« Stéphane Valeri n’a pas le monopole des compétences »

Anne-Sophie Fontanet
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Béatrice Fresko-Rolfo a poussé un coup de gueule contre la tête de liste de Primo !. Entre la gestion du dossier de l’extension en mer et l’explication des propositions du programme, c’était l’heure de la mise au point pour Horizon Monaco.

Trop, c’est trop. Au lendemain du meeting donné par Horizon Monaco (HM) salle Léo Ferré le 15 janvier dernier, la tête de liste de Primo !, Stéphane Valeri, avait donné son point de vue — plutôt négatif — sur le programme de cette liste concurrente. « Chez HM, c’est le vide », avait-il lancé (lire Monaco Hebdo n° 1045). Le candidat s’était particulièrement arrêté sur la prise de parole d’Elodie Kern de Millo, concernant la santé. Suscitant l’indignation de cette dernière devant la presse : « Il n’a pas le monopole des compétences et des propositions sérieuses. Nous avons travaillé sur les dossiers. On a des candidats compétents dans tous les domaines. C’est irrespectueux envers les Monégasques que nous représentons. » Même réaction du côté de Béatrice Fresko-Rolfo qui regrette « le jeu dangereux » auquel se livrerait Valeri. « Comme je l’ai répété plusieurs fois, confrontons nos idées. Mais ne mettons pas en cause les Monégasques qui s’investissent pour leur pays. HM ne se permet pas de juger les compétences des colistiers de M. Valeri qui, je le rappelle, ne sont pas des professionnels de la politique et donnent de leur temps pour leur pays, comme tous les autres. Ce moment de campagne doit être démocratique, apaisé et constructif », souligne-t-elle.

Extension en mer

Autre sujet qui a fait bondir Jacques Rit, habituellement plus calme : le projet d’extension en mer à l’Anse du Portier. Ce conseiller national sortant estime que les reproches de Stéphane Valeri contre HM et sa gestion du dossier à l’époque sont infondés : « Ce projet, dont le financement est exclusivement privé, a été présenté au Conseil national à un stade où il était pratiquement définitif dans sa forme et largement arbitré par le souverain. » S’il convient bien qu’aucun logement domanial n’a été négocié sur le site, Jacques Rit met en avant la négociation d’une soulte de 400 millions, ainsi que des apports de TVA à hauteur de 600 millions d’euros, « une garantie par le traité de concession qui prévoit une obligation de vente, au contraire de la tour Odéon ». Soit, selon cet élu, globalement presque une année de recette du budget de l’Etat. « Ils sont là les domaniaux ! », s’exclame-t-il. Une argumentation appuyée par son collègue Claude Boisson : « Le Prince Albert II souhaitait le vote de cette loi. Est-ce que ces gens-là seraient capables d’aller à son encontre ? ». Et Béatrice Fresko-Rolfo d’enfoncer le clou : « M. Primo, quant à lui, était au gouvernement lors de ces négociations. Nous ne l’avons pas entendu une seule fois sur ce point. Si le scandale dont il parle est réel, pourquoi n’a-t-il pas démissionné ? ». La tête de liste HM évoque aussi son opposition au premier projet de l’esplanade des Pêcheurs, motivée, selon elle, par l’absence de logements domaniaux.

 

« M. Primo était au gouvernement lors de ces négociations [sur l’extension en mer — N.D.L.R.]. Nous ne l’avons pas entendu une seule fois sur ce point. Si le scandale dont il parle est réel, pourquoi n’a-t-il pas démissionné ? »

Béatrice Fresko-Rolfo. Tête de liste HM

 

Les mesures phares

Cette mise au point ne faisait pas oublier à Béatrice Fresko-Rolfo de détailler les propositions phares de son programme, envoyé par courrier aux Monégasques ces derniers jours. Premier thème abordé, celui de la priorité nationale, que HM décrit comme « responsable, renforcée et respectée ». « Embaucher un Monégasque, ce n’est pas embaucher un boulet dont on ne pourra plus se débarrasser », insiste le candidat Criss Roux. En matière de logement, HM demande la livraison de 200 logements après 2023 ainsi qu’une « prospective des besoins à mettre en place tout de suite sur 10 et 20 ans ». Dans la fonction publique, la liste HM souhaite négocier un régime de prévoyance et de garantie décès, invalidité et santé au moyen d’un partenariat avec un groupement d’assurances. Béatrice Fresko-Rolfo espère enfin l’augmentation du nombre de postes à temps partiel. Au sein de la Société des Bains de Mer (SBM), c’est un organigramme prospectif « pour identifier les compatriotes qui par leur formation pourraient intégrer tous les secteurs de la SBM dans les années à venir » que souhaite ce groupe politique. Au niveau de l’emploi, HM réclame une modernisation du service de l’emploi, avec « la mise en place d’une plateforme numérique officielle et publique qui proposera les postes disponibles ».

Droit des femmes

Sur la question de l’éducation, HM s’engage à demander une réflexion sur la mise en place d’un cursus bac international, « une véritable filière en langue anglaise ». Mais aussi la création d’un pôle des études supérieures et de la formation. Concernant la santé, outre l’idée d’une nouvelle maison de retraite sur les délaissés du centre hospitalier Princesse Grace (CHPG), les colistières Elodie Kern de Millo et Katia Gagnol appellent au développement des médecines douces et complémentaires « en leur donnant un cadre strict ». HM demande enfin la mise en place d’une direction bicéphale pour le CHPG. Autre proposition phare du programme, celle concernant les commerces. HM veut revenir à des loyers commerciaux « qui respectent l’esprit du secteur domanial. Nous souhaitons que les prix annuels au mètre carré proposés aux Monégasques n’excèdent pas 50 % de la moyenne des loyers commerciaux pratiqués dans le secteur privé du même quartier », développe Béatrice Fresko-Rolfo. Pour achever ce tour d’horizon, c’est Mathilde Bellon-Le Clerc qui a pris la parole pour défendre le droit des femmes : « Elles doivent pouvoir bénéficier des mêmes droits que les autres et ne doivent plus faire l’objet de discriminations. C’est un problème culturel global contre lequel nous devons lutter », observe cette jeune femme de 26 ans. HM propose la création d’un poste de délégué à l’égalité hommes-femmes, « afin de transformer une égalité de droit en égalité réelle de traitement ».

 

journalistAnne-Sophie Fontanet