Au Métropole, il se fait servir champagne et repas à l’œil

Anne-Sophie Fontanet
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Les 3 274  euros que coûtait ce dîner luxueux au restaurant du palace n’ont jamais été réglés par ce Néerlandais de 34 ans. Il a été condamné à un mois de prison ferme.

Carrure imposante, regard dans le vide. Vendredi 12 janvier, ce n’est pas la première fois que P.N. comparaît devant la justice monégasque. A 34 ans, cet homme de nationalité hollandaise, qui toucherait une pension d’invalidité en Belgique à cause de problèmes psychiatriques, est une énigme : vrai malade ou très bon manipulateur ? En 18 mois, c’est la quatrième fois qu’il est jugé pour grivèlerie à Monaco. A chaque fois, il repart du restaurant sans payer. Et à chaque fois, dans un palace différent de la Principauté. Cela commence à faire beaucoup pour la juridiction qui s’interroge sérieusement sur la véracité de la santé mentale du monsieur. « Dans toutes les procédures qui le concernent, il n’est jamais allé dans la pizzeria du coin…, signale ainsi le président de l’audience, Florestan Bellinzona. Il se rend dans des établissements de luxe. Et ce ne sont pas les voix dans sa tête qui lui disent d’être servi. »

« Manipulateur »

Dans son box, P.N. plaide tout azimut son alcoolisme, sa schizophrénie, son autisme ou encore sa bipolarité. Une liste qui, depuis sa première comparution à Monaco, ne cesse de s’allonger. « Je pense que si je ne suis pas les voix, je vais mourir. » Au Métropole, c’est après avoir consommé un repas très copieux composé d’entrées, de trois plats de viande, d’un dessert mais aussi de nombreux alcools dont trois bouteilles de champagne à 970 euros l’unité, qu’il se rend compte de son impossibilité de payer… Il était venu dîner seulement quelques heures après avoir été raccompagné par la sûreté publique à cause d’une mesure de refoulement décrétée depuis plusieurs années à son encontre. « C’est un manipulateur qui a réponse à tout. Votre décision doit indiquer aux restaurateurs que monsieur n’a pas les moyens de se faire servir. Il faut que cela se sache », estime Hervé Poinot, procureur adjoint de Monaco.

« Discernement altéré »

Il requiert six mois de prison ferme pour dire de manière claire au prévenu qu’il n’est « plus autorisé à rentrer à Monaco » et qu’il y sera « systématiquement poursuivi pour cette infraction ». L’avocat du prévenu, Me Stephan Pastor, fustige lui « l’incohérence » des deux rapports d’experts « qui ne parlent pas de la même personne ». « C’est difficile de comprendre ce qu’il se passe dans la tête de mon client », admet-il. Il réclame à la cour de prendre en compte et de réfléchir à un « discernement altéré » ainsi qu’« aux soins qui devraient lui être prodigués ». Le tribunal a finalement condamné P.N. à un mois de prison ferme.

 

La “dame pipi” agresse une usagère

L’affront et la rancœur étaient sûrement trop prégnants. Le 26 septembre, une dame quitte les toilettes publiques de Monte-Carlo sans tirer la chasse d’eau derrière elle. L’empoignade entre elle et la gardienne ne tarde pas. La mauvaise blague aurait pu virer au tragique quand elle décide de jeter délibérément de l’alcool ménager au visage de cette touriste. La victime décide de poursuivre l’indélicate devant la justice. « On voit bien votre geste volontaire », rapporte le président Jérôme Fougeras-Lavergnolle, se fondant sur les images de vidéosurveillance. Trois jours d’ITT pour une irritation aux yeux seront prononcés. « Voilà 21 ans que je travaille et, pour cet incident, je risque de perdre ma place », se plaint la prévenue quinquagénaire, de nationalité portugaise. « Les blessures sont assez graves et ces faits sont anormaux », la recadre le substitut Alexia Brianti. Le tribunal requalifie les faits en violences légères et prononce une peine d’amende de 200 euros.

 

journalistAnne-Sophie Fontanet