L’appétit grandissant
de Monaco Gourmet

Anne-Sophie Fontanet
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L’entreprise monégasque Monaco Gourmet gère le développement des marques A Roca et Ici Salad Bar. Après la Principauté, elle espère commercialiser rapidement ses fabrications artisanales dans les Alpes-Maritimes.

C’est dans un laboratoire de la rue du Gabian que sont conçus barbagiuans, pissaladières, petits farcis et autres salades fraîches. Monaco Gourmet y a également installé ses bureaux autour d’une jeune équipe. Aux commandes depuis 2014, Grégory Rougaignon souhaite donner un nouvel élan à cette marque emblématique qu’est A Roca. Depuis plusieurs mois, il travaille à l’élargissement des opportunités commerciales, avec l’appui de Cécile Bichon, directrice commerciale, et de Maxime Douce, directeur des opérations. Les idées fusent pour faire entrer la marque dans une nouvelle ère.

Croissance

Son groupe gère les quatre boutiques A Roca disséminées en Principauté. Une déclinaison traiteur a aussi été lancée. En parallèle, le concept Ici Salad Bar, créé en février 2014, fait des émules. Un point de vente a récemment ouvert ses portes sur le port de Fontvieille pour accélérer la croissance de cette enseigne. « Nous avons un effectif de 60 salariés à l’année. En 2018, on souhaite continuer la stabilisation de nos points de vente et les développer, car ce sont nos vitrines, développe Grégory Rougaignon. On espère amplifier notre service livraison sur Monaco, avec Ici Salad Bar. Avec la marque A Roca, on souhaite aussi s’ouvrir aux Alpes-Maritimes. Enfin, nous avons dans l’idée d’accentuer notre activité traiteur, pour augmenter notre chiffre d’affaires sur le segment. » Avec un million d’euros, le chiffre d’affaires a triplé en trois ans.

 

« Je suis monégasque, je veux me développer dans mon pays. La marque est monégasque et je considère qu’elle doit être produite ici »

Grégory Rougaignon. Directeur général de Monaco Gourmet

 

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© Photo Monaco Gourmet

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© Photo Monaco Gourmet

« Conserver la marque à Monaco »

Des chiffres stimulants qui incitent les décideurs à poursuivre leurs efforts et installer durablement leurs services dans le paysage monégasque. L’autre combat de Monaco Gourmet, c’est la vente de ses produits au delà de la frontière vers le département des Alpes-Maritimes. Une étape encouragée par la commercialisation réussie de produits A Roca à Carrefour Monaco. Le groupe a réussi à intégrer ses mets traditionnels au catalogue de l’hypermarché. « On reçoit déjà des commandes de plusieurs magasins de France qu’on ne peut pas honorer. Et à l’heure actuelle, nous n’avons aucune concurrence sur ce terrain », souligne Cécile Bichon. Le problème ? L’absence d’accord avec l’Union européenne (UE) et Monaco qui fige la situation. En tant que marque monégasque — définitivement vendue par Albert Croesi en 2012 — A Roca n’envisage aucun déménagement. Car la solution de facilité aurait bien sûr été de déplacer le siège social en France. Mais Grégory Rougaignon refuse absolument cette option : « Je suis monégasque, je veux me développer dans mon pays. La marque est monégasque et je considère qu’elle doit être produite ici. Conserver la marque où elle a été créée, fait partie de notre identité et de notre discours. »

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© Photo Monaco Hebdo.

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© Photo Monaco Gourmet

 

« On reçoit déjà des commandes de plusieurs magasins de France qu’on ne peut pas honorer »

Cécile Bichon. Directrice commerciale de Monaco Gourmet

 

Barbagiuan

Il faut alors être imaginatif et persévérant pour trouver la faille. Soutenu par la direction de l’action sanitaire, Monaco Gourmet a demandé un agrément sanitaire à la France. La contrainte majeure pour l’obtenir, c’est de répondre aux normes drastiques de la France en matière de laboratoire de fabrication. « C’est la solution que nous avons trouvée pour pallier le problème, répond Maxime Douce. C’est bien de commencer par les Alpes-Maritimes et ensuite d’aller plus loin. L’obtention de cette tolérance va changer beaucoup de choses. » Avec ce développement, Monaco Gourmet va devoir se réorganiser pour assumer les commandes. Le laboratoire fonctionne déjà quasiment 24 heures sur 24. Les 520 m2 de l’espace de production fonctionnent comme une fourmilière. Beaucoup de petites mains s’y activent jour et nuit. Produit phare de la marque, le barbagiuan représente 60 % des ventes d’A Roca. 1 247 650 petites unités y ont été fabriquées en 2017. Et bien plus pourraient être façonnées dans les années à venir, si les plans des décideurs suivent ce rythme.

journalistAnne-Sophie Fontanet