Le Karé(ment) sort de piste

Par Sabrina Bonarrigo

Lundi 2 août 2010 | 14:47

Karé(ment)

© Photo M.H.

Après 6 ans et 4 mois d’existence, le Karé(ment) a fermé définitivement ses portes dans la nuit du 29 juillet. Laissant 43 salariés au chômage technique et des gérants très amers.

Personnel et patrons du Karé(ment) ont sorti les banderoles pour signifier leur colère le jeudi 29 juillet pour l’ultime soirée de cette très populaire boîte de nuit monégasque. Des banderoles sur lesquelles on pouvait lire « 43 personnes au chômage… Merci »,  ou encore,  « Monseigneur aidez-nous », affichées devant les centaines de noctambules venus faire leurs adieux à la boîte. Après plus de 6 ans d’existence, le Karé(ment) fait donc définitivement ses cartons dans un climat très tendu. « Nous avons appris la nouvelle dans la journée du 29 juillet. Tous les salariés seront au mis au chômage technique », explique en colère Richard Borfiga. Après des semaines d’incertitude, le sort des employés du Karé(ment) a donc été plus ou moins scellé par la bouche du futur repreneur Fabrice Lavergne, gérant du café Llorca, venu sur les lieux donner la nouvelle. Les employés  seront donc mis au chômage technique (pour une durée maximum de 6 mois) avec 57% de leur salaire. Soit en moyenne 900 euros par mois. « Nous sommes amers. Personne n’arrive encore à croire que la boîte va fermer  », confie Francis Griffin l’un des co-gérants du Karé(ment). D’autant que le verdict prononcé par le tribunal suprême le 13 juillet dernier ne laissait quasiment aucune marge de manœuvre aux gérants du Karé(ment). Non seulement les juges ont ordonné l’expulsion « dans les 15 jours de la signification de la décision, avec  30 000 euros par jour d’astreinte », mais une exécution provisoire a également été prononcée.

Une expulsion express

« Nous aurions aimé partir avec un peu plus d’honneur. Que l’on nous laisse jusqu’au 31 décembre pour nous y préparer. Je pensais que le tribunal allait nous donner au moins la possibilité de finir l’année. Ça aurait été plus acceptable pour le personnel et pour notre clientèle. Le jugement a été rendu le 13 juillet, et le 14 au matin, on a été assigné par huissier », rajoute Richard Borfiga. « En temps normal, un litige de ce genre dure en moyenne 3 ans. Pour nous, tout s’est décidé en 15 jours », rajoute encore Francis Griffin. De son côté, l’avocat du Karé(ment), Me Giaccardi déplore également que  la fermeture se soit faite  dans la précipitation. « D’autant que  le problème ici est surtout social. Le repreneur n’était pas prêt. Il aurait été logique de donner du temps aux salariés pour se recycler et s’entendre avec le repreneur. Entre l’urgence sociale et l’urgence de la réalisation des travaux d’amélioration, la balance aurait dû clairement peser ».
Contactée par Monaco Hebdo Sylvie Biancheri, directrice générale du Grimaldi Forum, n’a sans doute pas souhaité jeter de l’huile sur le feu, indiquant simplement que le sort des salariés « concerne uniquement l’ancien et le nouvel exploitant. » Sur le plan juridique, Me Giaccardi a précisé qu’un appel de la décision avait été effectué et sera plaidé le 5 octobre prochain « mais qu’il n’y avait rien à y attendre ».
Dernier regret des exploitants du Karé(ment) : « Nous n’avons eu aucun soutien de personnalités locales, politiques ou autre », regrette Francis Griffin. Si le flou persiste encore sur le timing officiel du début des travaux du successeur, tout laisse à penser que la totalité des salariés ne sera pas gardée étant donné que le Café Llorca sera un bar de jour qui ouvrira  ses portes uniquement jusqu’à 18h…

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