Croix-Rouge monégasque
Objectif secourisme

Sophie Noachovitch
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Samedi 6 mai, se déroulera la journée mondiale de la Croix-Rouge. Elle devrait coïncider avec l’ouverture du centre de formation professionnelle de l’antenne monégasque. Objectif : atteindre 10 à 15 % de personnes formées aux premiers secours en Principauté.

Les sapeurs-pompiers monégasques font partie des plus rapides au monde avec moins de 7 minutes de moyenne pour atteindre le lieu d’une urgence. Pourtant, il est certains cas où il faut pouvoir agir encore plus vite. « Si un enfant s’étouffe, c’est immédiatement qu’il faut intervenir, pointe Claude Fabbretti, directeur de la formation de la Croix-Rouge monégasque. Il en va de même si une personne est en arrêt cardiaque. » A l’initiative du gouvernement princier, la Croix-Rouge monégasque participe « à l’élaboration d’une stratégie globale pour le secourisme et les soins d’urgence ». Objectif affiché : former 10 à 15 % de la population transitant à Monaco, afin qu’elle décroche un diplôme Prévention et secours civique de niveau 1 (PSC1).

Les collégiens formés

« On estime qu’en simultané 80 000 personnes se trouvent chaque jour à Monaco, entre les résidents, les salariés, les scolaires et les membres d’associations, énumère Claude Fabbretti. Si nous atteignons ce chiffre de 10 à 15 %, Monaco compterait la proportion la plus importante au monde de personnes formées aux premiers secours. » En 2017, 1 000 personnes ont décroché le PSC1 et les premiers chiffres de 2018 indiquent d’ores et déjà une augmentation de 10 % par rapport à la même période en 2017. La Croix-Rouge compte généraliser la formation des plus jeunes. En 2017, tous les élèves de 5ème du collège Charles III ont ainsi obtenu leur diplôme et la Croix-Rouge espère élargir cette formation aux collégiens de 5ème du collège François d’Assises – Nicolas Barré (Fanb). Mais ce sont les professionnels que l’association souhaite convaincre.

Incitation

Et pour y parvenir, la Croix-Rouge va ouvrir d’ici la fin du mois d’avril ou au début du mois de mai 2018, un centre de formation professionnelle. Situé dans les anciens locaux de Monaco Telecom, sur le boulevard de Suisse, il permettra d’ajouter à la salle de formation déjà existante au siège de la Croix-Rouge, une seconde salle dédiée au PSC1, ainsi que deux bureaux. En France, l’obligation pour les entreprises de disposer de procédures en cas d’urgence et de matériels spécifiques existe déjà. Elle impose notamment « la présence d’au moins un salarié formé au secourisme, notamment au sauvetage secourisme au travail (SST), dans les ateliers où sont effectués des travaux dangereux et dans les chantiers mobilisant plus de 20 personnes pendant plus de 15 jours et impliquant la réalisation de travaux dangereux ». A Monaco, aucun texte ne légifère pour le moment la formation au secourisme dans les entreprises.

Croix-rouge-@-Kristian

 

« La volonté du gouvernement princier et de la Croix-Rouge est d’augmenter le nombre des diplômés PSC1 sur la base du volontariat dans le but d’augmenter le nombre de vies sauvées » 

Claude Fabbretti. Directeur de la formation de la Croix-Rouge monégasque

 

12  heures de formation

« La volonté du gouvernement et de la Croix-Rouge est d’augmenter le nombre des diplômés PSC1 sur la base du volontariat dans le but d’augmenter le nombre de vies sauvées », insiste le directeur de la formation de la Croix-Rouge. L’incitation est aussi financière. En France, il faut compter 70 euros pour suivre les 12 heures de formation aux premiers secours qui s’étalent sur une journée et demi tandis qu’à Monaco elle est gratuite, pour toute personne ayant un lien avec la principauté (résidents, salariés, scolaires, etc.). « La volonté du comité exécutif de la Croix-Rouge est de rendre accessible à tous cette formation », insiste Claude Fabbretti. Cependant, précise ce dernier, les dons restent indispensable au bon fonctionnement de l’association et à l’organisation de la formation des élèves de 5ème.

“Basic life support”

La formation part d’une base simple. « Je suis seul, sans matériel et je suis témoin d’un accident, décrit Claude Fabbretti. Je transmets le message d’alerte aux pompiers. Mais, en les attendant, je dois agir. En anglais, ces gestes s’appellent le “basic life support” [les gestes basiques pour la vie — N.D.L.R.]. A ce moment, je suis le premier maillon de la chaîne de secours, et je dois agir efficacement. » Etouffement, hémorragie, victime consciente mais qui se plaint d’un malaise, victime inconsciente, arrêt cardiaque, plaie, brûlure sont autant de cas auxquels n’importe qui peut être confronté. Le PSC1 permet de réagir rapidement et parfois de sauver des vies en attendant l’intervention des sapeurs-pompiers. Par exemple, les futurs diplômés apprennent à utiliser un défibrillateur, que l’on trouve désormais dans les lieux publics et les entreprises en cas d’arrêt cardiaque. « Les gestes du PSC1 sont des gestes que tout le monde devrait savoir faire face à un accident : transmettre un message d’alerte complet, faire face à une situation de crise », martèle le directeur de la formation de la Croix-Rouge. Pour communiquer sur cette nécessité, cette association prépare un événement à Monaco qui aura lieu le 8 septembre 2018, au chapiteau de Fontvieille, à l’occasion de la journée mondiale des premiers secours. Il permettra de renseigner le public et de commencer à lui apprendre ces premiers gestes qui sauvent.

 

Informations et inscriptions au stage de formation aux premiers secours : www.croix-rouge.mc/nos-actions/secourisme/formation-secourisme/

27 bd de Suisse ; Tel : 97 97 68 00 ; redcross@croix-rouge.mc

journalistSophie Noachovitch