« Je suis battu, mais pas défait »

Sophie Noachovitch
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Seul élu Union Monégasque (UM), Jean-Louis Grinda revient pour Monaco Hebdo sur cette campagne électorale. S’il est conscient que son travail, seul au Conseil national, sera difficile, il n’a pas l’intention de se laisser abattre.

Etes-vous déçu du résultat du vote de ce dimanche 11 février 2018 ?

Nous nous sommes positionnés comme challengers depuis le départ. On savait bien que ce serait difficile. Nous avons porté nos thèmes, même s’ils sont peu populaires : la dépénalisation de l’interruption volontaire de grossesse (IVG), l’égalité homme-femme, la réflexion sur la délocalisation du stade Louis II. Ces thèmes sont difficiles à porter, audacieux, peut-être avant-gardistes.

Vous êtes déçu d’être le seul élu sur la liste UM ?

Evidemment, j’aurais préféré avoir un co-élu. Seul, c’est compliqué. Ça montre bien l’iniquité du système électoral actuel. Seul, voire même à deux, si vous avez une dizaine de commissions à suivre, vous n’y arrivez pas. Il y a un vrai problème démocratique et pratique. Maintenant, est-ce que la nouvelle majorité voudra s’en emparer ? Je le souhaite. Je le ferai.

 

« Les mandatures, on sait toujours comment ça commence, on ne sait jamais comment ça finit. […] Aujourd’hui, je n’ai aucune raison de me rapprocher des uns ou des autres »

 

Quel est votre état d’esprit, aujourd’hui ?

Je suis battu, mais pas défait. C’était une belle bataille et je suis content de l’avoir menée. Je suis aussi élu, c’est la reconnaissance d’un travail. Après, le raz-de-marée Primo ! a fonctionné.

UM envisage de créer un mouvement ou un parti politique ?

Je ne sais pas encore. On doit en parler entre nous. C’est une vraie question. Je ne sais pas encore. Ce n’est pas facile d’entretenir la flamme, même si on est soutenu. Je pourrai toujours compter sur mes collègues Pasquier, Robillon et Allavena. Chez les jeunes de la liste, il y en a qui veulent continuer.

L’échec de l’alliance avec Horizon Monaco (HM) a pesé dans cette élection ?

Ne pas faire cette alliance a été préjudiciable à notre résultat global. Si, comme je le préconisais, on avait eu cette alliance, dès fin novembre, on aurait eu un groupe excellent et plus fort, avec 9 élus sortants. On aurait pu faire un groupe identifiable. Ma faiblesse est que mon groupe s’est constitué entre le 17 et le 24 janvier 2018. C’est un peu tardif. Avec une alliance avec HM, on aurait eu un groupe plus tôt constitué, très identifié, et la dynamique aurait été différente. Je ne dis pas que Primo ! n’aurait pas gagné. Mais le résultat aurait été plus serré.

Que pensez-vous du score de HM ?

Il y a une grosse dégringolade pour HM. C’est clair. C’était quand même eux qui étaient vainqueurs aux dernières élections. Ils sont passés de 51 % à 26 %. Ils ont perdu 25 %. Je pense que Béatrice Fresko-Rolfo a fait son travail. Elle a été courageuse. Je la félicite. Mais l’union ratée, c’est une grosse erreur politique.

Vous envisagez un rapprochement avec HM ?

Ah, certainement pas !

Et avec Primo ! ?

On sort d’une élection. Nous étions des concurrents, je n’ai pas changé d’avis sur ce que j’ai vu de Primo ! ni sur ce que je sais de HM. Les mandatures, on sait toujours comment ça commence, on ne sait jamais comment ça finit. Les deux dernières ont parfois montré les limites de l’exercice. Aujourd’hui, je repars, avec beaucoup de courage.

Quelle sera votre position au Conseil national ?

Je ne vais pas jouer les censeurs. Mais il y a un vainqueur et je vais surveiller ce qu’il fait. Je vais veiller à ce que les sujets sociétaux avancent. Aux fondamentaux de ma campagne : le respect de la constitution sur le budget, l’égalité homme-femme, la dépénalisation de l’IGV. Et aussi tous les textes de lois déposés par nous. Je vais essayer d’être le plus efficace possible, à ma place. J’espère avoir la voix qui porte suffisamment.

 

journalistSophie Noachovitch