« La musique, c’est du bien-être »

Raphaël Brun
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Julien et Thomas de Bie, le duo qui forme Parallells, se produira sur scène le 30 mars au Stardeck (1). Ils préparent aussi la deuxième édition de leur festival, Deep Klassified, les 21 et 22 juillet 2018. Interview à deux voix.

Votre parcours ?

Julien de Bie : Nous sommes d’origine hollandaise, mais nous avons passé notre enfance à Monaco. On est passés par l’académie de musique de Monaco. Dès l’âge de 6 ans, on a commencé par de la musique classique : piano, solfège… A 12 ans, on a rejoint l’académie de jazz de Monaco. Thomas est resté dans le piano. Et moi j’ai fait du saxophone. En fait, on baigne dans la musique jazz et funk depuis tout petit. D’ailleurs, notre père est musicien, il joue du steel-drum. C’est un fan de jazz. En 2009, je suis parti étudier aux Pays-Bas et Thomas m’a rejoint l’année suivante. C’est là que l’on a connu la musique électro.

Vous avez grandi en écoutant quoi ?

Julien de Bie : On a grandi avec Laurent Garnier, Dixon, Agoria… De grosses pointures techno, qui nous ont fait connaître la musique électro.

 

« On a grandi avec Laurent Garnier, Dixon, Agoria… De grosses pointures techno, qui nous ont fait connaître la musique électro »

Julien de Bie. Moitié de Parallells

 

Vos principales influences aujourd’hui ?

Julien de Bie : Maintenant qu’on est passé à de la musique jouée en “live”, on est influencé par des artistes qui, eux aussi, jouent en direct. Comme Satori, Jan Blomqvist, DJ Ham…

Thomas de Bie : On peut aussi citer David August ou Nicolas Jaar.

Vous écoutez quoi en ce moment ?

Julien de Bie : Nicolas Jaar, qui vient de sortir un album sous un autre nom, Against All Logic (AAL).

Thomas de Bie : Anderson .Paak a lui aussi publié un nouveau disque que j’aime  beaucoup, quelque-part entre sonorités électroniques et funk.

Vous fréquentez quels festivals ?

Julien de Bie : On adore les festivals ! D’ailleurs, on préfère les festivals aux clubs. On est allé au Sonar, par exemple. La Hollande, c’est vraiment le pays des festivals. À Amsterdam, j’ai travaillé pour une compagnie qui organise des festivals qui attirent entre 50 000 et 80 000 personnes.

Les festivals électro les plus connus en Hollande ?

Thomas de Bie : Le festival DGTL, qui se déroule à Amsterdam. Ou bien le festival Mysteryland, qui est l’un des plus gros organisés aux Pays-Bas. On peut aussi citer Welcome to the future, qui est aussi très important.

Julien de Bie : Pour moi, le mieux, c’est Amsterdam Dance Event (ADE), l’un des plus grands festivals au monde de musique électronique. La prochaine édition se déroulera du 17 au 21 octobre 2018. On est d’ailleurs présent chaque année avec notre label, notre nom d’artiste et nos soirées. Toute l’industrie du monde électro se retrouve pendant ADE. Dans la journée, il y a des conférences et des “workshops”. Et le soir, tout, ou presque, devient club ou boite à Amsterdam. Il doit y avoir au moins 70 ou 80 fêtes par jour.

Votre actualité ?

Julien de Bie : On vient de sortir un nouveau titre mi-mars, sur le label berlinois Bar25. Ensuite, mi-avril 2018, on va publier notre propre compilation sur notre label Klassified Records. Cet album va regrouper 15 artistes, de renommée internationale, avec aussi un titre de Parallells. On va également sortir quelques remixes sous différents labels. Mais surtout, on prépare l’album A Day At.

De quoi s’agit-il ?

Julien de Bie : On a enregistré dans une série de lieux insolites toutes sortes de sons, pour les transformer ensuite en morceaux électro. Chaque enregistrement a été filmé dans une série de plusieurs vidéos, que l’on a appelées A Day At. Lorsque nous publierons notre dixième vidéo, cela correspondra au moment où sortira notre album, avec tous les titres que l’on aura créé depuis le début de cette série.

Thomas de Bie : Chaque titre portera le nom du lieu où tous les sons auront été enregistrés.

L’un de vos titres a été utilisé pour la publicité de 5008 SUV de Peugeot : ça vous a apporté quoi ?

Thomas de Bie : On a été choisis par Peugeot pour faire la musique et jouer nos propres rôles dans une publicité pour la nouvelle 5008 SUV. On s’est fait remarquer grâce à nos vidéos A Day At. On venait juste de commencer cette série et l’agence de casting qui s’occupait de Peugeot nous a vus.

Julien de Bie : On a enregistré tous les sons de notre propre voiture et avec, on a fait un titre pour Peugeot. Ils ont adoré. La semaine suivante, on était en Ecosse pour le tournage de leur publicité. C’était en août 2017. On est restés cinq jours. On était jamais allés en Ecosse, c’était magnifique. De la nature, partout. Cette expérience nous a apporté une notoriété supplémentaire. Cela nous a ouvert des portes.

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© Photo NEWDAY

 

« On a enregistré tous les sons de notre propre voiture et avec, on a fait un titre pour Peugeot. Ils ont adoré. La semaine suivante, on était en Ecosse pour le tournage de leur publicité »

Julien de Bie. Moitié de Parallells

 

Vraiment ?

Julien de Bie : Oui. Depuis, on a pu faire la musique pour la publicité d’une marque de prêt-à-porter. Actuellement, on est en négociation pour une publicité pour Mercedes-AMG.

Pourquoi avoir lancé votre maison de disques, Klassified Records ?

Thomas de Bie : Ça faisait longtemps qu’on voulait lancer notre propre maison de disque. On a senti que c’était le bon moment pour le faire. On sort pas mal de titres, on a un réseau d’artistes assez important, donc pourquoi pas se lancer ?

Julien de Bie : Cela nous permet aussi de travailler sur notre 

propre style de musique, que nous souhaitons affirmer.

Votre logo est un paon : pourquoi ?

Thomas de Bie : Le paon représente la magnificence et la richesse, et il possède aussi une dimension mystérieuse. Pour notre compilation, on a demandé aux artistes de travailler sur des mélodies, avec des instruments réels, mais toujours avec un côté mystérieux, électronique. Tout le monde a joué le jeu. Les 15 titres sont très mélodieux et pleins d’émotion.

Klassified Records va produire qui ?

Julien de Bie : Après cette compilation qui sortira mi-avril, on publiera quatre EP de deux ou trois titres, avec des artistes différents. Une autre compilation sortira en octobre 2018.

Thomas de Bie : L’idée, c’est de sortir trois ou quatre EP par an et deux compilations. On va aussi travailler avec des amis producteurs pour créer un stock de musique, que l’on proposera à des marques ou à des agences de publicité.

Vous serez le 30 mars 2018 au Stardeck, à Monaco : quel type de set vous allez proposer ?

Julien de Bie : La soirée débutera à 22h par une méditation de groupe, qui sera guidée. Puis, la musique commencera à partir de 23h. On jouera trois heures, ce qui sera assez long. On commencera doucement, pour peu à peu progresser dans le tempo, dans le rythme. Pour taper un peu plus à la fin.

Les 21 et 22 juillet 2018, il y aura la deuxième édition de votre festival Klassified, au col d’Eze : pourquoi ce lieu, alors que l’an dernier, vous aviez misé sur le Grimaldi Forum ?

Thomas de Bie : C’était super de travailler avec le Grimaldi Forum. Mais dans ce lieu, on s’est rendu compte qu’il n’y avait pas le sentiment de réellement participer à un festival. On a senti qu’on était plutôt en train d’organiser une soirée dans un club, plutôt que le festival que l’on avait imaginé. Ça manquait de nature.

C’est pour ça que vous avez choisi le col d’Eze ?

Thomas de Bie : Oui, c’est pour ça que l’on a choisi le col d’Eze et ce site archéologique magnifique, situé à 600 mètres d’altitude. C’est un site romain magnifique, entouré par la nature, avec une vue magnifique sur la Méditerranée. Ce qui rentre parfaitement dans le concept de notre festival, qui est centré autour de la musique et du bien-être.

Julien de Bie : Il y aura des ateliers de méditation, de yoga et de tai-chi. On trouvera aussi des maîtres Reiki, des cristaux guérisseurs, et des “food trucks” qui proposeront de la nourriture bio, vegan et végétarienne. Autour de tout ça, il y aura bien sûr de la musique électronique, qui commencera tout doucement pour monter peu à peu en puissance au fil de la soirée.

Les premiers noms sont déjà connus ?

Julien de Bie : Les têtes d’affiche seront les Blond:ish, Damian Lazarus et Audiofly.

Pourquoi vouloir absolument lier musique, écologie et bien-être ?

Thomas de Bie : Parce que ça nous représente. On a un père qui est paysagiste et une mère qui fait du Reiki. Pour nous, la musique c’est du bien-être, ça nous rend heureux. Tout comme la méditation, qu’on pratique chaque matin. Quant à la nature et l’écologie, on a été bercé dedans. Quand on part faire une randonnée quelques heures en forêt, on se sent bien. Du coup, on a voulu réunir tout ce qui nous rend heureux dans un seul et même endroit, pendant 48 heures.

 

1) Soirée Klassified le 30 mars 2018, au Stardeck, 6 quai Antoine Ier, à Monaco, à partir de 22h. Tarif : 10 euros.
2) Pour le festival Klassified, les réservations sont ouvertes sur www.klassifiedmusic.com. Tarif : 40 euros pour les plus rapides. 60 euros ensuite.

journalistRaphaël Brun