auront lieu en dehors des villes. Et je ne serai pas surpris qu’il n’y ait aucune vidéo.

La Russie attend quoi de son équipe nationale ?

Dans le cadre de notre livre Football Investigation, les dessous du football en Russie, on a pu interroger le nouvel ambassadeur russe en France, Alexeï Mechkov. Sportivement, le pouvoir politique n’attend rien de sa sélection. Il attend juste que les joueurs soient à la hauteur de la Russie et qu’ils rendent le peuple fier. Si la Russie se qualifie pour le deuxième tour, ce sera le plus haut niveau espéré par le régime et le but aura été atteint. En huitième de finale, ils joueraient contre l’Espagne ou le Portugal. La défaite a déjà été anticipée, les éléments de communication sont prêts.

Quel poids diplomatique a le football aujourd’hui ?

Aujourd’hui, le football représente un véhicule diplomatique fort. C’est le seul moment où les pays se réunissent et pendant lequel les joueurs portent les symboles de l’Etat et de la nation dans un stade. Ils chantent l’hymne national, ils portent l’emblème et les couleurs de la nation. Ce sont, en quelque sorte, des militaires. Le directeur général de l’Institut de recherches internationales et stratégiques (Iris), Pascal Boniface, dit qu’une nation, c’est un peuple, une histoire, une culture commune et une équipe de football. Cette formule est très juste.

Quels sont les pays qui misent le plus sur le football d’un point de vue diplomatique ?

On peut citer Monaco. La stratégie mise en place autour du football par Monaco fonctionne. La Principauté utilise ce sport pour être vu à l’extérieur et montrer une image positive. À une autre échelle, la Chine a déployé des milliards d’euros et affiche l’une des stratégies les plus ambitieuses au monde pour développer le football. En Chine, on ne peut pas dissocier le pouvoir politique du pouvoir économique.

Comment sont répartis les rôles ?

Les grands groupes qui ont investi dans le football, comme Alibaba.com, l’ont fait à la demande avec le pouvoir central communiste. L’objectif, c’est de travailler à ce que veut le président XI Jinping : la construction d’une image chinoise internationale positive. La Chine a développé une classe moyenne qui regroupe environ 300 millions de personnes et qui a envie de se divertir. Du coup, ils sont en train de développer une offre de spectacle sportif local et national. Pour répondre à cela, rien de tel que le football. L’idée, c’est aussi de développer une économie tertiaire, de services donc, autour du sport. Et puis, il y a toujours cette volonté de donner au peuple « du pain et des jeux » pour le divertir, et éviter ainsi que ces Chinois ne s’engagent politiquement.

La Chine aura donc besoin d’organiser la Coupe du monde en 2026 ?

Comme la Chine savait que les Etats-Unis étaient aussi intéressés, ils ont refusé d’être candidat pour la Coupe du monde 2026. Car ils n’ont pas voulu rejouer la grande opposition du XXIème siècle, Chine-Etats-Unis. Les Chinois ont donc misé sur l’édition 2030. Mais cela suppose un grand choc, difficile à gérer, face à la candidature conjointe de l’Uruguay et de l’Argentine. Une partie de la Confédération sud-américaine de football (CSF ou CONMEBOL) et la Confédération de football d’Amérique du Nord, d’Amérique centrale et des Caraïbes (Concacaf) ont d’ores et déjà dit qu’ils soutiendraient la candidature de l’Argentine et de l’Uruguay. Il y a donc déjà un positionnement du continent américain contre la candidature chinoise.

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« Il y a toujours cette volonté de donner au peuple « du pain et des jeux » pour le divertir, et éviter ainsi que ces Chinois ne s’engagent politiquement »

 

Il y a d’autres pays, encore ?

Ensuite, il y aussi les Emirats Arabes Unis et le Qatar, deux pays qui font la course aux investissements. Les Emirats Arabes Unis agissent de façon plus discrète. Ils injectent de l’argent dans le club de Manchester City, au nom de certains membres de la famille royale. Le football a ainsi permis aux Emiratis de se rapprocher des pouvoirs économiques et politiques de Manchester, mais aussi de Londres. Ce qui leur a permis d’avoir des informations de première importance sur des opportunités immobilières, financières et capitalistiques.

Et le Qatar ?

Le Qatar est très démonstratif, puisqu’ils sont prêts à accueillir la Coupe du monde 2022, quel qu’en soit le coût. Ils ont aussi dépensé 1,5 milliard d’euros dans le Paris Saint-Germain (PSG). Le Qatar agit ainsi pour se défendre, car ils sont dans un contexte géostratégique compliqué. Or, le football leur donne de la visibilité et leur permet de faire connaître leurs opinions à l’international. Il y a 20 ans, personne ne savait vraiment où se trouvait le Qatar. Les choses ont bien changé…

Le football permet aussi à des pays de sortir de certaines crises ?

En août 2017, en achetant Neymar, le Qatar a réussi à se sortir de la crise internationale dans laquelle ils étaient plongés. En effet, en juin 2017, les Emirats Arabes Unis, l’Arabie Saoudite, le Bahreïn, l’Egypte et le Yémen ont rompu leurs relations diplomatiques avec le Qatar. Un blocus aérien et terrestre a été mis en place le 5 juin 2017 et un plan d’invasion a même été rendu public par les Emirats Arabes Unis, avec le soutien de l’Arabie Saoudite.

Quel rapport avec Neymar ?

Pour reprendre la main dans le cadre de cette crise du golfe, le Qatar et le PSG ont acheté Neymar pour 222 millions d’euros. Ils ont ainsi réalisé un énorme coup de communication, en attirant l’attention du monde entier sur eux et en dictant l’actualité au reste du monde. Pour 222 millions d’euros, ils ont obtenu 3 mois de communication globale. Même si on ajoute le salaire de Neymar, ce n’est pas si cher. Ça correspond au coût de lancement d’une nouvelle gamme de voitures chez l’un des grands constructeurs mondiaux.

 

1) Football Investigation, les dessous du football en Russie, sous la direction de Jean-Baptiste Guégan, Quentin Migliarini et Ruben Slagter (éditions Bréal), 352 pages, 13,90 euros.
2) L’affaire Skripal concerne un ex-agent double russe, Sergueï Skripal et sa fille Youlia, retrouvés empoisonnés au Novitchok en Angleterre, à Salisbury, dans le sud-ouest de l’Angleterre, le 4 mars 2018. Même si depuis, ils sont rétablis, cet épisode a déclenché une véritable diplomatique entre la Grande-Bretagne et la Russie.
3) Depuis décembre 2017, Lionel Messi est ambassadeur de la start-up israélienne Sirin Labs, qui propose un téléphone mobile ultra-sécurisé, reposant sur la technologie blockchain.

 

Coupe du monde 2018 en Russie

Que peuvent espérer les Monégasques ?

 

À l’heure où Monaco Hebdo bouclait ce numéro, le 12 juin, ils étaient 8 joueurs de l’AS Monaco à partir en Russie pour disputer la Coupe du monde. Mais qui peut espérer quoi ? C’est la question que nous avons posée au journaliste d’Explicite et de RMC Sport, François Pinet.

Djibril-Sidibe-ESTAC-ASM-Le-19-mai-2018-@-AS-Monaco

Djibril Sidibé

France 25 ans / 1m82, 73 kg / Défenseur

Avec Monaco, lors de la saison 2017-2018 : 27 matches joués, 2 buts marqués, 7 passes décisives, 4 cartons jaune

Carrière internationale : 16 sélections, 1 but

Sa saison avec l’AS Monaco : « La période 2017-2018 a été marquée par une blessure, qui l’a un peu stoppé dans sa progression. Sinon, sa saison était tout à fait correcte. Je l’ai trouvé dans la lignée de ce qu’il faisait l’année dernière. Mais ce n’est pas un joueur qui va porter l’équipe. Du coup, lorsque les résultats ont été moins bons, on le voyait moins. Sa progression n’a pas été fulgurante, mais il a fait ce qu’on attendait de lui. Dans l’ensemble, il a réalisé une bonne saison, qui justifie pleinement sa présence au sein de l’équipe de France. »

Thomas-Lemar-PSG-AS-Monaco-le-15-avril-2018-@-AS-Monaco

Thomas Lemar

France 22 ans / 1m70 58 kg / milieu de terrain

Avec Monaco, lors de la saison 2017-2018 : 30 matches jouées, 2 buts marqués, 7 passes décisives, 1 carton jaune

Carrière internationale : 11 sélections, 3 buts

Sa saison avec l’AS Monaco : « Il a un peu déçu cette saison. Comme Fabinho, il avait des vélléités de départ et la porte lui a été fermée un peu au dernier moment. Ça s’est senti sur son rendement, notamment en début de saison. Par la suite, on a retrouvé le Thomas Lemar que l’on avait vu la saison précédente. J’adore ce joueur, parce que je le trouve très précieux. Il a souvent évolué comme meneur de jeu, ce qui lui convient plutôt bien. C’est aussi grâce à lui que Monaco a terminé deuxième, derrière le Paris Saint-Germain (PSG). »

Leurs chances avec la France : « Sidibé sera sans doute titulaire. Thomas Lemar a fait de très bonnes prestations avec l’équipe de France. Mais le système de jeu en 4-4-3 voulu par l’entraîneur Didier Deschamps ne l’avantage pas forcément. Du coup, il pourrait se retrouver sur le banc de touche. Plus globalement, l’équipe de France est le premier outsider de cette Coupe du monde. Je n’ai pas envie de dire « favori » parce qu’on attend parfois qu’elle montre un peu plus de caractère, surtout lorsqu’elle est mise en difficulté. Mais potentiellement, la France a une tête de finaliste du Mondial. Derrière l’Espagne, le Brésil et l’Allemagne, la France apparaît comme le premier outsider. Sur un match, elle est capable de rivaliser avec l’Allemagne, comme on l’a déjà vu lors des matches amicaux. Comme c’est une équipe jeune, il faudra voir si elle est capable de croire en ses capacités, même lorsqu’elle est au dos au mur. Surtout que ses capacités sont énormes. Cette équipe de France est plus forte que celle qui a joué le Mondial 2014 et plus forte que celle de l’Euro 2016. »

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Radamel Falcao

Colombie 32 ans / 1m75 78 kg / Attaquant

Avec Monaco, lors de la saison 2017-2018 : 26 matches joués, 18 buts marqués, 4 passes décisives

Carrière internationale : 74 sélections, 2 buts

Sa saison avec l’AS Monaco : « Falcao a clairement fait comprendre à Monaco que, cette saison, sa priorité, c’était la Coupe du monde. Il a sans doute en mémoire la Coupe du monde 2014 qui lui est passé sous le nez à cause d’une rupture du ligament croisé du genou le 22 janvier 2014, lors d’un match de Coupe de France contre Chasselay. À 32 ans, c’est sa dernière chance de disputer une Coupe du monde. Je peux comprendre qu’un joueur comme lui se préserve pour le Mondial. Bien sûr, il y avait des objectifs à atteindre avec Monaco. Il n’a pas été très précieux et très présent en fin de saison, mais il avait fait son boulot d’août à décembre. On a alors retrouvé le Falcao que l’on avait un peu perdu de vue lors de son passage en Angleterre de 2015 à 2016. Dans l’ensemble, sa saison est mitigée. Mais pour quelqu’un qui revient de loin, ce n’est pas si mal. »

Ses chances avec la Colombie : « La Colombie a les armes pour terminer à la première place de son groupe, dans lequel ils affronteront le Japon, la Pologne et le Sénégal. En match amical, la Colombie m’avait impressionné face à la France. Ils avaient été dominés en première mi-temps, avant que l’on retrouve la Colombie que l’on avait aperçue au Mondial 2014. Ils avaient fait une très, très bonne Coupe du monde 2014. C’est une équipe très technique, qui parvient à confisquer le ballon à ses adversaires. J’aime beaucoup voir jouer cette équipe. La Colombie peut atteindre les quarts de finale de la compétition. Avec des joueurs comme Falcao, et surtout James Rodriguez qui est vraiment le joueur déterminant dans cette équipe, c’est tout à fait possible. »

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Kamil Glik

Pologne 30 ans / 1m90 80 kg / Défenseur

Avec Monaco, lors de la saison 2017-2018 : 36 matches joués, 3 buts marqués, 2 passes décisives, 8 cartons jaunes

Carrière internationale : 58 sélections, 4 buts

Sa saison avec l’AS Monaco : « À l’image de toute l’équipe de Monaco, on s’était habitué à la saison 2016-2017, au terme de laquelle l’ASM a été championne de France. Du coup, je l’ai trouvé moins décisif, comme toute la défense monégasque, d’ailleurs. On voyait davantage son défaut, qui est un manque de vitesse. Avant, il compensait par un physique exceptionnel et une combativité hors du commun. Je pense que l’élimination en Ligue des Champions a dû aussi peser dans les têtes monégasques, dont celle de Kamil Glik. »

Ses chances avec la Pologne : « La Pologne se trouve dans le groupe de la Colombie et du Sénégal. C’est donc un groupe assez dense. Je ne vois pas les Polonais passer le premier tour. L’attaquant du Bayern Munich, Robert Lewandowski, reste un atout pour cette équipe, mais on sait aussi qu’il peut aussi passer à côté de ses matches, comme ça lui arrive parfois en Bundesliga. Ils seront en compétition avec le Sénégal pour prendre la deuxième place et se qualifier, ce qui sera très difficile. Même si la Pologne passe le premier tour, je ne les vois pas aller beaucoup plus loin qu’un huitième de finale. »

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Keita Baldé

Sénégal 23 ans / 1m81 77 kg / Attaquant

Avec Monaco, lors de la saison 2017-2018 : 23 matches joués, 8 buts marqués, 5 passes décisives, 4 cartons jaunes, 1 carton rouge

Carrière internationale : 1 sélection

Sa saison avec l’AS Monaco : « Au vu du prix de son transfert [30 millions d’euros en août 2017 — N.D.L.R.], on attendait plus de lui. Quand il jouait avec la Lazio de Rome, il était l’homme fort de cette équipe. Donc on attendait forcément de meilleurs statistiques. Je pensais qu’il marquerait plus de buts. Il est encore jeune, donc il faudra attendre et lui laisser un peu de temps. À Monaco, il n’a pas encore trouvé de rôle précis à remplir. Il a parfois joué sur les côtés, parfois en pointe… Il n’a pas encore réussi à véritablement s’installer dans cette équipe monégasque, alors qu’il dispose de qualités vraiment exceptionnelles. Mais, pour le moment, il n’a pas encore pu les montrer avec l’ASM. »

Ses chances avec le Sénégal : « Sur le papier, cette équipe du Sénégal est très intéressante. Pourtant, les matches amicaux qu’ils ont disputé sont assez décevants. Offensivement, ils ont une force de frappe incroyable, avec le milieu de terrain Sadio Mané qui joue à Liverpool, l’attaquant Diafra Sakho et le milieu Isamaïla Sarr qui évoluent tous les deux à Rennes. Malgré cela, ils marquent peu ou pas de buts. Mais ils devraient finir deuxième de ce groupe, derrière la Colombie. Le Sénégal pourrait donc parvenir jusqu’en huitième de finale. Après, ils pourraient aller un peu plus loin, mais ce sera compliqué. Car, si offensivement cette équipe a des atouts, défensivement c’est plus difficile. En tout cas, ils ont une équipe pour mettre le feu et créer la surprise. »

Youri-Tielemans-SM-Caen-AS-Monaco-le-06-mai-2018-@-AS-Monaco-

Youri Tielemans

Belgique 21 ans / 1m76 72 kg / milieu de terrain

Avec Monaco, lors de la saison 2017-2018 : 27 matches joués, 1 passe décisive, 1 carton jaune

Carrière internationale : 8 sélections

Sa saison avec l’AS Monaco : « Youri Tielemans a connu une saison compliquée. Lui aussi doit s’adapter. Car son entraîneur, Leonardo Jardim, ne l’a pas mis dans les meilleures conditions. Je l’ai vu avoir pas mal de difficultés en Ligue des Champions car il jouait quasiment en numéro 10, alors que ce n’est pas son rôle habituel. Il a donc du mal à s’installer dans cette équipe monégasque, surtout avec la forte concurrence qu’il a due subir, avec des joueurs comme João Moutinho et Fabinho. Mais il est encore jeune et il a beaucoup de qualités techniques. Je pense que ça devrait être beaucoup mieux la saison prochaine. On n’a pas encore vu le vrai Tielemans, celui qu’on avait vu à Anderlecht, où il a joué de 2013 à 2017. »

Ses chances avec la Belgique : « Tielemans devra sans doute se contenter de seulement quelques matches, car il y a beaucoup de très bons joueurs à son poste, en milieu de terrain. Notamment Kevin de Bruyne ou Moussa Dembélé. Quant à la Belgique, même s’il ont une équipe construite pour aller loin dans cette Coupe du monde, ils ont été assez décevants lors de leurs matches de préparation. Mais ils devraient tout de même se qualifier et sortir de leur groupe, qui est abordable pour eux. Mais je pense que l’Angleterre finira première de ce groupe, devant la Belgique, ce qui sera déjà une première surprise. Même en terminant deuxième, ils devraient avoir la possibilité de parvenir jusqu’en quart de finale. Je ne vois pas la Belgique comme un favori pour ce Mondial, car ils n’ont pas vraiment de style de jeu clairement identifié, même s’ils peuvent s’appuyer sur un joueur extraordinaire comme Eden Hazard. Il leur manque un collectif hyper rodé et ils ont de gros problèmes défensifs. On ne sait pas dans quel état de forme seront les défenseurs, comme Vincent Kompany par exemple. Pour toutes ces raisons là, je ne les vois pas aller plus loin qu’en quart de finale. »

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João Moutinho

Portugal 31 ans / 1m70 61 kg / milieu de terrain

Avec Monaco, lors de la saison 2017-2018 : 33 matches joués, 1 but marqué, 6passe décisive, 6 cartons jaunes

Carrière internationale : 110 sélections, 7 buts

Sa saison avec l’AS Monaco : « À 31 ans, il est toujours là. Il a fait une bonne saison. Comme tous les joueurs de Monaco, il n’a pas été exceptionnel, il n’a pas été aussi bon qu’on a pu le connaître, mais il est précieux. Il a été là quand il fallait, notamment dans les matches importants. »

Ses chances avec le Portugal : « Avec le Maroc, l’Iran et l’Espagne dans leur poule, ce sera difficile pour le Portugal de finir premier de ce groupe. Ils ont gagné en match de préparation le 7 juin 3-0 contre l’Algérie qui était très, très faible. Le Portugal est champion d’Europe en titre, donc on peut les considérer comme une « grosse » équipe, même s’ils ne sont pas favoris pour cette Coupe du monde en Russie. Pourtant, je me dis que s’il y a un outsider qui doit passer à la trappe dès le premier tour, ce sera peut-être le Portugal. Dans un Mondial, il y a toujours des surprises. Or, le Maroc possède une équipe très solidaire. Lors de l’Euro 2016, le Portugal s’était qualifié en poules en faisant trois matches nuls parce que la formule le permettait. Mais en Russie, avec trois matches nuls, ils seront éliminés. Evidemment, ils ont Cristiano Ronaldo. Mais il a eu une saison très, très longue. Et on a vu qu’en demi-finale et en finale de Ligue des champions, il a eu un peu plus de mal. »

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Danijel Subasic

Croatie 33 ans / 1m91 84 kg / Gardien

Avec Monaco, lors de la saison 2017-2018 : 34 matches joués, 3 cartons jaunes

Carrière internationale : 38 sélections

Sa saison avec l’AS Monaco : « Subasic est en fin de cycle avec Monaco. Autant on l’a critiqué il y a quelques années pour de mauvaises raisons, alors qu’il a tout de même permis à l’ASM d’être champion de France 2016-2017. Mais on parlait pourtant souvent de ses points faibles. Cette saison, que ce soit en Ligue des champions ou en championnat, je ne l’ai pas trouvé décisif. Il est beaucoup moins rassurant et il a été en dessous de son niveau habituel. Bien sûr, il faut souligner qu’il n’a pas été aidé non plus par ses défenseurs, Jemerson et Glik, qui ont été moins bons aussi. Sa saison n’a pas été exceptionnelle. Du coup, le poste de gardien à l’AS Monaco est un vrai sujet pour le mercato estival du club. Peut-être faudrait-il le mettre en concurrence avec un gardien de meilleure qualité et qu’il ne soit pas forcément placé comme gardien numéro 1. Même si ce n’est pas facile de trouver un bon gardien. »

Ses chances avec la Croatie : « La Croatie se retrouve avec l’Argentine, l’Islande et le Nigeria. J’ai vu jouer la Croatie contre le Brésil qui les a battus 2-0 le 3 juin dernier. Je les ai trouvés solides, mais ils ont montré assez peu d’imagination dans leur jeu. Le meneur de jeu du Real Madrid, Luka Modric, était un peu fatigué et Subasic n’a pas brillé. Il était même un peu en tort sur le second but qu’il a encaissé. Il y a bien sûr de très bons joueurs dans cette équipe, mais pour l’instant, j’ai l’impression que la Croatie n’est pas aussi emballante que celle qui a disputé l’Euro 2016. Et pourtant, ce sont à peu près les mêmes joueurs qui sont présents en Russie. Donc même si ce n’est pas une grande équipe d’Argentine, je vois la Croatie en dessous. Difficile de savoir ce que vaut vraiment le Nigeria, qui peut créer la surprise, même si ses matches de préparation n’ont pas été très bons. Enfin, il y a l’Islande, une équipe très difficile à jouer. La Croatie peut se qualifier et être éliminée par la France en huitième de finale. »

Qui va gagner cette Coupe du monde en Russie ? : « Le favori, c’est l’Espagne. Parce qu’ils sont très difficiles à jouer. Il est très compliqué de parvenir à leur prendre le ballon. De plus, ils continuent de produire d’excellents joueurs et ils peuvent donc toujours s’appuyer sur une génération exceptionnelle. Lors de la Coupe du monde 2014 au Brésil, ils avaient été éliminés dès le premier tour, après leur défaite face au Chili. Mais ils ne se planteront pas deux fois d’affilée. Mon favori numéro 2, c’est le Brésil car, sur le papier, ils ont une très belle équipe. En plus, si Neymar est en forme, ils possèdent un joueur capable de faire basculer une rencontre à lui tout seul, à tout moment. Enfin, mon favori numéro 3, c’est la France, devant l’Allemagne. Parce qu’on ne connaît pas vraiment l’état de forme des joueurs allemands. Vont-ils arriver à se motiver ? Est-ce que le sélectionneur allemand, Joachim Löw, a suffisamment injecté de sans neuf dans son équipe, après le titre de champion du monde obtenu au Brésil, en 2014, face à l’Argentine (1-0 a. p.) ? Donc la France peut faire quelque chose dans ce Mondial. Elle se trouve dans un groupe largement à sa portée. Et après, sur un match, la France peut battre n’importe qui. Même si elle est aussi capable de perdre contre n’importe qui. C’est ça le problème. »

 

journalistRaphaël Brun