Après l’accident, il oublie
sa femme sur le bitume

Anne-Sophie Fontanet
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Un verre de vin au Gerhard’s Café, puis une bouteille partagée pendant le repas au restaurant Graziella, au port de Fontvieille. La soirée s’achève plus tôt que prévu quand E.B., sous antibiotique, souhaite rejoindre le domicile conjugal à Beausoleil. « Pourquoi avoir pris le volant de votre scooter, alors que vous étiez malade, que vous preniez des médicaments et que vous ne vous sentiez pas bien ? », l’interroge le président de l’audience correctionnelle, Florestan Bellinzona. Deux-cents mètres plus loin, au début de l’avenue des Papalins, c’est la chute. « J’ai eu un trou noir. A la sortie du virage, j’ai ressenti comme un étourdissement momentané », raconte ce caissier de la Société des Bains de Mer (SBM), âgé de 53 ans. A l’audience, sa femme indique qu’il est resté évanoui une bonne minute avant de repartir… sans elle ! « J’ai tapé la tête au sol et me suis retrouvé désorienté. Il me semblait que j’étais seul. Je n’aurais jamais laissé mon épouse. » Après un passage par le centre hospitalier Princesse Grace (CHPG), sa conjointe, très légèrement blessée, rentre au domicile à 4h du matin. Soit 7 heures après l’accident sur la voie publique. Une seule explication pour le substitut du procureur : « Il a paniqué et a voulu prendre la fuite. » Alexia Brianti se veut ferme, en réclamant 15 jours de prison avec sursis, ainsi que 945 euros d’amende. Me Thomas Brezzo dépeint son client comme un motard expérimenté et de bonne foi : « Ce n’est pas un délinquant routier habituel ». Sa plaidoirie n’a pourtant pas convaincu les juges qui ont décidé de suivre les réquisitions du parquet.

journalistAnne-Sophie Fontanet