Réservistes :
« Une plus-value sécuritaire »

Sabrina Bonarrigo
-

Ils sont aujourd’hui cinq, mais le gouvernement souhaite doubler les effectifs autour du « printemps 2018 ». Les réservistes, jeunes retraités de la sûreté publique, surveillent depuis environ 8 mois les abords et l’intérieur des établissements scolaires. Et allègent ainsi la police de certaines missions.

Pour assurer la sécurité des 37 000 résidents, l’Etat monégasque n’a jamais lésiné sur les moyens. Au-delà des caméras de vidéosurveillance omniprésentes sur le territoire, la sûreté publique dispose aussi d’un effectif pléthorique. Au total, pas moins de 554 policiers assurent la politique sécuritaire du pays, dont 366 sur la voie publique. Mais depuis mai 2017, les policiers monégasques ont de “nouveaux-anciens” collègues qui les accompagnent sur le terrain : les réservistes. Il s’agit de jeunes retraités de la sûreté publique, âgés entre 55 et 65 ans, qui ont décidé de reprendre du service. Leur mission principale ? Sécuriser les établissements scolaires. A l’heure actuelle, cinq anciens de la maison ont été recrutés et positionnés au collège Charles III, au collège François d’Assise Nicolas Barré (Fanb), du côté de l’Annonciade, au lycée technique et hôtelier à la Condamine, à l’école Saint-Charles et à proximité du lycée Albert Ier. La mission de ces réservistes ne se limite pas uniquement à sécuriser les passages protégés et les abords des écoles, tâche jusqu’alors assurée par des policiers. « Ils amènent aussi une vraie plus-value sécuritaire à l’intérieur de l’établissement », explique le lieutenant Patrice Biagi qui chapeaute le dispositif. Très concrètement, cela peut consister par exemple à intervenir lors d’une bagarre en récréation, mettre en place des règles de sécurité avec le chef d’établissement, ou donner l’alerte à la brigade des mineurs si un éventuel trafic de cannabis est constaté…

Attentats

Pourquoi le gouvernement a-t-il choisi de faire appel à ces anciens policiers ? « Suite aux attentats qui se sont produits en France, le gouvernement monégasque a souhaité renforcer la sécurité à Monaco, répond le lieutenant Biagi. C’est aussi vrai dans, et aux abords, des établissements scolaires. » Au-delà du périmètre scolaire, ces réservistes ont aussi été recrutés pour deux autres missions : alléger la police de certaines tâches administratives consommatrices de temps, et soutenir les forces de sécurité lors d’évènements exceptionnels comme le Grand Prix. Ils sont donc là pour épauler les forces de l’ordre et « suppléer les agents de police ». Ce qui permet aux policiers de se concentrer davantage sur des missions qui sont leur cœur de métier. « L’avantage est que ces réservistes connaissent sur le bout des doigts le tissu urbain monégasque et le fonctionnement des services de police », commente le lieutenant Biagi.

30 ans d’expérience

Mais que les parents d’élèves et les résidents soient rassurés. Ces jeunes retraités sont physiquement pleinement opérationnels et gardent encore un oeil très aguerri : « Ce ne sont pas des retraités en bout de course… Ils sont très compétents et disposent de leur pleine capacité physique. Les réservistes sont d’anciens sous brigadiers ou officiers. Tous ont une trentaine d’années d’expérience dans la police. Ce sont donc de très bons éléments. Et l’oeil d’un policier reste l’oeil d’un policier. Ils voient ce que les autres ne voient pas ».

Un bâton de défense

Quant à ces anciens de la maison qui reprennent du service, leur motivation sont diverses. La plupart ont fait ce choix pour conserver une vie active. Et il y a ceux, aussi, qui y voient un moyen d’arrondir leur fin de mois. Les réservistes, qui signent des contrats d’un an, sont en effet rémunérés en plus de leur retraite. Côté équipement, ces ex-policiers ne portent pas d’arme, mais ils sont équipés d’une radio et d’un bâton de défense, une sorte de petite matraque rétractable. Une certitude : ces réservistes seront de plus en plus nombreux à l’avenir. Le gouvernement souhaite en effet étoffer cette force d’appoint : « Il devrait y avoir autour d’une dizaine de réservistes civils autour du printemps 2018 », a indiqué le conseiller-ministre de l’intérieur, Patrice Cellario, lors d’une séance publique au Conseil national, en octobre 2017. A terme, le souhait de l’exécutif est de couvrir tous les établissements scolaires de la Principauté.

 

journalistSabrina Bonarrigo