« On espère faire
un podium avec Malizia II »

Raphael Brun
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C’est une première pour un bateau monégasque. Boris Herrmann et Thomas Ruyant ont pris le départ de la transat Jacques Vabre, le 5 novembre, à bord de Malizia II, un IMOCA60. Partis du Havre, ils doivent rallier le Brésil et l’Etat de Bahia. Interview du seul navigateur allemand de cette course, Boris Herrmann, qui vise le Vendée Globe 2020, toujours sur un bateau monégasque.

Votre parcours ?

J’ai fait quatre tours du monde, dont deux sans escale. Notamment en double, avec escale, en 40 pieds, en 2008 et 2009. Puis en double, sans escale, en 40 pieds, lors de la Barcelona World Race, en 2010. Ensuite, à bord de Maserati, le VOR70 de Giovanni Soldini, avec lequel nous avons établi quelques records en équipage, en escale, autour du monde. En 2016, j’ai participé au trophée Jules Verne, avec Francis Joyon. Avant tout ça, j’ai fait de la Minitransat en solo et de la transat anglaise, où j’ai obtenu une deuxième place.

Boris Herrmann © Photo Marian Chytka

Boris Herrmann © Photo Marian Chytka

Il y a peu d’Allemands qui font de la course au large : comment êtes-vous parvenu à vous imposer dans ce milieu ?

J’ai réussi à m’imposer grâce à mon parcours. Mon père m’a initié à la voile et à la croisière au large. Sans oublier des régates en dériveurs.

Vos ambitions sur cette transat Jacques Vabre ?

On espère faire un podium.

Qui sont les favoris et donc, les concurrents les plus sérieux ?

SMA avec Paul Meilhat et Gwénolé Gahinet, Saint Michel – Virbac avec Jean-Pierre Dick et Yann Eliès et enfin Des Voiles et Vous avec Morgan Lagravière et Eric Peron.

Comment on gère la cohabitation

pendant 10 jours ?

Ce sera probablement plutôt 19 jours de cohabitation, si la course est lente… Mais on a déjà fait 100 jours en double, sans escale, en IMOCA sur la Barcelona Race. Donc 10 jours, c’est absolument rien (rires) ! Le respect réciproque entre nous, les marins professionnels, garantit une relation équilibrée et un engagement commun. C’est une vraie fierté de représenter la Principauté. Avec Thomas, nous partageons tous les deux un même objectif : faire une belle course.

On apprend quoi sur ce genre de course ?

On apprend à faire bien marcher le bateau, le plus vite possible. Mais aussi à prendre des décisions par rapport à la météo sur la partie qui est identique à la première partie du Vendée Globe. Surtout que le Vendée Globe est notre but à long terme, à tous les deux.

Quoi d’autre ?

Sinon, on apprend également sur des détails techniques et on rode l’équipe en termes de collaboration logistique et de préparation. Sans oublier les médias pour qui on essaie d’envoyer les meilleures images depuis le bateau.

Par rapport au Vendée Globe, en quoi la préparation diffère sur la transat Jacques Vabre ?

On amène moins de “spares” [des pièces de rechange — N.D.L.R.]. Et puis, psychologiquement, c’est moins lourd.

La transat Jacques Vabre permet de prendre de l’expérience pour les courses au solitaire ?

C’est exact. On prend de l’expérience avec le bateau, pour le

mener efficacement. Ce qui est pareil en double ou en solo.

Votre objectif suivant, c’est le Vendée Globe 2020 ? Avec Monaco ? Avec quels moyens ?

Oui, je vise une participation au Vendée Globe 2020 avec Monaco et le Yacht Club de Monaco (YCM). En 2020, notre objectif sera un podium également. Ce sera aussi la première fois qu’un bateau monégasque participera au Vendée Globe.

De 2018 à 2020, quelle sera votre préparation pour ce Vendée Globe 2020 ?

Sous l’impulsion de Pierre Casiraghi, vice-président du club, qui sera à mes côtés sur certaines courses en double, comme ce fut le cas lors du Rolex Fastnet Race cet été, nous avons établi un programme d’entraînement et de régates pour préparer sérieusement le Vendée Globe.

 

Malizia II au Havre

© Photo Géraldine Philippot-Frédéric Robert

Transat Jacques Vabre :

13 monocoques IMOCA60 engagés

Des Voiles et Vous : Morgan Lagravière et Eric Peron

Bastide Otio : Kito de Pavant et Yannick Bestaven

Bureau Vallée 2 : Louis Burton et Servane Escoffier

Famille Mary-Etamine du Lys : Romain Attanasio et Aurélien Ducroz

Generali : Isabelle Joschke et Pierre Brasseur

Initiatives-Cœur : Tanguy de Lamotte et Samantha Davies

La Fabrique : Alan Roura et Frédéric Denis

La Mie Câline : Arnaud Boissières et Manuel Cousin

Malizia II : Boris Herrmann et Thomas Ruyant

Newrest-Bricoche Pasquier : Fabrice Amedeo et Giancarlo Pedote

SMA : Paul Meilhat et Gwénolé Gahinet

Saint Michel – Virbac : Jean-Pierre Dick et Yann Eliès

Vivo a Beira : Yoann Richomme et Pierre Lacaze

 

IMOCA60 : « De véritables laboratoires de développement »

Le bateau de Boris Herrmann et Thomas Ruyant, Malizia II, est un IMOCA60. Longs de 60 pieds, soit 18,28 mètres, ils ont une largeur maximale autorisée de 5,85 mètres et un tirant d’air de 29 mètres. « Conçus avant tout pour surfer dans les mers du Sud, les IMOCA60 sont parmi les plus rapides des monocoques de course au large. Ce sont aussi de véritables laboratoires de développement qui trouvent leurs applications par la suite dans la plaisance moderne : quilles pivotantes, spinnakers asymétriques, bout-dehors, carènes puissantes, foils… mais ils ont aussi recours à des énergies renouvelables, aux technologies de pointe en matière de communication et aux dispositifs de sécurité active », explique le site officiel de la transat Jacques Vabre. L’International Monohull Open Class Association (IMOCA) a été créée en 1991 avec pour objectif de réglementer les aspects techniques de la course au large, que ce soit en solo ou en double. Plus d’une vingtaine d’équipes se retrouvent sur des courses comme la Barcelona World Race, la transat Jacques Vabre, la Route du Rhum ou le Vendée Globe. Open Sports Management (OSM) et l’IMOCA ont lancé le championnat du monde IMOCA Ocean Masters, qui a été intégré dans les principales compétitions de courses au large. Pour continuer à grandir, de nouvelles courses ont aussi été imaginées dans d’autres zones géographiques, notamment les Etats-Unis et l’Asie, pour doper la visibilité des IMOCA60, comme par exemple la New York-Vendée (Les Sables d’Olonne) ou la New York – Barcelone. R.B.

 

Plainte pour viol contre Fahad Al Hasni : Oman Sail se retire

Trente-six heures avant le départ de la 13ème édition de la Transat Jacques Vabre qui a été donné dimanche 5 novembre à 13h35 du Havre, des accusations d’agression sexuelle ont été lancées à l’encontre du skipper omanais Fahad Al Hasni, 33 ans. Son ex-petite amie a déposé une plainte pour viol. « La victime, qui connaissait le skipper, présentait plusieurs traces de coups au visage », a indiqué une source policière à nos confrères de l’AFP. Fahad Al Hasni nie toute agression et assure que cette relation, qui s’est déroulée dans l’hôtel Novotel du Havre vendredi 3 novembre en début de soirée, était consentie. Le skipper a été interpellé et placé en garde à vue, peu après 20h30. Après avoir cherché en vain une solution, son équipe, Oman Sail, a été contrainte à l’abandon. Le skipper était le coéquipier du Français Sidney Gavignet. Il est aussi le premier Omanais à avoir traversé l’océan Atlantique à bord d’un trimaran en équipage. C’était en 2012. Depuis 2008, le Sultanat a misé sur la voile pour asseoir sa notoriété et attirer à la fois touristes et investisseurs. Dimanche 5 octobre, le procureur de la République du Havre (Seine-Maritime), François Gosselin, a indiqué que Fahad Al Hasni avait été mis en examen et placé en détention. R.B. 

 

journalistRaphael Brun