« La violence envers les enfants devrait être une préoccupation politique majeure »

Sabrina Bonarrigo
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Agressions physiques ou psychologiques, coups, vexations, privations ou humiliations… Les violences exercées sur les enfants sont certainement celles qui scandalisent le plus et celles qui sont le plus souvent passées sous silence. C’est ce thème très sensible que le neuropsychiatre Boris Cyrulnik et Charlotte Casiraghi ont abordé le 14 février au théâtre princesse Grace (TPG) lors d’une conférence donnée à l’occasion des Rencontres philosophiques de Monaco. Un thème où plusieurs questionnements ont été soulevés : comment empêcher ces violences ? Pourquoi la détresse et les douleurs des enfants maltraités ne constituent pas une cause politique et sociale majeure ? Très touchée par cette cause, Charlotte Casiraghi estime que ces violences ne sont pas suffisamment prises en charge par la société : « On parle beaucoup de faits-divers d’enfants victimes de violence. Mais parler vraiment de ce qui est susceptible de déchirer l’enveloppe psychique et physique d’un enfant, première victime de maltraitances et de négligences qui existent dans tous les milieux sociaux, devrait être une préoccupation politique majeure. » Selon Boris Cyrulnik, au-delà des violences purement physiques, « la carence affective et culturelle » peut aussi abîmer les enfants « de manière extrêmement violente, sans prise de conscience des adultes ». Rappelant le concept de « niche sensorielle » — c’est-à-dire la façon dont le bébé est nourri, toiletté, grondé, la façon dont on lui parle et dont on joue avec lui — ce spécialiste a insisté sur la nécessité de développer au plus tôt un attachement sécurisant avec l’enfant. Ce qui l’induira à développer une confiance en lui et une estime de soi solides et pérennes. Les fonds récoltés lors de cette soirée ont été intégralement reversés à l’association monégasque Jeune J’écoute.

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