Jardins d’Apolline : gratuité et indemnités pour les résidents

Sabrina Bonarrigo
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Le conseiller-ministre des finances, Jean Castellini, a détaillé le 3 août les mesures financières pour accompagner les résidents d’Apolline, tout en donnant une première estimation des coûts pour l’Etat.

Le gouvernement le dit et le répète… Pour résoudre la crise sanitaire aux Jardins d’Apolline, il n’entend pas « regarder la dépense». Et ça se confirme… Lors d’un point presse le 3 août, le conseiller-ministre pour les finances, Jean Castellini, a détaillé toutes les mesures financières prévues pour accompagner les résidents sinistrés.

Gratuité en juin, juillet et août 

Comme l’eau n’était pas potable – le problème est désormais résolu – le gouvernement a tout d’abord décidé d’accorder la gratuité des loyers et des charges à tous les résidents, pour les mois de juin, juillet et août. Deuxième mesure : à partir du 1er septembre, les résidents ne devront payer que 50 % de leur loyer d’origine et 50 % de leurs charges locatives. Pour les personnes qui en bénéficient , l’aide nationale au logement (ANL) sera donc elle aussi logiquement baissée de 50%. Quant aux détenteurs d’un contrat habitation capitalisation (CHC) , ils ne paieront que «50 % des charges, et bénéficieront de 50% de dédommagement sur le montant du loyer qu’ils auraient payé s’ils avaient été locataires.» Mais ce n’est pas tout…  Lorsque les résidents quitteront leur logement à Apolline et intégreront leur appartement temporaire – que ce soit dans le privé, dans le secteur ancien, dans un logement domanial ou un appartement proposé par la caisse autonome des retraites (CAR) – là encore, ils n’auront rien à débourser. L’Etat prendra entièrement en charge leur loyer pendant tous les mois où ils ne seront pas chez eux…

Une indemnité de 1500 à 3500 euros

Si pour des raisons personnelles, professionnelles ou familiales, certains résidents préfèrent vivre dans leur résidence secondaire, dans leur famille, ou louer un appartement dans les communes limitrophes, là encore, le gouvernement a décidé de les aider financièrement. Une «indemnité mensuelle forfaitaire» leur sera en effet allouée. Elle a été calculée en fonction du logement qu’ils occupent aux Jardins d’Apolline. L’indemnité s’élève ainsi à 1 500 euros pour un 2 pièces, 2 500 euros pour un 3 pièces et 3 500 euros pour un 4 pièces.  « Nous avons choisi ces prix en regardant les tarifs qui se pratiquent dans les communes limitrophes», indique Jean Castellini. Ainsi, même si les résidents iront vivre dans leur résidence secondaire ou dans leur famille, les foyers bénéficieront de ce montant… « On considère qu’ils sont déloger de chez eux contre leur gré. Ils n’auront donc pas la jouissance de leur appartement et auront des frais de déplacement. Cela mérite indemnisation», estime le conseiller-ministre des finances. A noter enfin que pour les résidents qui loueront un appartement dans une commune limitrophe, l’Etat prendra aussi en charge le dépôt de garantie.

Une crise à «plusieurs dizaines de millions d’euros» 

Entre les frais de déménagement et de relogement, les travaux dans les quatre blocs, ainsi que le manque à gagner lié à la gratuité des loyers accordée aux résidents, cette crise à Apolline va forcément coûter très cher à l’Etat :  «On sait que ce coût sera de plusieurs dizaines de millions d’euros, a indiqué le conseiller-ministre des finances Jean Castellini. Mais on ne regarde pas la dépense. Un compte spécial du trésor a été affecté à cette fin.»

L’Etat ne veut pas piocher des appartements à l’Engelin et à  U Pavayùn

Pour reloger les 237 foyers d’Apolline, faudra-t-il obligatoirement piocher dans les nouvelles opérations domaniales, à savoir à L’Engelin au Jardin Exotique – 134 appartements livrés fin 2017 – , et à U Pavayùn  – opération anciennement nommée Villa del Sol, située dans le quartier de Saint-Roman avec 33 appartements,  livrés  à la  fin du premier trimestre 2018 ? « Non, assure Jean Castellini. Nous allons préserver le plus possible, voire en intégralité, ces logements neufs.» Le gouvernement monégasque mise uniquement sur les autres options de relogement : à savoir, les appartements du privé, du secteur ancien, des domaines (hors programmes neufs) ou encore ceux proposés par la caisse autonome des retraites (CAR).  « Les instructions ont été données en ce sens à la direction de l’habitat et à l’administration des domaines».

journalistSabrina Bonarrigo