Et si vous étiez plus écolo ?

Anne-Sophie Fontanet
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Le gouvernement vient de lancer le pacte national pour la transition énergétique. Objectif : aider la communauté monégasque à changer ses modes de consommation pour faire baisser les émissions de gaz à effet de serre.

Lors des Accords de Paris en décembre 2016, l’engagement du Prince Albert II avait fixé le cap. A l’horizon 2050, la Principauté devra avoir atteint la neutralité carbone. C’est au gouvernement princier qu’il revient dorénavant de mettre en place les mesures qui permettront de répondre à cet objectif ambitieux. Au département de l’environnement, dirigé par Marie-Pierre Gramaglia, on prend bien la mesure de ce challenge depuis plusieurs années. Un nouveau pas vient d’être franchi vendredi 19 janvier 2018. Avec le lancement du pacte national pour la transition énergétique, le conseiller de gouvernement veut sensibiliser et mobiliser l’ensemble de la communauté monégasque. « C’est une action forte pour aller vers une évolution progressive mais irréversible », signale le conseiller-ministre pour l’équipement, l’environnement et l’urbanisme, Marie-Pierre Gramaglia. Les buts du pacte sont clairement établis : faire évoluer les modes de consommation et habitudes, « sans entraver le développement », tout en créant de « nouvelles opportunités ». Aussi bien qu’accompagner la communauté dans cette transition énergétique. « L’adhésion de la communauté est essentielle pour y arriver », estime Gramaglia.

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« C’est une action forte pour aller vers une évolution progressive, mais irréversible »

 

Calculette carbone

Son équipe de la direction de la transition énergétique a conçu un site internet associé à une calculette carbone qui doit apporter le plus d’informations possibles à tous les volontaires intéressés. C’est sur ce même outil numérique qu’ils pourront signer ce pacte. L’engagement n’y est que symbolique. Ceux qui signeraient le document et ne réduiraient pas leur consommation d’énergie ne seront absolument pas sanctionnés. Quel intérêt alors ? « Personne ne va volontairement signer pour ne rien faire », veut croire le conseiller. Marie-Pierre Gramaglia laisse un an au pacte pour prendre racine dans la population résidente aussi bien que pendulaire. « Le pacte vient renforcer la démarche en permettant à chacun de participer. C’est un travail d’équipe. Le bilan annuel nous permettra de vérifier où nous en sommes sur la trajectoire de baisse des effets des gaz à effet de serre », complète Jean-Luc NGuyen, directeur de la mission pour la transition énergétique.

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Fioul lourd

Douze catégories d’acteurs sont directement ciblées par cette campagne de sensibilisation. Notamment les particuliers, les promoteurs immobiliers, les industries ou encore les hôtels. Dans la liste ne figurent pas les entreprises du transport maritime, comme les bateaux de croisière, pourtant très gourmandes en consommation d’énergie. « Nous n’avons pas encore discuté avec eux spécifiquement de ce sujet », reconnaît Jean-Luc Nguyen. Marie-Pierre Gramaglia préfère insister sur l’interdiction, au printemps « au plus tard », du fioul lourd à Monaco. « On a approché les différentes compagnies maritimes pour les sensibiliser à cette réglementation à venir », rapporte-t-elle. Avec ce pacte signé par le Prince Albert II et l’ensemble de son gouvernement, Monaco espère poser un cas de conscience à ses habitants pour mettre en place de nouvelles pratiques plus respectueuses de l’environnement.

 

A l’horizon 2050, la Principauté devra avoir atteint la neutralité carbone

 

Incinération

« C’est une démarche à long terme. Nous avons beaucoup de travail devant nous. » Comme un meilleur tri des déchets « en amont » par exemple. « On veut faciliter ce tri et on travaille en collaboration avec la société monégasque d’assainissement (SMA) pour le rendre plus efficace », insiste Gramaglia. Cela passera par le développement de zones de tri « avec des bacs enterrés », l’obligation dans les nouveaux bâtiments de mettre à disposition des locaux pour le tri sélectif et la mise en place d’espaces publics pour les immeubles qui n’auraient pas la place de le faire. Cela passe enfin, selon le conseiller, par une nouvelle usine de revalorisation des déchets « dotée des meilleures technologies ». En clair, on brûlera moins de déchets à Monaco. Les 16 000 tonnes de déchets issues de la communauté d’agglomération de la Riviera française (Carf) ne seront d’ailleurs plus incinérées en Principauté dès 2019. Rendez-vous est déjà pris en 2030 pour savoir si l’objectif de baisse de 50 % des émissions de gaz à effet de serre par rapport à 1990 a été respecté.

+ d’info sur www.transition-energetique.gouv.mc

journalistAnne-Sophie Fontanet