Transition énergétique : le Conseil national, aussi

Raphaël Brun
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Le 7 mai, le président du Conseil national, Stéphane Valeri, a signé la charte d’engagement du pacte national pour la transition énergétique. Le but : atteindre les objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre fixés à – 50 % en 2030, par rapport à 1990, et la neutralité carbone en 2050.

Il s’en est félicité dans la foulée, sur son compte Twitter. « Ravi d’avoir signé cet engagement et de participer au changement des mentalités », a indiqué le président du Conseil national, Stéphane Valeri, le 7 mai, en fin de journée, tout en appuyant son propos par le hashtag #JemengagePNTE. Quelques heures auparavant, il signait la charte d’engagement du pacte national pour la transition énergétique, en présence du conseiller-ministre pour l’équipement, l’environnement et l’urbanisme, Marie-Pierre Gramaglia, du directeur de la mission pour la transition énergétique, Jean-Luc Nguyen, et de l’architecte qui a conçu le bâtiment du Conseil national, Jean-Michel Ughes. Marie-Pierre Gramaglia a rappelé l’engagement du prince Albert en faveur de la transition énergétique. Des objectifs très concrets ont été fixés par Albert II : une baisse des émissions de gaz à effet de serre de l’ordre de – 50 % en 2030, par rapport à 1990, et la neutralité carbone en 2 050.

Chirac

C’est en citant un extrait d’un discours prononcé par Jacques Chirac le 2 septembre 2002, lors du sommet mondial du développement durable à Johannesburg, en Afrique du sud, que Stéphane Valeri a débuté son discours. « Notre maison brûle et nous regardons ailleurs. La nature, mutilée, surexploitée, ne parvient plus à se reconstituer et nous refusons de l’admettre. L’humanité souffre. Elle souffre de mal-développement, au nord comme au sud, et nous sommes indifférents. La terre et l’humanité sont en péril et nous en sommes tous responsables. Il est temps, je crois, d’ouvrir les yeux », avait alors lancé Jacques Chirac, à la tribune de ce sommet mondial. « Notre maison brûle »… « Mais, enfin, nous ne restons plus sans rien faire ! », s’est félicité Valeri seize ans après, avant de citer pour preuves quelques mots prononcés par Albert II, à la tribune de ONU, le 19 septembre 2017 : « Les 195 signataires et 159 États parties à l’Accord de Paris sont la preuve la plus manifeste de l’urgence ressentie au niveau mondial. Monaco a d’ores et déjà annoncé des mesures drastiques qui contribueront à changer nos modes de transport, de production et de consommation. »

« Actions concrètes »

Citant la construction du bâtiment qui répond à la norme haute qualité environnementale (HQE) du Conseil national comme une sorte de prise de conscience dans sa réflexion, Stéphane Valeri a rappelé que c’est sous sa présidence que le lancement de cet énorme chantier a été pris : « J’ai souhaité que la Principauté dispose d’un parlement à la hauteur des enjeux du XXIème siècle. Avec l’architecte Jean-Michel Ughes, nous avons choisi cette voie du vrai progrès, celle de la HQE, pour donner à Monaco ce qui allait devenir son nouveau Conseil national. » Mais la suite du chemin à parcourir s’annonce plus ardue. « C’est, plus généralement, toute notre politique, comme le veut le prince souverain, qui doit, d’une certaine manière, se mettre au diapason de la transition. Qu’il s’agisse de la question du logement, de l’aménagement de la ville, de la mobilité ou de l’économie, plus rien ne sera comme avant. Sur la gestion des déchets, nous préconisons de tendre vers un objectif de “zéro déchet” à terme, comme l’a fait la ville de San Francisco », a souligné Stéphane Valeri. Le président du Conseil national en a également profité pour rappeler les « actions concrètes » lancées par les élus, notamment la gestion intelligente des dépenses énergétiques, le tri sélectif, la limitation de l’usage du papier, l’utilisation de véhicules hybrides ou encore la compensation carbone.

« Comportements »

Persuadé qu’il reste encore beaucoup à faire, Valeri a pris l’exemple du télétravail. Si cet outil permet de faire baisser le nombre de déplacements, et donc, la pollution, il reste perfectible, a jugé le président du Conseil national. Rappelant que la loi sur le télétravail n’est pas « adaptée aux fonctionnaires et agents de l’Etat », Stéphane Valeri a annoncé que cette « dimension » serait intégrée dans le cadre de la réflexion autour du statut de la fonction publique. « Aujourd’hui, nous nous engageons de manière concrète […]. Mais c’est bien l’ensemble de nos comportements qui doit évoluer », a ajouté Valeri. La tâche est immense, mais les intentions affichées sont claires. Si, bien évidemment, la signature de cette charte relève, pour l’essentiel, du symbole, c’est toute la communauté monégasque qui doit désormais s’impliquer pour atteindre les objectifs fixés par le prince Albert II. « Ce qui compte le plus, c’est l’évolution des mentalités, bien au-delà de nos institutions, auprès de toutes les familles et acteurs économiques de la Principauté », a conclu le président du Conseil national.

journalistRaphaël Brun