Jardins d’Apolline : « Il n’est pas envisageable que les futurs travaux soient revus à la baisse »

Sabrina Bonarrigo
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Les 237 appartements des Jardins d’Apolline seront-ils, sans exception, remis totalement à neuf, comme l’avait annoncé le ministre d’Etat, Serge Telle, le 2 octobre dernier lors d’une réunion publique devant les résidents ? Des expertises actuellement menées considèreraient qu’il ne serait pas forcément utile de tous les réhabiliter… En particulier les logements qui n’ont pas subi de sinistres. Face à ces rumeurs, l’association des résidents et des commerçants des Jardins d’Apolline a décidé de réagir. Dans un communiqué publié le 11 décembre 2017, les membres de cette association demandent au gouvernement de respecter la parole donnée et les engagements pris en octobre dernier : « À seulement deux mois du début des travaux initialement annoncés, alors que des dizaines de familles se retrouvent dans un appartement provisoire et que d’autres sont dans les cartons, il paraît urgent que le gouvernement princier prenne une position sur le niveau des travaux et l’entreprise qui les effectuera, écrit l’association. Il ne nous paraît pas envisageable que les futurs travaux soient revus à la baisse, sachant que chaque appartement, quel que soit son état constatable aujourd’hui, a été construit avec des isolations des murs en fibre de bois et des isolants des sols Assour. Ces deux éléments sont des facteurs aggravants qui captent l’eau et contribuent au développement de moisissures en cas de fuite d’eau. Ils doivent impérativement être retirés de chaque appartement et imposent donc de casser les murs et les sols, en complément du changement systématique de la tuyauterie et des cadres perméables des fenêtres. Les problèmes d’étanchéité de nombreuses terrasses devront être également traités dans la globalité, sans négliger un profond nettoyage des systèmes de climatisation afin d’éliminer toute trace de champignons. » L’association demande donc au gouvernement de « demeurer sur sa ligne politique initiale » qui consiste à « mettre à l’abri toutes les familles des Jardins d’Apolline dont la seule préoccupation est de retourner le plus rapidement possible dans des foyers remis à neuf et sans la moindre crainte de récidive. » À noter que l’entreprise de construction Satri, qui a réalisé ces logements domaniaux en partenariat avec Engeco, a aussi publié un communiqué de presse le 8 décembre 2017. Objectif : répondre aux « allégations inexactes » et « aux insinuations mensongères ou diffamatoires » concernant les causes des problèmes survenus aux Jardins d’Apolline. Dans ce communiqué, cette entreprise mentionne que les 237 logements ont été livrés en deux phases, en mars 2012 et mars 2013, et « réceptionnés définitivement, sans réserves, par l’Etat en mars 2014. Toutes les phases du chantier se sont effectuées de manière satisfaisante et ont été certifiées haute qualité environnementale (HQE). Comme c’est la règle à Monaco, les travaux ont été régulièrement contrôlés par un architecte, le bureau d’études Fluides et le bureau de contrôle missionnés par l’Etat. » Satri indique aussi comprendre et partager « les inquiétudes et les attentes légitimes des familles concernées ». Avant de nuancer : « Toutefois et au vu des opérations d’expertises récemment menées, le nombre des appartements affectés serait en nombre limité et avec des degrés de gravité très inférieurs aux observations liminaires. La grande majorité des logements serait sans problèmes particuliers ». Satri assure enfin qu’elle « collabore et coopère pleinement avec les parties prenantes, à la fois pour aider à la compréhension des causes pressenties des problèmes survenus et, au-delà, pour participer à la mise en œuvre de solutions adaptées ».

journalistSabrina Bonarrigo