« Primo ! représente
ce que l’on ne veut pas ! »

Sabrina Bonarrigo
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Le groupe Union Monégasque promet d’être au rendez-vous le 11 février 2018 et organise son premier grand meeting le 17 janvier.

Meetings, conférences de presse, réunions de quartier et présence très soutenue sur les réseaux sociaux… À un mois du scrutin, les groupes en lice pour l’élection nationale du 11 février mettent le paquet pour faire connaître leurs candidats et leurs idées. Pour Union monégasque (UM), la fin de l’année 2017 et le début de l’année 2018 ont été encore plus chargées. L’échec de l’alliance avec Horizon Monaco (HM) a en effet obligé ce groupe politique à repartir à la pêche aux candidats pour monter une liste de 24 : « Je ne vous dis pas qu’à la veille des fêtes de Noël, c’est le sport le plus facile du monde… Nous avons perdu du temps. Mais nous allons y arriver », confiait la tête de liste, Jean-Louis Grinda, le 21 décembre, lors d’une conférence de presse. Mais le groupe UM, reste confiant. Ils assurent qu’ils seront au rendez-vous le jour du scrutin et, au complet : « Sans aucun doute, sans aucun état d’âme, nous serons là, le 11 février. Et nous serons 24 ! ». Reste à voir si ce sera effectivement le cas… Réponse — au maximum — le 26 janvier, date finale du dépôt des candidatures. En s’engageant, Grinda et ses colistiers n’ont en tout cas qu’une idée en tête : porter haut leurs idées et faire barrage au principal rival, Stéphane Valeri : « Priorité Monaco (Primo !) représente ce que l’on ne veut pas ! », résument-ils. Dans cette dernière ligne droite avant le scrutin, UM intensifie ainsi la cadence. Portés par leur nouveau slogan, « Parler vrai, voir grand ! », les candidats ont annoncé qu’ils iront à la rencontre des Monégasques lors de réunions de quartiers, mais aussi lors d’un grand meeting le 17 janvier à 19h au Théâtre Princesse Grace (TPG). Jean-Louis Grinda a aussi renouvelé le genre, en proposant une rencontre virtuelle avec les électeurs. Le 10 janvier, la tête de liste devait en effet répondre pendant 30 minutes sur Facebook, en direct et en vidéo, aux questions posées par les internautes.

 

Une proposition d’UM transformée en projet de loi

La proposition de loi sur les incompatibilités et les inéligibilités au Conseil national sera transformée en projet de loi… C’est le ministre d’Etat, Serge Telle, qui l’a annoncé mi-décembre dans un courrier. Dans sa version consolidée, ce texte déposé à l’origine par le groupe Union Monégasque (UM), considère que le ministre d’Etat, un conseiller de la couronne, un membre du tribunal suprême, les conseillers de gouvernement-ministre, ou encore les magistrats de l’ordre judiciaire, sont inéligibles au Conseil national (1), sauf s’ils cessent leurs fonctions « 8 mois au moins » avant le jour du scrutin. Le texte définit également une liste de « fonctions incompatibles » avec le mandat de conseiller national. Y figurent notamment les collaborateurs directs du ministre d’État, le directeur du centre hospitalier Princesse Grace (CHPG), ou encore le président du conseil économique et social (CES). « UM se félicite que le gouvernement reprenne un texte qui promeut l’équité entre candidats aux élections nationales et contribue à de meilleures pratiques dans la vie publique », a réagi le groupe sur sa page Facebook.
(1) L’inéligibilité interdit de se porter candidat à l’élection. L’incompatibilité oblige à faire un choix entre sa fonction et son mandat en cours.

 

Crise à Apolline : UM demande une commission d’enquête indépendante

La crise sanitaire aux Jardins d’Apolline est une première à Monaco… Et pour « éviter qu’un tel scandale ne puisse se reproduire à l’avenir », Union Monégasque (UM) demande la mise en place « d’une commission d’enquête indépendante ». Et « non pas d’une commission parlementaire », insiste l’élu et candidat UM, Jean-François Robillon. Objectif : identifier quels ont été les manquements dans ce dossier. « Il y a obligatoirement eu des dysfonctionnements, politiques et administratifs. Il faut les mettre en évidence. Qui a laissé faire ? Qui a autorisé ? Qui n’a pas contrôlé ? Les services de base ont fait remonter les informations à leur tutelle, mais pendant deux ans et demi, il n’y a eu aucune décision de prise. On a laissé pourrir des pans entiers de murs, et des chapes de béton ! », peste cet élu. Selon UM, cette requête est d’autant plus « légitime », que la facture pour l’Etat pourrait être très salée : entre « 60 et 80 millions d’euros, selon l’importance des travaux de reconstruction », rappelle Jean-Charles Allavena. « C’est aussi une manière de rentrer dans le XXIème siècle, poursuit la tête de liste UM, Jean-Louis Grinda. Un pays qui ne peut pas produire d’enquête indépendante a un vrai problème de démocratie ». S.B.

 

« Les négociations ont échoué par la volonté d’une personne : Madame Fresko »

Dans les rangs d’Union Monégasque (UM), l’échec de l’alliance avec Horizon Monaco (HM) a laissé un goût assez amer : « Les négociations ont échoué par la volonté d’une personne : Madame Fresko », affirme la tête de liste UM, Jean-Louis Grinda. Pour Jean-Charles Allavena, cette décision dépasse « la logique politique. Nous n’étions pas partis sur un mariage d’amour… Il y avait certes des différences entre nous, mais elles étaient loin d’être incompatibles. On pouvait se retrouver sur 90 % des sujets. C’était un mariage de bon sens, par rapport à une loi électorale faite bizarrement. La plupart des colistiers de madame Fresko l’avait compris. Mais il se trouve qu’elle n’en n’a pas voulu », regrette cet élu et candidat. S.B.

 

Délocalisation du stade Louis II : « Il faut rouvrir d’urgence le dossier »

C’est une proposition qui a été très commentée et parfois moquée… Lors d’une réunion de quartier, le groupe Union monégasque (UM) a suggéré que le stade Louis II — la pelouse et les gradins uniquement — soit délocalisé dans une commune limitrophe française. Selon leur estimation, l’espace libéré permettrait de créer « 1 000 logements » pour les Monégasques. Sauf qu’en séance budgétaire, le gouvernement a fait savoir que la piste d’une délocalisation du stade, en France ou en mer, a déjà été étudiée depuis des années par les autorités, mais toujours écartée. Mais comme pour l’usine d’incinération, UM refuse que le débat soit enterré : « Si le dossier a été momentanément fermé, il faut le rouvrir d’urgence. Car il n’y a pas de meilleure idée qui permette d’avoir un gain net de 1 000 appartements, insiste la tête de liste, Jean-Louis Grinda. Le problème du logement des Monégasques est un problème récurrent. Cette piste offre une solution réelle. La question n’est pas indigne. Elle doit être posée et débattue. » « Est-ce que l’on préfère voir 22 fois par an des joueurs de football dans un stade qui n’accueille que 5 000 à 6 000 personnes par match, ou est-ce qu’on préfère loger nos petits-enfants ? C’est un peu provocateur d’évoquer le sujet en ces termes, mais la vraie question est là ! », insiste Jean-François Robillon. S.B.

 

journalistSabrina Bonarrigo