Rybolovlev nie toute relation d’affaires avec Trump

Raphaël Brun
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Le propriétaire de l’AS Monaco, le milliardaire russe Dmitri Rybolovlev, a-t-il sauvé de la faillite Donald Trump ? C’est ce qu’a indiqué Le Journal du Dimanche dans son édition du 18  février. Des soupçons balayés par Rybolovlev quelques heures plus tard.

Dans un article publié dans son édition du 18 février 2018, intitulé Rybolovlev, l’oligarque qui a sauvé Trump de la faillite, Le Journal du Dimanche (JDD) a détaillé les coulisses d’un achat immobilier réalisé en 2008 en Amérique par le propriétaire russe de l’AS Monaco. Un achat qui aurait permis à l’actuel président des Etats-Unis, Donald Trump, d’éviter la ruine, selon cet hebdomadaire. En 2008, Trump, qui est alors promoteur, est en grave difficulté financière. Le contexte économique est alors celui de la crise des subprimes. Du coup, il décide de vendre sa villa de Palm Beach (Floride). C’est Dmitri Rybolovlev qui se porte acquéreur.

« Substance »

Estimée à 76 millions d’euros, cette vente aurait permis de dégager une plus-value de 54 millions au bénéfice de Trump qui aurait acheté cette villa en 2004 pour 41 millions de dollars, écrit le JDD. Toujours selon ce journal, un sénateur américain, Ron Wyden, membre de la commission des finances, a demandé le 9 février au secrétaire du Trésor, l’intégralité des documents liés à cette transaction. Depuis, cette villa aurait été rasée : « Le domaine a été revendu en deux lots, en novembre 2016 et octobre 2017, à des sociétés-écrans dont les bénéficiaires ne sont pas identifiés », indique le JDD. La réaction de Rybolovlev a été rapide, puisque dès le 18 février, il a publié un communiqué, dont Monaco Hebdo a été destinataire, pour nier toute relation d’affaires avec Donald Trump : « M. Dmitri Rybolovlev apporte un démenti personnel et catégorique aux insinuations fantaisistes, malveillantes et orientées dont il fait l’objet dans Le Journal du Dimanche paru ce 18 février 2018. Pourtant soumis au principe fondamental du contradictoire, l’auteur de cet article n’a même pas cru bon de recueillir les explications de l’intéressé qui auraient vidé de sa substance la teneur de son article […] Aucune des allégations relatives aux prétendues relations qu’entretiendraient MM. Trump et Rybolovlev n’est fondée. M. Rybolovlev n’a jamais rencontré M. Trump, ni ses conseillers. »

 

Le JDD fait aussi état de la « possibilité d’autres entrevues confidentielles entre Rybolovlev et Trump ou ses proches »

 

« Profitable »

Quant à la vente de la villa de Palm Beach, le même communiqué explique que « lorsque sa société familiale a acquis la propriété de Palm Beach (Floride, Etats-Unis) en 2008 à un prix inférieur au prix demandé par le vendeur, la transaction s’est opérée de la manière la plus publique et régulière qui soit. Réalisée dans un objectif d’investissement et largement couverte par les médias américains à l’époque, cette acquisition s’avère particulièrement profitable pour la société familiale, loin de l’agenda caché que quelques polémistes imaginent encore. Durant la négociation, M. Rybolovlev n’a eu aucun contact avec M. Trump. »

« Trust »

Le JDD explique que la justice américaine et le procureur spécial Robert Mueller, chargés d’enquêter sur une éventuelle ingérence russe dans la campagne présidentielle de 2016 aux Etats-Unis, s’intéresseraient aux connexions entre les deux hommes. Treize citoyens russes sont inculpés depuis le 16 février par le FBI pour ingérence dans cette élection et « complot », avec pour objectif de tromper les Etats-Unis. Mais pas d’inculpation pour Rybolovlev. Autre élément pointé par le JDD, l’établissement en septembre 2008, d’une des sociétés de Rybolovlev à Chypre, puis de « l’essentiel de ses biens, afin de les soustraire aux prétentions de son épouse ». Le milliardaire russe est alors en plein divorce. L’hebdomadaire rappelle qu’en 2010, Rybolovlev prend 9,7 % du capital de la principale banque chypriote, Bank of Cyprus. Une banque dont l’actionnaire majoritaire sera « peu après » l’Américain Wilbur Ross, aujourd’hui secrétaire au Commerce de Donald Trump. Sur ce point, le communiqué de Dmitri Rybolovlev apporte un autre éclairage, soulignant que « la participation du trust familiale Rybolovlev à compter de la restructuration de 2013 ne représentait plus que 0,01 % du capital. Or, M. Wilbur Ross n’a investi dans la banque qu’en 2014… Il faut donc se garder de conclusions hâtives. »

« Entrevues » ?

Enfin, dans cet article, le JDD fait aussi état de la « possibilité d’autres entrevues confidentielles entre Rybolovlev et Trump ou ses proches », expliquant notamment que les « plans de vol du jet de Rybolovlev, examinés par les enquêteurs américains, ont révélé d’autres brefs arrêts à Las Vegas, Burbank et Miami au moment pile où Trump y faisait étape ». Là encore, Dmitri Rybolovlev réfute les éléments apportés par le JDD : « Quant aux déplacements réalisés pour ses affaires par M. Rybolovlev aux Etats-Unis, il est avéré qu’aucun contact avec les équipes de M. Trump n’a été noué à ces occasions. Y voir autre chose que des déplacements professionnels sans apporter la moindre preuve contraire, relève de la pure calomnie. Au regard des éléments parus dans Le Journal du Dimanche, M. Rybolovlev se réserve la possibilité d’agir, y compris par le droit, pour rétablir la vérité. »

journalistRaphaël Brun