Albert II : « Monaco ne répond plus
à la définition d’un paradis fiscal »

Sabrina Bonarrigo
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Ses apparitions télévisées sont plutôt rares… Le 31 janvier, le Prince Albert II était en direct sur Public Sénat, dans l’émission Journal des territoires. Pendant 30 minutes, le chef d’Etat monégasque a répondu en direct aux questions du journaliste Cyril Viguier, ainsi qu’à Denis Carreaux, directeur des rédactions du groupe Nice-Matin, et de Yves Bigot, directeur général de TV5 Monde. Dans cette matinale, le Prince, qui fêtera ses 60 ans le 14 mars 2018, a évoqué ses 12 ans de règne et les difficultés que pouvaient représenter les 400 événements auxquels il assiste chaque année. « Il y a une telle variété de préoccupations et de projets que je veux voir aboutir… Je ne me lasse jamais, mais physiquement, parfois, oui », a admis le chef d’Etat. Questionné sur une éventuelle abdication, le Prince Albert a évoqué l’hypothèse d’une future incapacité physique et intellectuelle à assumer ses fonctions : « Je pense que de nos jours, vu l’augmentation de l’espérance de vie, il arrive fatalement un moment où l’on a du mal à exercer ces fonctions-là, donc ce n’est pas inenvisageable de considérer cela », a-t-il observé. Interrogé sur la fiscalité en Principauté, Albert II a rappelé que Monaco est « sortie de toutes les listes qui existent » et ne répond plus, « et ce depuis quelques années », aux « critères » qui définissent les paradis fiscaux. « Je suis très étonné que ces questions reviennent sans arrêt », a-t-il d’ailleurs ajouté. Egalement questionné sur le projet d’extension en mer, mais aussi l’abondance des chantiers en cours à Monaco, Albert II a reconnu que la qualité de vie avait un « petit peu baissé » en Principauté. « Nous allons avoir sur les prochaines années 32 chantiers, dont certains très importants, notamment l’extension en mer, le nouvel hôpital, ainsi que d’autres ensembles immobiliers. Mais on essaie d’étaler cela dans le temps, et de « séquencer » cela de la façon la plus logique et rationnelle possible. » Au cours de cette émission, la vie familiale du Prince Albert a aussi été brièvement évoquée. Le couple princier veille à ce que les jumeaux, Jacques et Gabriella, ne soient pas « surexposés » médiatiquement. « On essaie de les associer petit à petit à différentes festivités, comme la fête de Sainte Dévote, pour qu’ils ne soient pas surpris, lorsqu’ils auront l’âge, de prendre certaines responsabilités. Mais nous faisons cela avec parcimonie… »

journalistSabrina Bonarrigo