Traiteurs et restaurateurs
Les premiers gagnants de la campagne électorale, ce sont eux

Sophie Noachovitch
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Les meetings et autres réunions publiques ont été l’occasion de faire travailler traiteurs et restaurateurs de la Principauté. Petit point économique sur ce business, entre petits fours et politique.

 

Barbajuans, pissaladière, pizza, roulés au jambon ou encore mini-hamburgers et surtout, la galette des rois. Les tables étaient chargées à l’occasion des meetings politiques des trois listes en lice pour les élections nationales 2018. Des petits plaisirs qui ont pu, parfois, attirer de potentiels électeurs, mais qui ont aussi et surtout eu un intérêt économique pour les traiteurs ou les restaurateurs qui les ont organisés.

« Facture »

« C’est toujours intéressant de faire partie de la vie monégasque, commente Guillaume Haneuse, traiteur au bar du théâtre des Variétés. Même si organiser un gros buffet représente un défi supplémentaire. » Il faut dire qu’un buffet comme ceux qu’il a servi pour les deux meetings d’Horizon Monaco (HM) représente une semaine de travail pour lui. « Pour le premier meeting, le théâtre des Variétés demandait à ce que l’on prenne Guillaume Haneuse pour le buffet, relate-t-on chez HM. On a été super contents. Il est très professionnel. Du coup, on l’a repris pour le deuxième meeting à l’espace Léo Ferré. » Cet enfant du pays a donc séduit. « J’ai reçu des compliments, et je pense avoir des retours avec les personnes qui étaient présentes, estime Guillaume Haneuse, car il réalise aussi des prestations pour les particuliers. Et financièrement, c’est aussi intéressant. Parce que je facture dans les 10 à 12 euros par personne. » Quand on sait que près de 350 personnes étaient présentes au dernier meeting de HM, c’est donc plusieurs milliers d’euros qui sont rentrés dans ses caisses.

 

« Notre zone d’activité traiteur se situant à Monaco, et comme les gens qui vont à ce type de cocktails sont monégasques, pour nous, c’est forcément intéressant »

Cécile Bichon. A Roca

 

« Se faire connaître »

Parmi les autres traiteurs sollicités par les listes en course pour ces élections nationales, on trouve Costa. « Pour nous, ce type de cocktail est toujours intéressant, parce que notre activité traiteur prend de l’ampleur, commente Pascal Caminiti, directeur de la boulangerie-traiteur. C’est peut-être d’ailleurs grâce à ce type d’événement, ou ceux organisés par le gouvernement, l’hôpital ou la Société des bains de mer (SBM) que nous faisons connaître cette autre activité. » Ce responsable estime en effet que les gens ne savent pas forcément que la boulangerie Costa dispose aussi d’une branche traiteur. Par le biais des meetings politiques son établissement parvient à la faire connaître. Mais son cœur de métier, qui a été quasiment incontournable pendant cette campagne 2017-2018, reste la boulangerie. Et en l’occurrence la galette.

 

Chez UM, on a décidé de faire l’impasse sur la galette des rois, une pratique politique et une tradition que Jean-Louis Grinda, la tête de liste, a régulièrement qualifiée de « réflexe du passé »

 

« Economies »

Lors du meeting Priorité Monaco (Primo !) du 10 janvier 2018, la liste proposait pas moins d’une trentaine de galettes briochées, et 18 à la frangipane. Chez HM, lors de la galette organisée à la Brasserie de Monaco, il y avait une cinquantaine de galettes briochées. « Nous avons voulu des buffets plutôt conviviaux et populaires, explique-t-on chez Primo !. Cela n’a rien à voir avec les précédentes élections. Le budget de campagne ayant été ramené de 400 000 à 320 000 euros, nous avons dû faire des économies. Et nous ne voulions pas rogner sur le niveau audiovisuel des meetings. » C’est donc du côté du budget dévolu aux buffets qu’il a fallu rogner. Chez Union Monégasque (UM), on a décidé de faire l’impasse sur la galette des rois, une pratique politique et une tradition que Jean-Louis Grinda, la tête de liste, a régulièrement qualifiée de « réflexe du passé ». C’est avec une jeune entreprise monégasque, A Roca, que la liste UM a choisi de travailler. « Je viens juste de raccrocher avec eux. Ils veulent que nous organisions le buffet du prochain meeting, annonce, enthousiaste Cécile Bichon, responsable commerciale chez A Roca. Cela prouve qu’ils ont été satisfaits ! Notre zone d’activité traiteur se situant à Monaco, et comme les gens qui vont à ce type de cocktails sont monégasques, pour nous, c’est forcément intéressant. C’est très positif. » Facturé 20 euros par personne, le buffet choisi vise à créer de la convivialité. Pour ces entreprises monégasques, la campagne électorale est donc aussi un moment économique important. Nouveaux contacts, démonstration de leurs savoir-faire, publicité… Les premiers gagnants de cette élection 2018, ce sont sans doute eux.

 

journalistSophie Noachovitch