Cazebonne réélue, l’abstention gagnante de l’élection

Sophie Noachovitch
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Le second tour de la législative partielle de la cinquième circonscription des Français de l’étranger s’est déroulée dimanche 22 avril. La candidate La République en Marche a obtenu 53,96 % des votes, avec une participation famélique de 7,8 % sur l’ensemble de la circonscription.

Certains veulent voir dans la réélection de Samantha Cazebonne, la candidate La République en Marche (LREM) une confirmation de l’adhésion des électeurs à la politique du président français Emmanuel Macron. Le compte Twitter En Marche publiait d’ailleurs ce tweet, dimanche 22 avril, au soir de l’élection législative partielle : « Ravis de vous retrouver sur les bancs de notre majorité ! Un an après la victoire d’@EmmanuelMacron, sa réélection est un signal fort venant des électeurs. #LaREM ». Si un an après l’élection du président de la République française, ce vote en faveur de son parti pourrait en effet être considérée comme une validation, il faut néanmoins l’observer au regard de la participation, extrêmement faible. Sur l’ensemble de la cinquième circonscription des Français de l’étranger, à savoir l’Espagne, le Portugal, Andorre et Monaco, seuls 7,8 % des inscrits se sont déplacés aux urnes ou ont voté par correspondance sur l’ensemble des 85 455 inscrits sur les listes.

53,96 % des voix

Samantha Cazebonne, 46 ans, directrice du lycée français de Palma de Majorque (Espagne), a ainsi été réélue avec 53,96 % des voix (contre 66,21 % en 2017) battant son concurrent soutenu par La France insoumise et Europe Ecologie Les Verts (EELV), François Ralle-Andreoli qui n’a obtenu que 46 % des suffrages. Un résultat néanmoins salué par Jean-Luc Mélenchon sur Twitter : « Grand salut à @franralle qui a considérablement amélioré son score avec 46 % et 13 points de plus dans l’élection législative des Français de l’étranger ». L’élection avait été invalidée le 2 février dernier par le conseil constitutionnel français à la suite d’un recours déposé le 26 juin 2017 par la candidate malheureuse Les Républicains, Laurence Sailliet. Elle avait mis en avant un email de propagande envoyé par François Ralle-Andreoli le 3 juin 2017 après la clôture de la campagne électorale le 2 juin à minuit. Un fait dont s’est défendu, dans L’Observateur de Monaco du mois d’avril 2018, le candidat La France insoumise – EELV. Il expliquait en effet avoir envoyé cet email à 23h40 le 2 juin 2017. Néanmoins, le conseil constitutionnel statuait sur un second point concernant des dysfonctionnements dans l’acheminement des votes par correspondance, justifiant par l’institution l’invalidation de l’élection.

« Réformes »

Les urnes ont donc confirmé le choix des électeurs en faveur de Samantha Cazebonne qui réaffirme son « ambition réformatrice » concernant l’enseignement français à l’étranger, la fiscalité, la couverture sociale ou encore l’accès aux services administratifs. Elle peut s’appuyer sur son premier bilan d’une année à l’Assemblée nationale : « J’ai beaucoup œuvré en matière d’enseignement français à l’étranger qui souffre aujourd’hui des conséquences d’une absence totale de réformes pourtant préconisées sous les deux précédents gouvernements ». Preuve de son engagement en la matière, l’attribution, début 2018, par le gouvernement d’une mission interministérielle « pour trouver des solutions devant garantir les conditions du fantastique outil d’influence de la France à l’étranger », qu’est l’enseignement du français à l’étranger.

 

journalistSophie Noachovitch