Saison 2018-2019 de l’opéra
Verdi à l’honneur

Anne-Sophie Fontanet
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Avec Luisa Miller, Falstaff puis Otello, le directeur de l’opéra, Jean-Louis Grinda, offre une nouvelle résonance aux chefs d’œuvre de Giuseppe Verdi. Objectif : placer la saison 2018-2019 sous le signe de l’éclectisme.

« Le génie de Verdi à son plus grand sommet. » Les superlatifs de Jean-Louis Grinda, directeur de l’opéra de Monte-Carlo, se multiplient quand il s’agit de parler de Giuseppe Verdi (1813-1901). Pour la saison prochaine, le directeur de l’opéra proposera trois œuvres du grand compositeur italien. Première représentation avec la version concert de Luisa Miller interprétée par Aleksandra Kurzak, Adrian Sampetrean et Roberto Alagna. Ce mélodrame tragique en trois actes date de 1849. A Monaco, sa direction musicale a été affectée à Maurizio Benini, avec l’appui du chœur de l’opéra et de l’orchestre philharmonique. L’année finit en Verdi et débute de la même façon. « L’année 2019 commencera dans un éclat de rire », promet déjà Grinda. Le Falstaff du compositeur italien, ce « vieil homme gros et pesant », qui « reste un enfant dans sa tête » et qui « voudrait que le monde reste comme dans son imaginaire », sera revisité du 25 au 31 janvier 2019 à l’opéra, dans une coproduction avec l’opéra-théâtre de Metz. La comédie lyrique remporte l’adhésion unanime de Grinda qui la met en scène à Monaco. « On compose une saison en fonction du feeling et avec ce que l’on a en magasin. Je me vois comme un bibliothécaire, qui doit faire découvrir des nouveaux ouvrages, et faire revoir des chefs d’œuvre », a expliqué le directeur de l’opéra, lors de la présentation de la saison prochaine, le 18 avril dernier.

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© Photo Opéra de Monte-Carlo.

 

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Ariodante © Photo Salzburger Festspiele Monika Rittershaus

« On compose une saison en fonction du feeling et avec ce que l’on a en magasin. Je me vois comme un bibliothécaire, qui doit faire découvrir des nouveaux ouvrages, et faire revoir des chefs d’œuvre »

Jean-Louis Grinda. Directeur de l’opéra de Monte-Carlo

 

« Péplum »

Trois mois plus tard, c’est la nouvelle production d’Otello « dans la version réalisée pour Paris » qui sera interprétée salle Garnier. « Là, évidemment, on s’incline », se réjouit d’avance Grinda, qui salue une « grande distribution pour une grande fin de saison ». Inspiré par William Shakespeare (1564-1616), Giuseppe Verdi travaille ardemment durant les dernières années de sa vie à la réalisation de ses deux chefs d’œuvre « étroitement liés ». Pour ce faire, il collaborera avec le même compositeur, romancier et poète italien, Arrigo Boito (1842-1918). La saison 2018-2019 laissera une grande part à d’autres nouvelles productions. Notamment celle donnée à l’occasion de la fête nationale de novembre 2018. C’est Samson et Dalila de Camille Saint-Saëns (1835-1921), « ce péplum magnifique », joué pour la dernière fois à Monaco en 1979, qui sera interprété au Grimaldi forum. « Nous le reprenons avec une distribution au top niveau », s’extasie Grinda. Ce sera l’heure de la première synergie au côté du chef japonais, Kazuki Yamada, de l’orchestre philharmonique de Monte-Carlo (OPMC).

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Ballet de Shanghai © Photo DR

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Roberto Alagna © Photo DR

 

Bartoli et Yoncheva

Autre temps fort de la saison, la venue de la soliste Sonya Yoncheva. Extrêmement renommée sur la scène internationale, cette chanteuse lyrique n’avait pourtant pas laissé une très bonne impression l’an passé, en annulant sa venue à la dernière minute. Pour se faire pardonner, cette artiste « incomparable, généreuse et sensible » a réservé la date du 5 mars 2019 pour un unique récital. Réponse de Jean-Louis Grinda : « Banco et bienvenue ! ». Enfin, il ne faudra pas rater l’Ariodante de Georg Friedrich Haendel (1685-1759), pour quatre représentations en février 2019. Exceptionnellement, une production du festival de Salzbourg a obtenu la permission d’être jouée à Monaco. Une chance en grande partie due à Cecilia Bartoli, qui interprète le rôle phare, celui d’Ariodante. Les amateurs seront forcément présents, pour admirer cette grande première et observer le talent de Bartoli, travesti en homme.

 

Autre temps fort de la saison, la venue de la soliste Sonya Yoncheva

 

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Sonya Yoncheva © Photo DR

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Jodie Devos © Photo Philippe Talbot

 

A Monaco, la seule formation au monde pour devenir artiste de chœur

« On peut chanter, on doit chanter et être heureux en étant artiste de chœur. » Jean-Louis Grinda a montré un franc enthousiasme à l’évocation de cette formation internationale professionnelle des artistes de chœur (Fipac). « Cette formation n’existe nulle part ailleurs. On leur apprend un métier très noble », plaide le directeur de l’opéra de Monte-Carlo, qui espère mobiliser d’autres opéras du sud de la France dans cette volonté. En un an, les jeunes chanteurs nés entre 1985 et 1999 ayant obtenu leur diplôme d’études musicales ou justifiant d’un niveau équivalent, viennent renforcer leurs compétences musicales et scéniques à travers l’étude de plusieurs répertoires. Intégré « sur dossier, épreuve et audition », ces étudiants sont préparés aux concours de recrutement et auditions des chœurs professionnels des institutions du monde entier. Lancée en 2017, la deuxième promotion aura pour parrain Maurizio Benini et portera le nom du compositeur suisse, Franck Martin (1890-1974). Les dossiers de candidatures sont à retourner avant le 20 juin 2018. Les auditions et épreuves se dérouleront du 18 au 20 juillet. Le début de la formation est prévu pour fin octobre 2018. Huit à 12 participants de toutes les nationalités seront retenus. A.-S.F.

 

Opéra de Monte-Carlo : la programmation 2018-2019

• Chapelle musicale Reine Elisabeth, opéra-comique, samedi 13 et dimanche 14 octobre 2018 (20h et 15h), opéra de Monte-Carlo.

• La Veuve joyeuse, Ciné-concert, jeudi 25 octobre 2018 à 20h, opéra de Monte-Carlo.

• Ballet de l’opéra de Shangaï, gala de danse, mercredi 7 novembre 2018 à 20h, opéra de Monte-Carlo.

• Samson et Dalila, opéra en trois actes et quatre tableaux, lundi 19 novembre 2018 (sur invitation du palais), jeudi 22 novembre 2018 à 20h et dimanche 25 novembre 2018 à 15h, Grimaldi Forum.

• Luisa Miller, mélodrame tragique en trois actes, samedi 15 décembre 2018 à 20h, Auditorium Rainier III.

• Falstaff, comédie lyrique en trois actes, vendredi 25 janvier 2019 à 20h (gala), dimanche 27 janvier 2019 à 15h, mardi 29 janvier 2019 à 20h et jeudi 31 janvier 2019 à 20h, opéra de Monte-Carlo.

• Ariodante, drame en trois actes, vendredi 22 février 2019 à 19h (gala), dimanche 24 février 2019 à 15h, mardi 26 février 2019 à 19h et jeudi 28 février 2019 à 19h, opéra de Monte-Carlo.

• Sonya Yoncheva, récital, mardi 5 mars 2019 à 20h, opéra de Monte-Carlo.

• L’enlèvement au Sérail, singspiel en trois actes, vendredi 22 mars 2019 à 20h (gala), dimanche 24 mars 2019 à 15h, mardi 26 mars 2019 à 20h et jeudi 28 mars 2019 à 19h, opéra de Monte-Carlo.

• Otello, drame lyrique en quatre actes, dimanche 21 avril 2019 à 15h, mercredi 24 avril 2019 à 20h (gala), samedi 27 avril 2019 à 20het mardi 30 avril 2019 à 20h.

 

journalistAnne-Sophie Fontanet