Le diagnostic du réseau ferroviaire passera-t-il en Paca ?

Anne-Sophie Fontanet
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L’Etat français lance, via SNCF Réseaux, un diagnostic complet des systèmes d’alimentations électriques, de signalisation et sur les postes informatiques de toutes les grandes gares parisiennes et les principales gares en région. En Paca, l’association des Naufragés du TER Grasse-Vintimille demande que les gares de Nice-Ville, Antibes et Cannes soient inclues dans cette radiographie.

Après l’accumulation d’incidents paralysants pour le réseau ferroviaire français pendant le mois de décembre, la ministre française en charge des transports, Elisabeth Borne, a affirmé que « l’entretien et la modernisation du réseau existant sera la grande priorité du gouvernement en matière d’investissements ferroviaires ». Elle précise qu’« une importance toute particulière sera accordée à la désaturation des grandes agglomérations du pays », sans donner le nom des villes concernées. Raison pour laquelle l’association niçoise d’usagers des trains Les Naufragés du TER Grasse-Vintimille (NTGV) l’appelle à inclure dans le diagnostic les villes de Nice, Antibes et Cannes. « L’activité des TER est fortement dégradée sur la Côte d’Azur », détaille Eric Sauri, président des NTGV. Si l’association se félicite du « processus de redressement engagé », elle déplore le fait que « ces efforts se trouvent régulièrement réduits à néant par des problèmes d’alimentation électrique ou de signalisation sur l’infrastructure de la première ligne TER de Province ».

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« L’activité des TER est fortement dégradée sur la Côte d’Azur »

Eric Sauri. Président de l’association des Naufragés du Ter Grasse-Vintimille

 

Sous-investissement

5,2 milliards d’euros seront consacrés à la régénération du réseau ferroviaire. C’est SNCF Réseaux qui est chargé d’établir le diagnostic. Celui-ci devrait être finalisé fin mars 2018. Les propositions d’actions et les investissements prioritaires pour les grandes gares devront, elles, être proposés un mois plus tard. « Une part importante des incidents rencontrés résulte d’un sous-investissement depuis plusieurs décennies dans l’entretien et la modernisation du réseau ferroviaire, au détriment en particulier des trains du quotidien pourtant essentiels pour des millions de voyageurs », a réagi Elisabeth Borne. La ministre fixe trois impératifs à la direction de la SNCF : assurer sécurité et fiabilité du transport ferroviaire, mener les travaux nécessaires, en maîtriser les conséquences et renforcer la confiance en informant mieux les voyageurs. Des reproches qui reviennent régulièrement dans la bouche des usagers. « La fréquence des perturbations sur un réseau n’ayant pas subi de profonde transformation depuis la fin du XIXème siècle, sans plan B, fragilise les circulations des trains du quotidien et asphyxie l’économie azuréenne des Arcs à Vintimille et spécifiquement la cinquième ville de France, ce qui n’est pas tolérable », se plaint Eric Sauri.

 

« Une part importante des incidents rencontrés résulte d’un sous-investissement depuis plusieurs décennies »

Elisabeth Borne. Ministre française en charge des Transports

 

Chute de roches

L’association qu’il préside attire aussi l’attention sur un phénomène ultra-local : les éboulements de la falaise entre Beaulieu-sur-Mer et Eze-sur-Mer. « Les voyageurs doivent savoir si leur sécurité est bien assurée et connaître l’échelle des risques : s’agit-il de détachements de blocs de rochers tels qu’ont connu les chemins de fer de Provence en février 2014, ou alors d’oiseaux qui se cognent dans les filets et perturbent le dispositif ? », interroge Eric Sauri. Deux demandes précises sont formulées auprès de l’Etat français et de la Région Sud-Paca pour contrer cette situation délicate qui handicape lourdement les jours de pluie le trafic ferroviaire. Intégrer d’abord cette démarche à l’audit global mené par SNCF Réseaux. Et financer une étude d’optimisation du risque de chutes de pierres dans les circulations de TER entre Beaulieu et Eze. « A l’instar des problèmes électriques, ces chutes de pierre provoquent des interruptions de circulation en heures de pointes, et empêchent tant les voyageurs de se rendre à leur travail, que les entreprises de disposer de leurs personnels. Cette situation sature, en outre, le réseau routier par les reports modaux et augmente ainsi la pollution atmosphérique », observent les NTGV.

 

journalistAnne-Sophie Fontanet