L’émirat sans pétrole,
a fait du tourisme son or noir

Sophie Noachovitch
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Conscient de son manque de pétrole, l’émirat œuvre depuis 20 ans au développement du tourisme et est parvenu ainsi à devenir l’une des cités les plus dynamiques du monde.

Par Sophie Noachovitch (à Dubaï)

Il s’agit d’un ovni au cœur des Emirats Arabes Unis (EAU). Mais aussi d’une bizarrerie au cœur du désert. Dubaï est en effet le seul émirat à ne pas pouvoir miser sur le pétrole qui ne constitue que 1 % de son produit intérieur brut (PIB). L’or noir produit des bénéfices néanmoins non négligeables puisqu’ils sont redistribués aux Dubaiotes qui ne constituent que 17 % de la population s’élevant à près de 3 millions d’habitants au total. Mais pour assurer son avenir, cet émirat a dû trouver d’autres solutions, et se forger d’autres options.

Volonté

Tout est né de la volonté d’un homme. Le sheikh Mohammed Al Maktoum, figure à la destinée relatée souvent de manière hagiographique, succède à son frère à la tête de l’émirat en 2006, et occupe de nombreuses fonctions. Il est notamment à l’initiative de la création d’Emirates Airline en 1985, dont l’émirat est toujours aujourd’hui l’actionnaire principal par le biais de sa branche Investment corporation of Dubaï. Conscient de la nécessité de créer des symboles afin d’intégrer Dubaï dans l’esprit des gens, il lance le chantier de la construction de la tour Burj Al Arab, dont il confie le dessin rappelant une voile de bateau à l’architecte britannique Tom Wright. Comme des champignons, les immeubles sortent du sable dubaiote. Là où il y a 20 ans, on ne trouvait que le désert, s’élèvent aujourd’hui les gratte-ciels les plus hauts du monde.

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La tour Burj Khalifa est aujourd’hui connue dans le monde entier et le public traverse la planète pour l’admirer, atteignant ainsi l’objectif poursuivi par le sheikh. Faute d’or noir, l’émirat devait parier sur un autre pourvoyeur de dollars et le tourisme a pris cette place en atteignant 20 % du PIB. « Le tourisme est vraiment important nous », indique-t-on au ministère spécialisé dans le domaine dans l’émirat. Les produits d’appel de Dubaï sont ses gratte-ciels. » La curiosité est ainsi le premier facteur d’attraction et la moyenne des séjours des touristes va dans ce sens. La plupart des visiteurs — ils étaient 14,5 millions l’an dernier et augmentent de 10 % par an — ne restent en moyenne que 4 jours. Mais afin d’assurer son avenir, l’émirat dans son ensemble travaille à développer les activités pour pousser les touristes à prolonger leur séjour.

Tout public

Sept piliers ont été définis et amplifiés à leur paroxysme : shopping, plage, famille, culture, gastronomie, aventure, divertissement. « Lorsque vous allez à Rome, par exemple, vous n’avez que la culture et la gastronomie. Ici, à Dubaï, vous pouvez tout faire », se targue-t-on au niveau du ministère du tourisme. L’an dernier, le bâtiment du grand opéra dubaiote a été inauguré, des parcs d’attraction ne cessent d’être créés, allant dans le sens de la nouvelle volonté de l’émirat. « Il n’y a pas besoin d’être riche pour venir à Dubaï, insiste le représentant du tourisme. Nous essayons de rendre la ville attractive pour tout le monde. » Les hôtels trois étoiles côtoient désormais les palaces cinq étoiles.

Finances

L’autre secteur en pleine croisse est celui des finances. L’émirat qui affiche une croissance annuelle de 6,1 %, dispose d’un secteur financier actif, puisqu’il s’élève à environ 15 % de son PIB. Son centre international des finances s’étend sur 110 hectares et accueille des banques du monde entier. Dans ce pays où 50 % de la population est émigrée, l’ensemble des activités est tournée vers son agrandissement. Mais aussi vers sa croissance économique qui est particulièrement étonnante dans une région au contexte géopolitique si compliqué. Mais à Dubaï, le slogan souvent répété par ses habitants est « everything is possible », tout est possible.

 

 

Des travaux à l’aéroport

Afin de permettre à l’A380 d’atterrir, l’aéroport de Nice a dû procéder à des travaux. La piste a dû être élargie afin d’augmenter l’angle de virage nécessaire au mastodonte. Il y a quelques années, l’aéroport avait déjà investi dans une passerelle double étage afin de permettre l’embarquement sur les deux niveaux de l’avion. Des travaux substantiels pour lesquels l’aéroport ne souhaite pas communiquer le montant.

Français : 14ème visiteurs de Dubaï

La présence des visiteurs français à Dubaï ne cesse de croître. S’ils constituent en 2016 la 14ème nationalité à se rendre dans l’émirat, leur nombre est passé de 262 000 en 2014, avec une petite baisse en 2015 à 248 000 puis 266 000 en 2016. La tendance en 2017 semble se poursuivre. En avril 2016, ils étaient 76 000 et ils ont été 88 000 en 2017. Les premiers visiteurs de Dubaï viennent d’Inde (1,8 million), d’Arabie Saoudite (1,638 million), de Grande-Bretagne (1,245 million). En 5ème position, on trouve les Etats-Unis (607 000), en 6ème et 7ème le Pakistan et la Chine (607 000 et 540 000).

La concurrence de Qatar Airways

Trois jours après Emirates, c’est la compagnie Qatar Airways qui créait l’événement à Nice mardi 4 juillet. Elle y posait en effet, après 4 ans d’absence, son Dreamliner, le Boeing 787, sur la piste de l’aéroport Nice-Côte-d’Azur. Cette entreprise élue meilleure compagnie du monde 2017 par Skytrax, mise aussi sur le confort. Elle dispose dorénavant de 5 vols directs entre Nice et Doha, un hub international là aussi qui dessert 150 destinations principalement en Afrique de l’est, en Asie du sud et en Océanie.

 

journalistSophie Noachovitch