« Parce qu’il y a une
campagne électorale ? »

Sophie Noachovitch
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Dimanche 11 février, les Monégasques se rendront aux urnes pour élire le nouveau Conseil national. Monaco Hebdo est descendu dans la rue pour savoir comment Monégasques, résidents, enfants du pays et salariés perçoivent cette campagne électorale. Votre magazine a essayé, en tous cas…

Monaco Hebdo s’est lancé une mission. Une mission impossible. Car trouver un Monégasque dans les rues de la Principauté relève d’une gageure ! Votre magazine espérait trouver des électeurs sur le marché, au coin d’une avenue… Pas si simple. Deuxième difficulté : trouver des passionnés, qui ont suivi cette campagne électorale. « Je ne suis pas intéressé », lance un maraîcher français de la place d’Armes. « Je ne suis pas d’ici, je viens juste travailler », répond cette dame qui explique résider à Beausoleil. « Je travaille sur un yacht vous savez. Et dans ce milieu-là, c’est très anglophone. Je suis le seul Français et on ne parle pas de ça », explique, presque avec regret, cet homme qui n’a même pas entendu parler de la campagne et aurait bien voulu se rendre utile.

« Pas au courant »

« Parce qu’il y a une campagne électorale ?, demande cette autre femme, stupéfaite, croisée dans la rue. Je n’étais pas au courant ! » Même un résident, débusqué au milieu des travailleurs français et italiens, poursuit sa route en lançant : « Non, ça ne m’intéresse pas ». C’est, enfin, un enfant du pays, français, et son épouse, qui ont pris le temps de répondre à nos questions. A la première, « que pensez-vous de la campagne électorale ? », il répond : « Il y a des choses qui nous concerneront par la suite. Mais, dans l’immédiat, on ne peut pas prendre position, pas prendre parti, ou regarder les listes…, semble-t-il regretter. On suit de loin ce qui se dit. » Pas indifférent donc aux discours et aux programmes des candidats au Conseil national, ce résident affirme que « des fois, il y a des choses qui nous interpellent ».

 

« dans l’immédiat, on ne peut pas prendre position… On suit de loin de loin ce qui se dit »

Un enfant du pays

Statut

Comme quoi ? « Des choses qui concernent les résidents, précise-t-il. Ce ne sont que de toutes petites parties de ce grand débat. Le plus important pour nous, c’est ce qu’ils pensent des enfants du pays. C’est un des gros problèmes qui concerne les résidents. Et peut-être aussi les Monégasques, mais pas de la même manière. » On sent que cet enfant du pays ne veut pas en dire plus. S’il dit espérer un statut précis pour les enfants du pays, il ne précise pas quels droits il aimerait obtenir. Au Conseil national, les débats autour de ce sujet sont d’ailleurs souvent très houleux, puisqu’il est hors de question de donner les mêmes droits aux enfants du pays et aux Monégasques.

« Grosse tête »

La pose des affiches électorales sur les panneaux de la ville, le 27 janvier, a aussi provoqué quelques commentaires. Monaco Hebdo a ainsi pu observer quelques attroupements. Dans les premiers temps, les réflexions entendues s’intéressaient surtout à l’affiche d’Union monégasque (UM)… Car c’était la seule montrant uniquement la tête de liste Jean-Louis Grinda. « Il n’aurait pas un peu la grosse tête, lui ? » a-t-on ainsi pu entendre. Mais il faut préciser, à sa décharge, que sa liste complète de 24 candidats ayant été bouclée au dernier moment (lire notre article publié dans Monaco Hebdo n° 1047), l’affiche avec l’ensemble de ses colistiers n’a pu être collée que quelques jours plus tard. Le 1er février, c’était chose faite.

En tout cas, la plupart du temps, les curieux ont détaillé avec précision l’ensemble des 72 visages ainsi exhibés. On a vu des doigts se lever vers tel ou tel portrait, et on a entendu des « ah, mais lui, je le connais ! ». Les commentaires ont été nombreux, mais difficile de savoir qui votera quoi, Monaco Hebdo n’a pas obtenu de réponses claires. Il faudra donc attendre le 11 février, que les urnes parlent.

 

journalistSophie Noachovitch