Négociations européennes :
un effet Brexit ?

Sabrina Bonarrigo
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Démarrées en mars 2015, les négociations pour aboutir — ou non — à un accord d’association entre Monaco et l’Union européenne (UE) se poursuivent. Tout comme les réunions d’informations… Le 24 octobre, Gilles Tonelli, conseiller-ministre pour les relations extérieures, a rencontré le comité monégasque des professions réglementées (CMPR) à l’auditorium Rainier III. Objectif : « Faire un point d’étape sur l’avancée des négociations. » Ce jour-là, une seconde réunion, cette fois-ci co-présidée par Gilles Tonelli et Didier Gamerdinger, conseiller-ministre pour les affaires sociales et la santé, a eu lieu pour la toute première fois avec les principaux syndicats et organismes salariés et patronaux de Monaco. « Un premier contact qui sera suivi de nombreux autres en 2018 », promet Gilles Tonelli. Dans une interview accordée à Monaco Info, ce dernier a une nouvelle fois rappelé les fondamentaux de cet accord. « Le prince souverain m’a donné un mandat très précis pour cette négociation. Ce mandat fixe les lignes rouges que l’on ne doit pas franchir. Premièrement, le fait que les Monégasques puissent continuer à vivre, à travailler et à se loger comme ils l’ont toujours fait jusqu’à présent. La deuxième ligne rouge est de pouvoir conserver un régime d’autorisation pour toutes les personnes qui veulent s’installer et travailler à Monaco », a-t-il indiqué, tout en insistant à nouveau sur le fait qu’il ne s’agit pas d’une intégration à l’UE, mais bel et bien d’un accord d’association : « Il n’est pas question d’accepter in extenso les quatre libertés du marché intérieur [libre circulation des biens, des capitaux, des services et des personnes — N.D.L.R.] mais de s’en approcher autant que possible ». Autre interrogation qui revient en boucle dans ce débat : le Brexit va-t-il retarder les négociations et donc l’aboutissement d’un accord pour Monaco ? « A priori non », répond Gilles Tonelli. « Cette situation est très différente de la nôtre, puisqu’il s’agit d’un Etat qui souhaite se séparer de l’UE. Alors que nous, nous souhaitons arriver à avoir un accord éventuel. De plus, ce ne sont pas les mêmes personnes au sein de cette grande machine européenne qui s’occupent des deux projets. » Pour Monaco, trois groupes mènent les négociations : l’ambassade de Monaco à Bruxelles, un groupe de consultants, mais surtout la cellule Europe qui compte une équipe permanente de trois personnes et des référents. Dans cette interview, Gilles Tonelli a aussi précisé les liens qui unissent Monaco à Andorre et Saint-Marin, deux autres petits Etats qui mènent en parallèle des négociations : « Sur le plan institutionnel, les modalités de fonctionnement de l’accord seront les mêmes pour les trois pays. Mais pour le fonctionnement réel de l’accord, chacun aura ses propres spécificités. Il n’est pas question pour eux de parler de la mer et pour moi, de l’élevage… »

journalistSabrina Bonarrigo