Jardins d’Apolline
Un expert judiciaire nommé

Anne-Sophie Fontanet
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Les dommages causés à la résidence domaniale des Jardins d’Apolline prennent une tournure judiciaire. Cet été, l’Etat monégasque a assigné l’ensemble des parties. Un expert rendra son rapport dans 6 mois.

Près de 10 % de la population monégasque touchée. Les sinistres que connaissent depuis plusieurs mois les quatre blocs des Jardins d’Apolline en plein cœur de Monaco sont, de l’aveu même du ministre d’Etat Serge Telle, « sans précédent ». « L’état des Jardins d’Apolline continue de se dégrader. On avait pensé que cela se stabiliserait, mais ça n’a pas été le cas », a indiqué le ministre lors d’un point avec la presse dans sa résidence le 4 septembre. Pas de répit donc pour les services de l’Etat qui s’activent en coulisse pour trouver des solutions durables. « L’Etat a les moyens et le temps. Mais il ira jusqu’au bout », prévient Robert Colle, secrétaire général du gouvernement. Car après le volet humain, toujours en cours de résolution, c’est maintenant le volet judiciaire qui s’ouvre. L’Etat a en effet assigné en référé toutes les parties — promoteurs, groupement d’entreprises, cabinet d’architecte et compagnie d’assurance en charge de la garantie décennale — le 24 juillet. Une première audience a déjà eu lieu le 2 août. « Il est important de s’assurer que les intérêts de l’Etat sont protégés », explique Serge Telle.

Préjudices

C’est dans ce sens qu’un expert judiciaire près des tribunaux français, installé en Seine-et-Marne, a été agréé par toutes les parties. Il a désormais 6 mois pour analyser causes et conséquences du désastre d’Apolline. Fin février, ses conclusions permettront d’y voir plus clair et d’estimer le préjudice « matériel et immatériel » subi, ainsi que toutes les responsabilités. Plusieurs dizaines de millions d’euros ont d’ores et déjà été bloqués sur un compte spécifique du trésor afin d’avancer toutes les sommes nécessaires, que ce soit en terme d’étude, de travaux ou encore de relogement. « L’Etat ne cherche pas à faire des économies. Mais cela n’impactera pas l’équilibre budgétaire de la Principauté », promet Telle. Le budget rectificatif, qui devra être voté à l’automne, présente un excédent de 6,4 millions d’euros. « L’outil budgétaire est conforme aux prévisions. Il s’élève à 1 milliard et 226 millions d’euros », ajoute Robert Colle.

Très Grand Ida

Même s’il faut préserver « les preuves », les travaux pourront commencer sans bloquer le travail de l’expert. « Il fallait donner une perspective aux résidents avant le rendu du rapport. On ne pouvait pas attendre les résultats de l’expertise judiciaire » souligne le ministre. C’est aussi pour cela que des fonctionnaires sont partis en Italie, afin de voir un système de bâtiments modulaires qui pourrait permettre le relogement de familles sur le terrain du futur Très Grand Ida. « On se doit d’utiliser tous les espaces libres, mais on en a pas beaucoup. Nous étudions toutes les possibilités, dont celle de ces bâtiments extrêmement efficaces, luxueux et confortables. » Pour l’heure, plusieurs familles ont bénéficié d’un relogement. Et la rentrée des classes devrait se passer sereinement pour tous. Depuis sa nomination, Albert Croési, “le Monsieur Apolline”, réunit son équipe tous les vendredis matin pour faire le point. Le dossier est donc encore très loin d’être refermé.

 

journalistAnne-Sophie Fontanet