L’anti-âge, une approche globale

Sophie Noachovitch
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Comme la chirurgie esthétique, la médecine anti-âge s’attaque principalement aux signes de l’âge. Mais en prenant en compte les conditions de vie des patients et leurs facteurs de vieillissement, cette discipline a aussi pour objectif un bien-être plus général.

Si incision il y a dans le cabinet de médecine anti-âge de Monaco, elle est minime. Ici, la lutte contre les rides et autres marques du temps passe par une prise en compte complète de la situation d’un patient. Le docteur Roland Marquet le martèle : « Dans ce cabinet, nous ne sommes pas uniquement des techniciens injectant du Botox ou de l’acide hyaluronique. On s’intéresse à la femme qui vient, dans son ensemble. » Environ 90 % de la patientèle de ce médecin est en effet féminine, victime depuis tout temps, selon le docteur Marquet, des sociétés, depuis les grecs anciens ou les Egyptiens, qui « subliment la femme ». Et puis aussi un peu à cause de l’air du temps, où le paraître pèse de plus en plus.

Bilan

« Quand je reçois une patiente, je cherche à savoir où elle en est dans sa vie. Parce qu’une demande n’est jamais gratuite. » Qu’il s’agisse d’un désir de reconquête amoureuse, d’une volonté d’être toujours séduisante pour être compétitive dans son travail, pour les métiers dans le secteur du commerce notamment, ou alors des femmes beaucoup plus âgées qui veulent s’offrir une seconde jeunesse au crépuscule de leur vie. Mais avant de s’armer d’une seringue d’acide hyaluronique ou de son bistouri pour insérer un fil tenseur et redessiner l’ovale du visage, le médecin procède à un véritable bilan (1) de la vie de sa patiente. Elle commence par remplir plusieurs questionnaires très complets sur ses habitudes alimentaires, sur son sommeil, sur son humeur, son état psychologique. Objectif : déceler d’éventuelles carences, de potentiels facteurs de vieillissement ou de mal-être physique ou psychique.

ADN

Le docteur Roland Marquet part à la recherche de tous les facteurs néfastes : alcool, tabac, soleil, mauvaise alimentation, perturbateurs hormonaux, exposition aux métaux, dysfonctionnement hormonal, etc. « L’idée est de voir si le vieillissement de la patiente s’inscrit dans un phénomène normal ou s’il est le résultat d’un dysfonctionnement dans le renouvellement cellulaire, précise ce médecin. Ainsi, on peut se rendre compte si la patiente est victime d’un vieillissement accéléré. » Un prélèvement ADN, par la salive, peut aussi être réalisé afin de repérer si un gêne déficient peut, lui aussi, être à l’origine d’un vieillissement accéléré.

Programme

Si l’on s’aperçoit que la personne mange extrêmement gras par exemple, cela aura un effet délétère sur sa peau notamment et accélérer son vieillissement. « On va lui réapprendre à manger sainement avec des fruits et légumes de saisons. Nous avons créé l’association monégasque de médecine anti-âge (AMMA) qui regroupe plusieurs praticiens de différentes spécialités, afin de travailler en collaboration, indique Roland Marquet. Nous pouvons ainsi orienter la patiente vers une diététicienne, ou un psychiatre, si besoin. » L’aspect psychologique ou le stress sont aussi des facteurs de vieillissement. Il s’agit donc de lutter contre tous ces éléments, afin de les éliminer et de retrouver un vieillissement « normal ». Une fois ce bilan réalisé, il est alors proposé à la patiente un programme médical ou paramédical. Ensuite, le médecin peut soumettre des solutions de médecine anti-âge adaptées à chaque patient.

(1) Ce bilan d’un montant de 110 euros est pris en charge par les Caisses sociales monégasques en totalité une fois par an.

+ d’informations : www.monacomedecineesthetique.com.

 

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journalistSophie Noachovitch