Nouvel élan pour la F2SM

Sabrina Bonarrigo
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Depuis le 18 janvier, Cédrick Lanari est le nouveau président de la Fédération des syndicats de salariés de Monaco. Il succède à Jean-Luc Cloupet, et souhaite donner un nouveau souffle à ce syndicat, né en 2013.

Nouveau président, nouveau logo et nouvelle communication. Créée il y a 5 ans, la Fédération des syndicats de salariés de Monaco (F2SM) a décidé de donner un coup de “boost” à ce mouvement syndical qui, au fil des années, s’était un peu essoufflé. Ou plutôt, que l’on entendait peu… « Au cours de ces cinq dernières années, nous avons effectué un gros travail de fond, avec des propositions concrètes, mais sans réellement les communiquer… », reconnaît le fondateur de la F2SM, Jean-Luc Cloupet qui, le 18 janvier, a cédé son fauteuil de président à Cédrick Lanari : « Il fallait du sang neuf. » Une nouvelle présidence qui s’accompagne aussi d’une nouvelle communication, qui a été totalement dépoussiérée et modernisée. La F2SM est désormais présente sur les réseaux sociaux, sur Facebook et sur Twitter, et souhaite mettre davantage en lumière ses idées. « Lorsque le Conseil national, les conseillers-ministres ou encore le conseil économique et social (CES) nous saisit, nous leur faisons des propositions concrètes. Parfois, elles sont retenues dans le texte de loi final, et personne ne sait que cette proposition est de notre initiative. Désormais, nous le communiquerons », explique le nouveau président. Exemple récent : les membres de la F2SM ont proposé qu’un médiateur soit nommé dans chaque entreprise pour prévenir le harcèlement au travail. Une proposition finalement retenue dans le texte de loi récemment voté par le Conseil national.

Un syndicat « progressiste »

Si la communication a radicalement changé, la philosophie du syndicat, en revanche, est la même qu’en 2013. Pour la F2SM, qui se décrit comme un syndicat « progressiste », la grève dans la rue et l’action coup de poing doivent être utilisées « en tout dernier recours ». Pour eux, pas de doute : battre le pavé avec des vuvuzelas et des pancartes « n’est pas nécessaire » pour obtenir gain de cause. « L’ADN de la F2SM, c’est le dialogue, la concertation et la construction. Nous avons obtenu des accords sans aller manifester et sans menace. Nous n’avons jamais trouvé portes closes, ni au près du gouvernement, ni auprès du Conseil national. » Et la F2SM en est convaincue : le syndicalisme ne peut être uniquement représenté à Monaco par l’historique Union des Syndicats de Monaco (USM). « Le pluralisme syndical est salutaire, affirment les membres. On ressent ce besoin. Les salariés nous le demandent très clairement. Nous sommes là pour donner la possibilité aux jeunes générations de pouvoir faire un choix. »

Une vision plus libérale

Fraîchement constituée, la nouvelle équipe planche actuellement sur deux dossiers qui concernent de très nombreux salariés : le travail de nuit, et le travail du dimanche. Alors que l’USM se montre plutôt hostile au travail dominical, la F2SM défend pour sa part une vision plus libérale, estimant que la liberté doit être donnée à chacun de pouvoir travailler, ou non. Pas question pour autant que cette journée soit considérée comme un jour de travail traditionnel de la semaine. Des garde-fous doivent être prévus par la loi. Le travail dominical ne peut se faire que sur « la base du volontariat » du salarié. Autre condition sine qua non : la rémunération doit être avantageuse. Les membres de la F2SM plaident pour que l’employé soit payé double — avec un jour de récupération — ou triple.

Ennemies du syndicalisme ?

Qu’en est-il d’ailleurs des relations, depuis l’origine houleuses, entre l’USM et la F2SM ? Les deux entités sont-elles, encore aujourd’hui, des ennemies du syndicalisme ? La F2SM affirme en tout cas vouloir sortir « des guerres de clochers » et estime que les deux syndicats peuvent être tout à fait complémentaires. « Nous ne sommes pas du tout dans une logique de concurrence ou d’opposition à l’USM. Nous sommes ce que nous sommes, avec nos propositions. Il arrive même parfois que nous trouvions un consensus sur certaines propositions », affirme Jean-Luc Cloupet qui affiche toutefois « deux regrets ». La Fédération des entreprises monégasques (Fedem) et l’USM refusent que la F2SM soit signataire de la convention collective nationale. Même constat concernant la création d’une caisse de retraite complémentaire à Monaco. « Si cette caisse voir le jour, sa gestion va se faire sans nous. Nous avons pourtant des propositions fortes à apporter. C’est regrettable pour les salariés de Monaco, car nous ne pouvons pas exprimer nos idées, et apporter notre plus-value. Malgré nos demandes incessantes, ces sujets n’avancent pas. »

 

Une équipe renouvelée

Après un mandat de 5 ans, le fondateur de la F2SM Jean-Luc Cloupet, désormais retraité, a cédé sa place à Cédrick Lanari, un cadre de Carrefour Monaco, élu à l’unanimité le 18 janvier 2018. Hubert Dupont-Sonnevile a été nommé à la communication. Fabrizio Ridolfi est le secrétaire général, et Silvano Vittorioso, devient trésorier. A noter que Cédrick Lanari et Hubert Dupont-Sonnevile chapeautent toujours le syndicat de l’encadrement du commerce de Monaco (SECM).

Huit syndicats affiliés et « 800 membres »

Depuis sa création il y a 5 ans, la F2SM revendique « 800 membres » et huit syndicats affiliés : le syndicat des agents et fonctionnaires de l’Etat (SAFE), le syndicat de l’encadrement du commerce de Monaco (SECM), le syndicat des activités industrielles de Monaco (SAIM), le syndicat hospitalier autonome de Monaco (SHAM), le syndicat des cadres des activités touristiques (SCAT), le syndicat des employés et cadres des activités restauration et de bar (SECARB), le syndicat des employés de jeux du Sun Casino, et le syndicat des cadres administratifs de la Société des bains de mer (SBM). « Nous couvrons tous les secteurs d’activités sauf, pour le moment, les banques », affirme Jean-Luc Cloupet, fondateur de la F2SM et désormais président d’honneur. Un ou plusieurs membres de la F2SM sont aussi présents au conseil économique et social (CES), au comité directeur de l’office de médecine du travail, au tribunal du travail, au comité de contrôle de la caisse de retraite, et enfin au comité de contrôle des caisses sociales.

 

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